La réaction de Bernard Laporte à la demande de congé paternité de Wilfrid Hounkpatin
La réaction de Bernard Laporte à la demande de congé paternité de Wilfrid Hounkpatin
Le vendredi 9 octobre 2026 à 13:08 par David Demri
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Wilfrid Hounkpatin a pris une décision encore inhabituelle dans le rugby professionnel. Alors que son quatrième enfant est attendu le 13 novembre, le pilier droit du Montpellier Hérault Rugby a décidé de faire valoir son droit au congé paternité. Un choix familial pleinement assumé par le joueur de 35 ans, malgré une conséquence financière importante et plusieurs matches qu’il devrait manquer avec le MHR.
Cette fois, Wilfrid Hounkpatin veut vivre pleinement la naissance de son enfant.
Déjà père de deux garçons et d’une fille, il accueillera prochainement une deuxième petite fille. L’éloignement de leurs proches et les inquiétudes de sa compagne l’ont poussé à prendre une décision différente de celles prises lors des précédentes naissances.
« Je m’occuperai des enfants »
Le pilier Montpelliérain s’est longuement confié pour RMC Sport. Il veut permettre à sa compagne de récupérer après son accouchement sans avoir à gérer seule leurs quatre enfants.
« J’ai déjà trois enfants, deux garçons et une petite fille. On attend une deuxième petite fille, donc on sera à deux garçons et deux filles. Cette fois-ci, j’ai décidé de prendre mon congé paternité. C’est une idée qui me trottait dans la tête et, avec ma femme, on en parlait souvent. Elle ne savait pas trop comment ça allait se passer pour un quatrième enfant.
On n’a pas de famille proche dans le Sud. Elle craignait un peu l’accouchement et surtout de savoir si elle allait pouvoir gérer les enfants toute seule. Je voyais que ça allait être compliqué, donc j’ai pris la décision de prendre mon congé paternité pour pouvoir la soulager sur cette partie-là. Je m’occuperai des enfants et elle pourra prendre le temps de récupérer. J’ai à cœur de pouvoir lui permettre de récupérer et de l’accompagner sur cette partie-là. »
La démarche n’était cependant pas habituelle dans son environnement professionnel. Hounkpatin s’est donc rapproché de Provale pour connaître précisément la procédure.
Même le syndicat des joueurs a dû se renseigner sur les démarches à effectuer.
« Au début, tout le monde était un peu perdu parce que ça n’arrive pas souvent dans le rugby. On avait eu une réunion avec Provale il y a quelques mois et, à la fin de cette réunion, je suis allé voir Pierrick Gunther pour lui poser la question. Il ne savait pas trop quoi me répondre. Il m’a dit : « Ne t’inquiète pas, je vais appeler le service juridique et on va voir ça ensemble, pas de souci. » On a échangé nos contacts et, quelques jours plus tard, il m’a recontacté par mail avec le service juridique et toute la procédure à suivre. J’ai suivi les démarches une par une, j’ai prévenu mon employeur, j’ai indiqué les dates auxquelles je ne serais pas là. J’en ai ensuite parlé à Bernard pour qu’il puisse anticiper mes absences et s’organiser en fonction des matchs. »
Bernard Laporte surpris, le vestiaire pense d’abord à une blague
L’annonce a également surpris Bernard Laporte.
Le directeur du rugby du MHR ne s’attendait visiblement pas à cette demande, avant de se montrer compréhensif.
« C’était une surprise. Bernard est venu me voir dans le vestiaire et m’a dit que Joris lui avait parlé d’un congé paternité, mais qu’il n’avait pas trop compris. Je suis donc allé le voir et je lui ai expliqué que je ne serais pas là à telle période, puisque l’accouchement était prévu à ce moment-là. Après, ça allait : il a été assez compréhensif. Il a noté les dates et m’a dit qu’on verrait comment on ferait au moment venu. »
Même réaction initiale chez certains de ses partenaires.
« Au début, on pensait que c’était une blague. Ça faisait un peu rire. Mais quand ils ont vu que j’étais sérieux, deux ou trois joueurs m’ont demandé si j’avais vraiment posé mon congé paternité. Je leur ai répondu que oui, bien sûr. C’est vrai que ça surprend parce que ça n’arrive pas souvent dans le rugby. Mais c’est un choix qui a été réfléchi et que j’assume. Je n’ai pas eu peur de le prendre. »
« Je vais perdre peut-être la moitié de mon salaire »
Cette décision aura pourtant un coût.
Hounkpatin explique que son indemnisation ne sera pas équivalente à sa rémunération habituelle. Son congé étant réparti entre novembre et décembre, il s’attend à une diminution importante de ses revenus durant ces deux mois.
Le pilier droit assume cette conséquence financière, tout en reconnaissant que tous les joueurs ne seraient pas nécessairement en mesure de faire le même choix.
« Non, parce que je sais que j’ai quand même une sécurité avec mon contrat. Il me reste encore une saison. Et à mon poste, on n’est pas nombreux : je suis pilier droit et JIFF. Je ne me suis pas senti en danger. C’est vrai que, dans certaines situations, je peux comprendre qu’un joueur qui arrive en fin de contrat réfléchisse davantage. Je pense que ça peut ne pas être facile. Je comprends tout à fait qu’un joueur choisisse le rugby plutôt que de prendre son congé, parce que c’est ce qui nous fait vivre.
Moi, ma femme ne travaille pas. Je suis seul à assumer toutes les charges du foyer. Financièrement, ce n’est pas le club qui prend en charge le congé : c’est la CAF, avec des plafonds d’indemnisation. Je pense que je vais perdre peut-être la moitié de mon salaire, peut-être même un peu plus. Comme l’accouchement est prévu en novembre, j’ai étalé mon congé paternité sur novembre et décembre. Sur ces deux mois, j’aurai une baisse de salaire conséquente. C’est une décision réfléchie. Je pense que je peux me le permettre. Mais je comprends qu’un autre joueur puisse craindre de poser son congé paternité. »
« La famille, pour moi, est devenue ma priorité »
L’expérience de ses trois premières paternités a également pesé dans sa réflexion.
Hounkpatin ne cache pas certains regrets. Lors de précédentes naissances, les exigences de sa carrière l’avaient conduit à retrouver très rapidement les terrains.
Aujourd’hui, sa hiérarchie personnelle a évolué.
« Non, ça me passe au-dessus de la tête. Je pense que ça fera peut-être parler sur le moment. Après, les gens oublieront. Ce sera anecdotique. J’ai juste envie de profiter de ce congé pour être présent pour ma famille, pour ma femme. Je trouve que c’est important aussi. La famille, pour moi, est devenue ma priorité. Pendant longtemps, je l’avais un peu mise de côté. Je l’avais un peu oubliée. Au final, ce qui nous reste, c’est la famille et les amis. Il faut en prendre soin et savoir profiter de ces moments-là aussi. »
Il reconnaît ainsi regretter de ne pas avoir davantage profité de certaines des précédentes naissances.
« Oui, un peu. Pour certaines naissances, j’étais sur les terrains quelques heures plus tard. C’est vrai que c’est compliqué. Plus tard, tu te dis que ce sont des moments que tu n’as pas pu vivre à 100 %. Cette fois, j’avais envie de profiter, de vraiment pouvoir m’occuper de ma famille. »
« Des matchs, il y en a tout le temps »
L’émotion est également apparue au moment d’expliquer ce changement de priorités.
À 35 ans, Hounkpatin estime désormais que certaines choses dépassent sa carrière sportive.
« Oui, des matchs il y en a tout le temps, le rugby continue. Souvent, on se dit que le rugby est le plus important mais on oublie l’essentiel. Ce sont des choix que je regrette un peu aujourd’hui. Après, il n’y a pas qu’un seul choix que je regrette dans ma vie. Mais au moins, je n’aurai pas de regrets de ce côté-là. »
Son absence devrait avoir des conséquences sportives pour Montpellier. Hounkpatin devrait manquer le déplacement à Bordeaux du 28 novembre, la réception des Bulls en Coupe d’Europe le 12 décembre et le déplacement à Clermont le 19 décembre. Il devrait en revanche être disponible pour recevoir La Rochelle le 5 décembre.
D’ici son congé, le pilier veut désormais tout donner pour le MHR avant de basculer totalement vers sa famille.
« Là, je me dis qu’il faut que je me donne à fond pour l’équipe, que je sois présent et que j’apporte un maximum tant que je suis là. Je sais que, derrière, j’aurai un temps d’arrêt. À ce moment-là, je serai à 100 % avec ma famille. Tout est clair dans ma tête et tout est en ordre. Je n’ai plus trop de questions à me poser, juste à profiter de chaque partie de ma vie. »


On sait deja que c’est un gauchos
Oulala, 1 de plus dans la confrérie des bulots
Tu prends des cours chez Dranix?
quel rapport ?
La famille avant tout. Quand le rugby s’arrête il ne reste que ça.
On parle du même homme qui a été condamné à 12 mois avec sursis pour violence conjugale (pour prendre 12 mois c’est qu’on ne doit pas parler de quelques mots trop fort mais bien de véritables violences). Il est effectivement temps qu’il prenne soin de sa femme. Il ne faudrait pas que ce congé parental le fasse passé pour le bon mari!!!!
Le problème est entre lui, sa femme et la justice, pas avec toi…