La superbe histoire de la troisième ligne du XV de France qui va affronter l’Australie

La superbe histoire de la troisième ligne du XV de France qui va affronter l’Australie

Le vendredi 10 juillet 2026 à 13:21 par David Demri

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Trois ans après avoir conduit les Bleuets au titre de champions du monde U20, Lenni Nouchi, Marko Gazzotti et Oscar Jegou vont de nouveau former la troisième ligne du XV de France. Samedi, face à l’Australie, les trois jeunes internationaux écriront un nouveau chapitre d’une histoire débutée bien avant leur sacre de 2023.

À l’annonce de la composition d’équipe, les trois hommes n’ont pas caché leur bonheur de se retrouver sous le même maillot.

« On a un peu vu, à la couleur des chasubles à l’entraînement, qu’il y avait une possibilité… On l’a appris à l’annonce de la compo d’équipe. C’est toujours plaisant de rejouer avec des copains des moins de 20 ans. On est un paquet dans le groupe à avoir été champions du monde. », raconte Lenni Nouchi dans L’équipe.

Pour Marko Gazzotti, cette titularisation commune ravive forcément des souvenirs particuliers.

« Ce sont des souvenirs gravés à vie et nous retrouver ici, trois ans après… On s’est pas mal affrontés depuis mais on a hâte de revivre ça. »

Oscar Jegou estime d’ailleurs que ce titre mondial a changé la trajectoire de toute une génération.

« Cette Coupe du monde nous a servi dans nos chemins respectifs… Les joueurs de cette équipe ont vu un changement clé dans leur carrière. Il fallait confirmer derrière, on l’a presque tous fait, on est presque tous passés en pro. Gagner ce titre nous a valorisés. Ça fait trois ans… »

Lenni Nouchi conclut dans un sourire :

« …et ça se passe plutôt bien. »

Une histoire qui remonte bien avant les Bleuets

Leur complicité ne date pas du Mondial U20. Lenni Nouchi se souvient parfaitement de la première fois où il a affronté Oscar Jegou… et d’une action qu’il n’a jamais oubliée.

Le futur troisième ligne montpelliérain raconte une anecdote qui l’avait marqué à l’époque des catégories de jeunes.

« Avec Oscar, on avait déjà fait des Top 100 et on s’est pas mal affrontés en phase finale Gaudermen et Alamercery. C’est là que j’ai découvert que c’était un fou ! »

Il se rappelle encore de cette action complètement improbable.

« Je l’ai affronté sur un quart de finale. Fin du match, on mène 17-10, il perce et il tente une talonnette alors que c’est quasiment la dernière action. Je me dis que le mec est un grand malade ! Je m’en rappellerai toute ma vie. »

Oscar Jegou reconnaît lui-même que son inspiration était pour le moins inattendue.

« Je ne sais pas pourquoi je tente ce geste, ça me vient comme ça. Je récupère le ballon en plus, la trajectoire est dégueulasse mais j’y arrive. Derrière, ça fait maul à cinq mètres de la ligne, ballon enterré et c’est fini. »

Une concurrence qui ne laisse aucun répit

Trois ans plus tard, les trois hommes se sont imposés en Top 14, mais aucun ne considère sa place acquise chez les Bleus.

Marko Gazzotti explique que le plus grand changement a été le passage au très haut niveau.

« Le plus gros gap, c’est la vitesse dans le jeu, mais aussi un gap physique quand on arrive en Top 14. On a dû se densifier, mais on a gardé l’activité qu’on avait en U20, en montant petit à petit les curseurs pour être plus solides. »

Oscar Jegou reconnaît également avoir dû changer physiquement.

« Oui, surtout moi (rires). J’étais très très léger. Maintenant, je le suis un peu moins. J’ai dû prendre cinq kilos. »

Mais c’est surtout la concurrence en équipe de France qui les pousse à ne jamais relâcher leurs efforts.

« Les places sont très chères en troisième ligne. La preuve : on n’est alignés tous les trois ensemble pour la première fois que maintenant. Ça nous pousse à donner le meilleur de nous-mêmes. La concurrence, c’est une bonne pression. À ce niveau international, tu sais que si tu fais un petit pas de travers, tu peux sortir le week-end d’après. Le staff est très clair avec nous là-dessus. Si on ne respecte pas les consignes, c’est ciao ! »

Une complicité intacte

Malgré leurs parcours différents, les trois joueurs estiment avoir conservé la complémentarité qui faisait déjà leur force chez les Bleuets.

Lenni Nouchi résume parfaitement ce qui les unit sur le terrain.

« Oscar est plus aérien et dans le combat, Marko porte beaucoup plus le ballon. On se complète vraiment bien et c’est cool, car on arrive à se trouver plus facilement et on a des repères, même si on n’a plus joué ensemble depuis longtemps. »

L’entretien s’est terminé dans une ambiance beaucoup plus légère, preuve que leur complicité est toujours intacte.

En comparant leur vitesse, Gazzotti annonce une pointe à 34 km/h, provoquant immédiatement les moqueries de ses deux partenaires.

« À Bordeaux, je ne sais pas comment ils font. », lance Nouchi.

« Ils ont des faux GPS. », répond Jegou.

« Des GPS boostés ! », conclut Gazzotti dans un éclat de rire.

Trois ans après leur sacre mondial avec les Bleuets, les trois amis auront désormais l’occasion de démontrer que leur association peut également devenir une référence chez les grands.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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