L’ambiance s’annonce époustouflante à La Rochelle : « C’est cool, comme ce que fait Toulon… C’est stylé… Tout le monde gueule ! »
L’ambiance s’annonce époustouflante à La Rochelle : « C’est cool, comme ce que fait Toulon… C’est stylé… Tout le monde gueule ! »
Le samedi 3 janvier 2026 à 13:13 par David Demri
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Dimanche soir, face au Rugby Club Toulonnais (21 h 05), les Maritimes célébreront dix années ininterrompues de guichets fermés à Stade Marcel-Deflandre. Un symbole fort, incarné par un rituel devenu central : cette haie d’honneur sous la tribune Jackson, passage étroit où se joue bien plus qu’une simple entrée au stade.
Après la lourde défaite subie à Toulouse, le retour au port d’attache prend des allures de réparation collective. Depuis quelques saisons, les Rochelais arrivent à pied, frôlent leurs supporters, absorbent le bruit et les regards.
Un moment que connaît parfaitement Uini Atonio, témoin de la montée en puissance du club autant que de l’agrandissement de son enceinte.
Il s’est confié via Sud-Ouest. Extrait:
« J’adore, mais j’ai du mal à l’expliquer. C’est différent. Avant, quand on arrivait, il y avait quand même des supporters, mais c’est surtout après le Covid qu’on a pris l’habitude d’arriver à pied au stade. C’est extraordinaire, il y a juste assez de place pour passer à deux et tout le monde gueule. C’est cool, comme ce que fait Toulon… C’est stylé, tu es en contact avec les supporters et tu rentres dans le vestiaire en étant déjà prêt mentalement. »
Ce choc émotionnel agit comme un déclencheur immédiat. Oscar Jegou y voit un rappel constant des exigences du club.
« C’est magnifique. C’est un gain d’énergie énorme avant le coup d’envoi. Ça nous montre la chance qu’on a d’avoir un public comme ça, de jouer dans un club comme ça et évidemment, ça oblige à ne négliger aucun effort sur le terrain. Je profite toujours de ce moment pour me donner de l’énergie. »
La préparation commence donc bien avant l’échauffement. Louis Penverne décrit une expérience qui dépasse le simple soutien. « Je trouve ça énorme, hyper motivant et encourageant. Les supporters sont avec nous et ça rentre dans notre préparation de match. Que ça soit ici ou à l’extérieur, il y a toujours des Rochelais, ça m’impressionne à chaque fois. Il n’y a rien de mieux. C’est vraiment quelque chose qu’il faut vivre, j’ai l’impression de ressentir l’énergie, l’envie des gens qui chantent et qui crient pour nous encourager. »
Certains joueurs, privés de terrain, choisissent même de vivre ce moment depuis l’autre côté. Avant la réception de Montauban, Antoine Hastoy, Jules Favre et Judicaël Cancoriet s’étaient mêlés à la foule. Jegou s’en souvient. « Je les ai vus au dernier moment, ça fait du bien de voir ses coéquipiers. En costume, ça donne envie d’y être, on encourage les copains tellement on a envie d’être sur le terrain, on se rend plus compte de l’importance que ça a, de l’envie des supporters. C’est intéressant de le faire des deux côtés. »
Sur le chemin menant aux vestiaires, chacun gère cette vague à sa manière. Penverne choisit l’hermétisme. « Je fais semblant de ne rien entendre, parce qu’il faut qu’on reste concentrés sur le match, je pense à mes objectifs mais c’est un boost d’énergie. Je prends les encouragements pour moi et ça me conditionne directement. »
Même approche en façade pour Charles Kante Samba, mais l’intérieur tremble. « À chaque fois, j’essaie de me concentrer mais je prends une vague de stress positif. Ça m’apporte de la force, ça me donne envie de donner encore plus sur le terrain. J’ai un peu les yeux grands ouverts, je transpire d’un coup. Contre le Racing, c’est venu d’un coup, c’était la deuxième fois. En plus il faisait nuit, il y avait beaucoup de monde, je me disais ‘wow, quand même…’ »
À 20 ans, le jeune deuxième ligne tente de canaliser ce flot. « C’est lié au fait de ressentir l’émotion des gens qui sont là pour nous voir jouer, gagner et leur apporter du bonheur, on les voit heureux de nous voir. J’essaie de ne pas trop montrer mes émotions, mais je regarde un peu autour, quand il y a ma famille, je lâche un sourire. »
Jegou, lui, se nourrit de chaque détail. « Je reste concentré et j’absorbe tout ce qui vient de la haie d’honneur. C’est génial comme arrivée. Je reconnais certains copains, des parents d’amis, une ancienne coach, qui m’a entraîné en U6 et qui est tout le temps au même endroit… »
Et puis, il y a ceux qui assument pleinement cette communion. Jack Nowell ne cache rien. « C’est l’un des meilleurs moments de la semaine. Il n’y a pas beaucoup de sensations comparables. Le bruit, les tambours, les chants… ça nous booste vraiment. On adore faire ça chaque semaine. »
L’ailier anglais revendique ce choix. « C’est très individuel : certains gars ont besoin de leur musique pour se concentrer et éviter les distractions extérieures. Moi, je sais ce que j’ai à faire sur le terrain, alors j’aime regarder les fans, établir un contact visuel. Voir le sourire sur le visage des enfants et voir à quel point les joueurs comptent pour les fans, c’est quelque chose que j’apprécie énormément. Ça m’aide une fois sur le terrain. »
À Deflandre, la série de guichets fermés ne se lit donc pas seulement dans les chiffres. Elle se ressent, se traverse, s’encaisse physiquement. Et quand les Rochelais entrent sur la pelouse, une partie du travail est déjà faite.
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2 Commentaires

Plagia !
Peut-être… mais eux sont à guichets fermés depuis 10 ans, malgré les hauts et les bas… on est loin de pouvoir en dire autant chez nous…