« L’arbitre a cherché quelque chose à siffler » : Jean-Baptiste Aldigé pète un câble après la défaite de Nice
« L’arbitre a cherché quelque chose à siffler » : Jean-Baptiste Aldigé pète un câble après la défaite de Nice
Le dimanche 20 septembre 2026 à 16:24 par David Demri
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Jean-Baptiste Aldigé n’a pas digéré le scénario de la défaite de Nice face à Grenoble. Battu 37-33 sur la dernière action, le promu avait pourtant compté jusqu’à 17 points d’avance. Le président niçois estime que son équipe ne bénéficie pas encore du même traitement que certains clubs historiques de Pro D2 et cible notamment les décisions prises dans les dernières secondes. Des accusations qui relèvent de son analyse de la rencontre.
Sa frustration se concentre particulièrement sur la séquence de la 79e minute. Nice disposait alors d’une pénaltouche dans le camp grenoblois avant de finalement concéder les sanctions qui ont permis au FCG de renverser la rencontre.
« Il faut qu’on soit 50 % plus fort »
Pour Aldigé, le problème dépasse toutefois les seules décisions prises en fin de match.
Le président niçois considère que l’histoire et le poids d’un club peuvent inconsciemment influencer la manière dont il est perçu. Il affirme notamment que Nice, en tant que promu, ne possède pas encore le même statut que Grenoble.
Jean-Baptiste Aldigé développe dans Midi Olympique sa perception de cette différence de traitement :
« Beaucoup de frustration. On s’aperçoit que le rugby, c’est un long processus… Quand vous êtes Grenoble, un club historique, vous pesez plus que quand vous êtes Nice, un promu. C’est-à-dire que pour gagner des matchs, il faut qu’on soit 50 % plus fort que l’adversaire, car si on est seulement à 30 %, ça ne passe pas car nous sommes arbitrés comme des petits. Je sais que Grenoble, la semaine dernière, a perdu et a beaucoup râlé sur une décision arbitrale. Je sais aussi que le téléphone a beaucoup sonné cette semaine entre l’Isère et le patron de l’arbitrage. C’est ça aussi la force des grands clubs historiques. On verra si pour nous ce sera pareil la semaine prochaine à Dax, mais je ne me fais pas trop d’illusions… »
Aldigé cible la dernière action
Le dirigeant prend néanmoins soin de préciser qu’il ne prête aucune intention à l’arbitre. Son reproche porte sur les décisions prises et sur ce qu’il considère comme le poids acquis au fil des années par certains maillots.
Aldigé explique ce qu’il reproche précisément à l’arbitrage de cette fin de rencontre :
« Ce qu’a fait l’arbitre n’est pas intentionnel. Ce sont des années de présence au haut niveau qui font que votre maillot a un impact visuel et rugbystique différent quand vous êtes Grenoble, Agen ou Biarritz. Je l’ai vécu… Alors, quand un arbitre n’a pas trop d’expérience, il préfère se rassurer. Tout le monde a vu ce qu’il s’est passé sur la dernière action de la 79e : on va jouer une pénaltouche dans leurs 10 mètres et alors que nous sommes en position de marque, on se retrouve à perdre le match après un bras cassé et deux pénalités alors que les joueurs n’ont pas fauté sur cette touche. L’arbitre a cherché quelque chose à siffler et il l’a trouvé. »
Nice avait également choisi de ne pas tenter une pénalité qui aurait pu lui permettre de prendre six longueurs d’avance. Un choix que le président assume totalement.
Il estime que la décision prise sur le terrain était la bonne :
« C’était le bon choix. Si on avait réussi la pénalité, ils seraient revenus chez nous sur le renvoi. Et nous aurions encore été à la merci de l’arbitrage. »
Aldigé reconnaît aussi les erreurs de Nice
Le président niçois ne fait cependant pas de l’arbitrage l’unique explication du résultat.
Son équipe avait construit une avance importante avant de laisser Grenoble revenir. Il relève notamment deux sorties de camp manquées après avoir marqué.
Aldigé reconnaît la responsabilité de ses propres joueurs tout en maintenant ses critiques :
« Nous avons quand même un écart de 14 puis de 17 points en notre faveur. Mais effectivement l’équipe a également commis des erreurs. Comme les deux fois où après avoir marqué nous n’arrivons pas à sortir de notre camp sur les renvois. Cela les laisse dans le match et met monsieur l’arbitre en position de les manager et de leur donner une balle de gagne. »
« J’ai bien choisi mes mots »
Habitué aux prises de parole fortes, Jean-Baptiste Aldigé sait que ses déclarations vont susciter des réactions. Il estime toutefois avoir formulé ses critiques sans franchir la limite de l’insulte ou de la diffamation.
Le président de Nice assume pleinement sa sortie :
« J’ai dix ans d’expérience et quelques commissions de discipline au compteur. J’ai bien choisi mes mots et aucun d’eux ne me vaudra une quelconque sanction. J’ai juste dit que l’arbitre s’est trompé comme cela peut arriver à tout le monde. On a le droit de dire ça sans tomber dans l’insulte ou la diffamation, et d’analyser de manière factuelle la 79e minute. Après, je sais que je vais prendre cher sur les réseaux sociaux. Ça va être un déferlement de haine exceptionnel… »
Malgré une seule victoire après quatre rencontres, Aldigé estime enfin que le contenu proposé par son équipe est loin de celui d’un promu dépassé.
Il fixe désormais un objectif clair pour son club :
« Oui. Même si comptablement nous ne sommes qu’à une victoire sur quatre matchs, dans le contenu que nous livrons je ne pense pas que nous soyons une petite équipe. On continue à apprendre et j’espère qu’un jour Nice pourra prétendre à être respecté. »

