Laurent Travers prend la défense des joueurs ciblés par la colère des supporters

Laurent Travers prend la défense des joueurs ciblés par la colère des supporters

Le mardi 22 septembre 2026 à 20:25 par David Demri

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Voir un joueur s’engager avec son futur club alors qu’il lui reste encore de longs mois à disputer sous ses couleurs actuelles peut interpeller. Laurent Travers, lui, ne veut pas accabler les principaux concernés. Pour le directeur du rugby de l’Aviron Bayonnais, joueurs comme entraîneurs cherchent avant tout à sécuriser leur avenir dans un environnement professionnel où une blessure peut rapidement bouleverser une carrière.

Le marché des transferts se joue désormais très en amont. Des discussions peuvent intervenir alors que la saison vient à peine de commencer, avec pour conséquence des joueurs dont la prochaine destination est déjà connue bien avant leur départ effectif.

« Un joueur qui arrive en fin de contrat regarde son avenir »

Laurent Travers considère cette situation comme une conséquence directe du fonctionnement actuel du rugby professionnel.

À ses yeux, difficile de demander à un joueur d’attendre lorsqu’il dispose de la possibilité de sécuriser la suite de sa carrière.

Le dirigeant bayonnais rappelle que la problématique concerne également les entraîneurs :

« C’est comme ça et c’est la règle du rugby. On fait comment ? Un joueur qui arrive en fin de contrat, ce qu’il regarde, c’est son avenir. Un entraineur qui arrive en fin de contrat regarde aussi son avenir. »

Le raisonnement ne se limite pas au choix sportif. Derrière chaque contrat se trouvent également une situation familiale et des engagements financiers qui poussent les professionnels à anticiper.

Travers insiste sur cette réalité parfois oubliée :

« A un moment, c’est son métier, c’est sa profession, il a des enfants, des emprunts. Le joueur regarde son avenir donc s’il se blesse demain ? »

Une blessure peut tout bouleverser

C’est précisément ce risque qui explique, selon lui, pourquoi un joueur peut souhaiter régler son avenir très tôt.

Attendre plusieurs mois avant de s’engager ailleurs signifie aussi prendre le risque qu’une blessure intervienne entre-temps et modifie complètement sa situation.

Dans ces conditions, Travers comprend qu’un professionnel puisse privilégier la sécurité lorsqu’une opportunité se présente, même si son contrat actuel n’est pas encore arrivé à son terme.

« On ne peut pas critiquer une fois que c’est validé ! »

Laurent Travers renvoie surtout la question aux règles établies par le rugby professionnel.

Si le système autorise ces mouvements et cette anticipation, il estime contradictoire de reprocher ensuite aux joueurs ou aux entraîneurs d’en profiter.

Pour lui, les règles sont connues de tous dès le départ :

« C’est le règlement, c’est le monde professionnel, il y a des règles qui sont faites et on les connait dès le départ. Si on les accepte, c’est qu’elles ont été validées par les présidents. »

Et le directeur du rugby de Bayonne termine avec une position très claire :

« Si ces règles ont été votées, il faut s’adapter. On ne peut pas critiquer une fois que c’est validé ! »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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