Laurent Travers se confie sur sa rupture douloureuse avec Laurent Labit

Laurent Travers se confie sur sa rupture douloureuse avec Laurent Labit

Le mardi 15 septembre 2026 à 15:34 par David Demri

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Laurent Travers et Laurent Labit ont travaillé ensemble pendant quinze ans, remporté des titres et conduit le Racing 92 jusqu’à trois finales européennes. Leur séparation a pourtant laissé des blessures que le directeur du rugby de Bayonne refuse de détailler publiquement.

Avant cette longue association, Travers avait progressivement construit sa carrière entre Brive et Clermont. Chaque expérience lui a permis de grandir avant de partager les commandes de Montauban, Castres puis du Racing avec Labit.

Clermont et Montauban comme premiers tremplins

Laurent Travers n’oublie pas les dirigeants et techniciens qui lui ont permis de passer du statut de joueur à celui d’entraîneur professionnel. Il avait commencé par s’occuper des Reichels de Brive avant de recevoir une première véritable opportunité.

Le Bayonnais raconte dans les colonnes de Midi Olympique comment Clermont puis Montauban ont lancé sa carrière sur un banc.

« Je vais d’abord parler de Clermont. Ça a été le tremplin, qui m’a permis de passer de joueur à entraîneur. Je m’occupais des Reichels de Brive. J’ai une opportunité grâce à mon ami Christophe Mombet et Jean-Louis Jourdan qui, à l’époque, était président. Avec Patrick Wolff, ils m’ont donné cette opportunité de pouvoir entraîner l’équipe professionnelle. J’ai vécu une aventure humaine, sportive et familiale énorme. Derrière, Patrick Bardot nous propose de relever un défi énorme avec Laurent Labit à Montauban. Laurent et moi avons eu les clés du camion, nous avons ainsi pu grandir, nous développer. Ça a été un très bon tremplin. »

Le duo a ensuite rejoint Castres, où il a franchi une nouvelle étape avant de s’installer durablement au Racing 92.

Travers mesure tout ce que ses passages à Montauban et Castres ont apporté à la réussite francilienne.

« Nous avons l’opportunité, avec Pierre-Yves Revol et Monsieur Pierre Fabre de vivre une aventure castraise, qui a été encore un tremplin supplémentaire. Il y a eu le titre de champion de France avec Castres, celui avec Montauban, celui avec le Racing… Au Racing, il y a aussi eu trois finales de coupe d’Europe. On est arrivés au Racing en ayant une certaine confiance en nous. Il ne faut pas que la confiance se transforme en suffisance, sinon tu deviens arrogant et négatif. Les gens au club avaient confiance en nous. Monsieur Lorenzetti est un grand patron, un constructeur. On a senti qu’il fonçait avec nous. Cela a fait qu’on a pu asseoir cette confiance donnée. Quand tu as un président, un staff et des joueurs, la bonne mayonnaise a pris et on a eu l’honneur d’être champions de France. Si on a performé au Racing, c’est aussi grâce à ce que l’on avait fait à Castres ou Montauban. L’expérience du Racing, si elle a duré autant de temps, c’est parce que j’ai retrouvé quelqu’un avec qui j’avais des relations étroites et des résultats sportifs. J’avais pu avoir cette relation avec Pierre-Yves Revol ou Patrick Bardot. J’espère l’avoir avec Philippe Tayeb. »

L’étoile européenne qui manque au Racing

Le titre de champion de France remporté en 2016 ne suffit pas à effacer les regrets. Avec les moyens du Racing et trois finales de Coupe d’Europe disputées, Travers estime que le club aurait mérité de décrocher au moins une étoile.

Il assume une immense frustration, tout en refusant de réduire son passage au Racing à ses défaites.

« Frustrant, c’est le mot. Oui, nous n’avons remporté qu’un seul titre, mais il y en a qui n’en ont pas et qui courent après. Je sais qu’on ne tient compte que des gagnants. Le Poulidor de la coupe d’Europe, on n’en tient pas compte. On fait trois finales. C’est tout sauf négligeable. L’ensemble du club aurait mérité d’avoir une étoile au Racing. J’en suis convaincu. C’est la plus grosse déception. Frustration, oui. Déception, oui. Abattu, non. C’est normal qu’on soit frustrés, déçus, mais c’est ce qui fait qu’on n’a qu’une envie, vouloir y arriver. Dans cette déception, il ne faut pas oublier que nous avons été finalistes trois fois. Cela veut dire qu’il y a, quand même, de la réussite dans l’échec, la défaite. On ne reviendra pas dessus, c’est la vie. »

Travers a renoncé aux célébrations du titre

Laurent Travers aurait pu participer aux festivités organisées pour les dix ans du sacre obtenu par le Racing. Philippe Tayeb lui avait donné son accord, mais le dirigeant a finalement préféré rester à Bayonne.

Il reconnaît s’être laissé influencer par les critiques et la peur de voir sa présence mal interprétée.

« Il y a eu les célébrations. J’aurais aimé pouvoir les partager. J’avais la possibilité d’y aller. Philippe Tayeb m’avait donné son accord. Comme quoi, je me suis laissé influencer par tout ce qui pouvait être dit ou écrit à l’extérieur. Je ne me suis pas présenté aux dix ans à Barcelone, pour éviter que les gens puissent penser que je donnais ma priorité au Racing plutôt qu’à l’Aviron. Je suis resté au match (de la dernière journée, N.D.L.R.), ici, pour éviter qu’on dise que je préférais être avec le Racing, tout en sachant que je n’intervenais pas du tout auprès de l’équipe professionnelle. Je travaillais pour le fonctionnement avec l’associatif, le centre de formation, le développement des joueurs ou staff. Je savais très bien que ça pouvait être interprété d’une façon différente. Pour éviter que ça continue à polémiquer, je n’y suis pas allé. »

Une séparation difficile avec Laurent Labit

Laurent Labit avait quitté le Racing avant la fin de l’aventure de Travers. Lorsque cette période est évoquée, le directeur du rugby bayonnais tient à rappeler qu’il avait ensuite poursuivi seul pendant plusieurs saisons.

Travers apporte une précision immédiate sur les dernières années de son passage dans le club francilien.

« J’ai fait trois ans presque tout seul à la fin. »

Leur collaboration quotidienne appartient désormais au passé. Travers affirme néanmoins que cette séparation ne pourra jamais effacer les titres remportés et les quinze années vécues ensemble.

Il décrit aujourd’hui une relation différente, marquée par des parcours personnels et professionnels qui se sont éloignés.

« On a une relation toute simple. Avec Laurent, on a gagné des titres, on a fait quinze ans ensemble. Quoi qu’il arrive, ça n’effacera jamais nos quinze ans et nos titres. Notre relation, maintenant, est complètement différente de celle que l’on pouvait avoir lorsqu’on était au quotidien, que l’on manageait ensemble. Nos relations sont ce qu’elles sont, nous sommes très fiers d’avoir fait ce que l’on a fait avec Laurent. À partir de là, nos vies personnelles et sportives sont différentes. »

Cette rupture a été d’autant plus difficile que les deux hommes étaient régulièrement présentés comme un véritable couple dans le milieu du rugby.

Laurent Travers reconnaît que certains événements personnels restent encore difficiles à accepter, sans vouloir en révéler la nature.

« Ce sont des trucs personnels. Quand tu fais quinze ans avec quelqu’un, c’est toujours difficile, pas que dans le monde sportif. Quand tu es en couple pendant quinze ans, parce que les gens nous disaient qu’on était presque mariés ou pacsés… Il y a des choses personnelles qui ont été difficiles à accepter, mais ceci ne regarde que Laurent, moi et nos familles. C’est tout. »

Des titres gravés pour toute une vie

Malgré cette séparation, les grandes victoires partagées ne disparaîtront pas. Travers conserve notamment un souvenir très fort du Bouclier de Brennus remporté avec Castres.

Pour lui, un titre représente un accomplissement comparable aux événements les plus importants d’une vie familiale.

« Avec le CO, ça a été une aventure humaine. Quand tu gagnes, c’est toujours une aventure humaine, car ça reste gravé à vie. Je pense aussi au titre de 97 (avec Brive, N.D.L.R.). En 85, avec les Cadets de Sarlat, nous avions gagné un titre. On a encore un groupe WhatsApp sur lequel on communique ! Lorsque tu obtiens le graal, tu te donnes des dates de rencontre, des dates où tu es allé au bout de ton objectif. C’est un accomplissement. C’est comme la naissance d’un enfant. C’est ce qu’il y a de plus beau pour des parents. Ça vaut tout le reste. On occulte tout ça, mais si on en est là, c’est aussi grâce à eux, nos proches. Ce ne sont pas des sacrifices que l’on fait, car nous sommes passionnés. Pour eux, ce sont des sacrifices. Je reviens sur les réseaux, mais ça me gêne quand les gens agressent vis-à-vis d’eux. Je mets mes proches en difficulté alors qu’ils n’ont rien demandé, ils subissent et sont obligés de l’accepter. Il ne faut pas l’oublier. Ma personne, c’est ma famille. Quand on touche ma personne, on touche ma famille. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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