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Le cri du coeur de l’avocat de la plaignante : « Notre cliente en a assez ! »

Le cri du coeur de l’avocat de la plaignante : « Notre cliente en a assez ! »

Le mercredi 25 mars 2026 à 22:05 par David Demri

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Le second round judiciaire de l’affaire des ex-rugbymen de Grenoble a débuté ce mercredi 25 mars devant la cour d’assises de la Charente. Dans une atmosphère pesante, ce premier jour à Angoulême a été marqué par la mise en place du cadre des débats et le témoignage de l’avocat de la victime, maître Gaessy Gros, sur l’état d’épuisement de sa cliente.

Une victime « à bout de souffle »

Pour Valentine (le prénom a été modifié), aujourd’hui âgée de 30 ans, ce nouveau procès représente une épreuve supplémentaire dans un parcours judiciaire qui dure depuis neuf ans. Maître Gaessy Gros a décrit une procédure « longue et éprouvante », soulignant que sa cliente, devenue magistrate, doit replonger dans les détails d’une nuit qu’elle souhaitait laisser derrière elle.

« Elle a conscience que ce huis clos protège les accusés, mais elle n’a pas la force d’assumer un procès en public », a expliqué son conseil, rappelant que ce droit est accordé pour protéger la dignité de la victime tout en soulignant les conséquences de cette affaire sur sa carrière professionnelle.

L’avocat de la plaignante, maître Gaessy Gros s’est confié dans les colonnes de Midi Olympique.

Il fait le point sur la situation. Extrait:

On s’attend à des débats très longs. Ils ont été encore ralentis ce matin, notamment par un incident de procédure soulevé par la défense concernant la liste des jurés, incident qui a finalement été écarté. La journée n’est pas terminée et risque de se poursuivre tard. Nous avons un calendrier serré et un planning chargé.

Il s’agace devant la lenteur de cette affaire et défend fermement sa cliente. Extrait:

Je vais vous dire les choses franchement. Notre cliente en a assez. Cela fait neuf ans qu’elle subit cette procédure. Neuf ans, c’est presque un tiers de sa vie, elle a aujourd’hui 30 ans. Elle est dans une phase où elle attend le dénouement de cette affaire et mobilise ses dernières forces, car c’est extrêmement éprouvant.

Il poursuit. Extrait:

Elle en subit encore les stigmates aujourd’hui. Se replonger dans ce procès, revivre les dénégations des accusés, c’est particulièrement éprouvant. L’instruction a été compliquée. Elle a entendu beaucoup de choses sur elle. La position des accusés a peut-être évolué, mais elle est restée souvent véhémente à son égard. Ses mœurs et ses intentions ont parfois été remises en cause, alors qu’elle tient le même discours depuis des années. Je n’ai aucun doute qu’elle dira la même chose à la barre. Mais vivre avec le poids d’une telle procédure, face à une contestation aussi ferme, est extrêmement difficile.

Il refuse de s’exprimer sur les premiers propos émis par les accusés. Extrait:

Je ne me permettrai pas de juger les accusés, ce n’est pas mon rôle. D’ailleurs, il n’y a pas encore eu d’interrogatoire sur les faits. Le procès débute par l’examen de la personnalité des accusés. Les faits seront abordés progressivement et les accusés seront entendus plus en détail à la fin.

Il explique ensuite la décision de sa cliente d’effectuer ce procès à huis clos. Extrait:

Encore une fois, après neuf ans de procédure, elle est épuisée et n’a pas la force d’affronter une audience publique. Le huis clos est un droit. S’il a été prévu par le législateur, c’est pour protéger les victimes, notamment sur le plan psychologique. Certains regrettent ce choix, mais il est conforme à la loi. Et, à mon sens, le huis clos protège aussi les accusés du regard de l’opinion publique, puisqu’il limite la diffusion des débats. On a pu lire certaines interprétations dans la presse qui ne reflètent pas nécessairement la réalité des audiences.

Dans tous les cas, ce choix s’imposait. Notre cliente n’a pas la capacité d’aller au-delà. Et je pense que la plupart des personnes dans sa situation auraient fait la même demande. C’est d’ailleurs le cas dans la majorité des affaires de cette nature, même si certaines exceptions très médiatisées existent.

Le coeur du procès ? Le consentement. Extrait:

Le consentement est toujours, d’une manière ou d’une autre, au cœur des procès pour viol. La législation a évolué, mais ce dossier reste soumis à l’ancienne définition, où le consentement était apprécié notamment à travers l’existence d’une contrainte, d’une surprise ou de violences. Dans ce dossier, notre cliente n’était pas consentante, et les éléments montrent qu’il y a eu au minimum contrainte ou surprise, comme l’avait retenu la cour d’assises en première instance. Oui, cette question sera donc centrale. Et il sera intéressant d’observer si la position des accusés a évolué, dans un contexte où la société, elle, a changé.

Il conclut : 

Chacun est libre de sa stratégie de défense. À ce stade, cette ligne ne correspond pas, selon nous, à la réalité du dossier. Mais M. Grice, comme les autres, est présumé innocent, c’est à la cour d’assises de trancher, pas à l’avocat de la partie civile. Ce que nous savons, c’est que la parole de notre cliente est corroborée par les éléments du dossier. Quelle que soit la stratégie de la défense, cela ne changera pas la réalité des faits qu’elle dénonce depuis neuf ans. Chacun est libre de se défendre comme il l’entend.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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