Le FC Grenoble a décidé de ne plus payer la location du Stade des Alpes : Des tensions éclatent avec la Métropole

Le FC Grenoble a décidé de ne plus payer la location du Stade des Alpes : Des tensions éclatent avec la Métropole

Le jeudi 24 septembre 2026 à 23:43 par David Demri

Publicité

Le bras de fer monte brutalement d’un cran entre le FC Grenoble et la Métropole, propriétaire du Stade des Alpes. À la veille du derby contre Valence-Romans, Gérard Mézin, président du Conseil de Surveillance du FCG, annonce que le club n’effectuera désormais plus aucun paiement à la Métropole tant qu’un dialogue n’aura pas été renoué autour de ses conditions d’utilisation du stade. Les sommes concernées ne seront toutefois pas dépensées : elles seront consignées auprès d’un tiers indépendant.

Les tensions ne datent pas d’hier. Depuis plusieurs années, Grenoble conteste les conditions financières et pratiques auxquelles le club doit se soumettre pour utiliser son enceinte.

450 000 euros de location par saison

Le Stade des Alpes possède une particularité : il accueille à la fois le FCG en rugby et le GF38 en football.

Une cohabitation qui, selon Mézin, engendre des contraintes et des dépenses particulièrement importantes.

Le dirigeant Grenoblois détaille dans Midi Olympique les sommes supportées par le club :

« Cette configuration est particulièrement rare : en France, il est l’un des deux seuls stades de haut niveau à accueillir deux clubs résidents, l’autre étant le Stade Jean-Bouin qui accueille le Stade Français et le Paris FC. Inutile de vous dire que les moyens ne sont pas identiques… Cette utilisation partagée représente un coût considérable, puisque chaque club verse à la Métropole 450 000 euros de location par saison. S’y ajoutent la location du parking, facturée depuis 2 ans 26 000 euros par saison, 25 000 euros pour les opérations de montage et de démontage sans parler des ressources humaines du club, et 110 000 euros de frais de sécurité par saison à notre charge. »

Des conditions déjà dénoncées la saison dernière par Patrick Goffi et qui restent aujourd’hui un important point de crispation.

« Nous avons subi une convention »

Mézin remet notamment en cause la convention signée en 2025 pour une durée de deux ans.

Le président du Conseil de Surveillance estime que la situation s’est depuis détériorée :

« Nous avons subi une convention, signée pour deux ans en 2025, la veille de la première journée de championnat dont beaucoup de conditions sont inacceptables. A cette date, un état des lieux, constaté par un huissier, avait été effectué. Depuis, non seulement rien n’a évolué mais la situation ne cesse de se dégrader. »

Le FCG assure avoir multiplié les remontées concernant la structure, la sécurité ou encore les différents aménagements.

Mais le club considère ne pas avoir obtenu les réponses attendues :

« Nous avons encore fait remonter depuis cette date beaucoup de griefs autour de l’évolution de la structure, de la sécurité, des aménagements mais nos demandes sont restées sans suite. Michel Vendra, Vice-Président de la Métropole en charge du Sport, m’a dit que des appels d’offres sont en projet mais je n’en sais pas plus. »

Le mail qui a fait « déborder le vase »

Un événement récent aurait finalement précipité la décision du FCG.

Le club affirme avoir reçu, vendredi 18 septembre, un mail lui interdisant l’accès au stade pour effectuer ses mises en place.

Pour Mézin, cet épisode a été celui de trop :

« La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est un mail que nous avons reçu le vendredi 18 septembre, nous interdisant l’accès au Stade pour les mises en place : c’est un peu comme si nous jouions à l’extérieur tous les week-ends. Cet été, c’est nous qui avons repeint les vestiaires, et les nouveaux joueurs de cette saison n’ont pas pu venir visiter le stade avant leur premier match ! »

Le dirigeant assure ne réclamer aucun privilège.

Il demande simplement une modification des conditions actuelles :

« Nous ne demandons pas de traitement de faveur : simplement des conditions correctes d’utilisation. Un cadre clair, équilibré c’est à dire viable et durable pour un équipement aussi important pour nous que le stade des Alpes. Toute l’institution FCG, que je représente en tant que Président du Conseil de Surveillance à ce jour, se sent lésée. »

Le FCG suspend tous ses paiements

Face à cette situation, Grenoble a donc décidé de passer à l’action.

La mesure a été prise conjointement par Mézin et Patrick Goffi, président de la SASP.

Le message adressé à la Métropole est particulièrement clair :

« Nous avons décidé, en accord avec Patrick Goffi le President de la SASP, qu’à partir de ce jour nous n’effectuerons plus aucun paiement de quoi que ce soit à la Métro. »

Il ne s’agit toutefois pas pour le FCG de faire disparaître les sommes concernées ou de les utiliser pour autre chose.

L’argent sera consigné auprès d’un tiers

Le club annonce la mise en place d’un dispositif permettant de conserver les sommes en attendant une résolution du conflit.

Mézin précise le mécanisme choisi :

« Pour autant, notre volonté n’est pas de nous soustraire à nos responsabilités. C’est précisément pour cette raison que nous avons décidé de mettre en place un dispositif de consignation des sommes concernées, dans un cadre juridiquement sécurisé, auprès d’un tiers indépendant. Les sommes que nous estimons devoir être réglées mais dans des conditions qui font aujourd’hui débat seront gelées et sécurisées, afin qu’elles restent disponibles. »

Grenoble affirme donc ne pas remettre en cause le principe même du paiement mais les conditions dans lesquelles celui-ci intervient actuellement.

Le FCG veut utiliser cette décision pour provoquer la reprise des discussions :

« Notre démarche est donc très claire : nous ne refusons pas de payer ce qui est réellement dû. Nous refusons de payer dans les conditions actuelles, sans débat contradictoire et sans la mise en place d’un dialogue constructif afin d’améliorer cette situation. Les sommes ne disparaîtront pas. Elles ne seront pas utilisées à d’autres fins. Elles seront sécurisées auprès d’un tiers indépendant, dans l’attente qu’un accord soit trouvé. »

Le FCG laisse la porte ouverte

Malgré cette décision radicale, Mézin assure que le club souhaite toujours parvenir à un compromis.

Le dirigeant veut à la fois défendre le FCG et pousser les différentes parties à se remettre autour de la table :

« Cette décision répond à un double objectif : d’une part, protéger les intérêts du FCG comme je l’ai exprimé précédemment et d’autre part, démontrer notre ferme volonté de trouver une solution responsable. Nous restons naturellement ouverts au dialogue et souhaitons qu’une solution équilibrée puisse être trouvée dans l’intérêt du FCG, ses supporters, de ses partenaires et, plus largement, du sport grenoblois. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
Ne ratez plus aucune actu rugby
Suivre Blog RCT sur Google

0 Commentaire