Le jour où Gaël Fickou a terrassé l’Angleterre à lui tout seul

Le jour où Gaël Fickou a terrassé l’Angleterre à lui tout seul

Le mardi 4 août 2026 à 11:04 par David Demri

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Le 1er février 2014 reste une date à part dans la carrière de Gaël Fickou. Ce soir-là, le XV de France, en pleine crise de résultats, lançait son Tournoi des Six Nations face à une Angleterre annoncée comme favorite.

Entré en jeu à quelques minutes de la fin, le jeune trois-quarts centre de 19 ans allait offrir une victoire aussi inattendue que mémorable aux Bleus grâce à un essai devenu l’un des plus marquants de sa carrière.

Midi Olympique revient sur ce moment historique.

Un XV de France en plein doute

À cette époque, le rugby français traversait une période particulièrement compliquée.

L’année 2013 s’était achevée sur une dernière place dans le Tournoi des Six Nations et une série de résultats très décevants lors des tournées internationales.

Face à l’Angleterre, les hommes de Philippe Saint-André jouaient donc bien plus qu’un simple premier match.

Gaël Fickou se souvient parfaitement du contexte :

« On savait que ce match pouvait en quelque sorte sauver l’image de l’équipe. On perdait beaucoup à cette époque et gagner une équipe d’Angleterre favorite à la victoire dans le Tournoi pouvait redorer notre blason et nous faire beaucoup de bien. »

Un début de match idéal… avant le retour anglais

Le XV de France réalise pourtant une entame parfaite.

Dès la première minute, Yoann Huget inscrit un premier essai avant de s’offrir un doublé quelques instants plus tard.

Les Bleus mènent alors 16 à 3.

Mais l’Angleterre réagit progressivement et inverse totalement la dynamique.

À cinq minutes du terme, les hommes de Stuart Lancaster sont devant au score (24-19) et semblent filer vers la victoire.

Fickou raconte ce basculement :

« On commence très fort. À l’envie, à l’émotion. On était à domicile, donc forcément notre orgueil a fait qu’on est rentré dans le match à 100 à l’heure. Tout le monde est à fond dès le coup d’envoi, on prend vite l’avantage avec deux essais de Yoann Huget… et puis les choses se compliquent. On s’effondre un peu en même temps que, eux, élèvent leur niveau de jeu. À cette époque, l’Angleterre était une équipe très performante, structurée, composée d’excellents joueurs, avec beaucoup d’expérience. Malgré notre grosse entame, on sent qu’ils renversent petit à petit le cours du match. Bilan, ils remontent au score et nous passent même devant. »

Yannick Bru lui avait soufflé qu’il ferait gagner les Bleus

À quelques minutes de la fin, Philippe Saint-André décide finalement de lancer Gaël Fickou.

Le jeune centre remplace Mathieu Bastareaud alors que la France est menée.

Il se rappelle ce moment particulier :

« Les coachs me font entrer à quelques minutes de la fin à la place de Mathieu Bastareaud. Ce n’était pas forcément évident à appréhender au vu du contexte serré à ce moment de la rencontre. Surtout que j’étais jeune et qu’il s’agissait de mes premières sélections. Mais je me suis dit qu’on n’avait plus rien à perdre. On était menés et l’idée était de tenter le tout pour le tout. Juste avant, Yannick Bru, qui était sur le bord de la pelouse, me glisse que j’ai une belle étoile et que je vais faire gagner l’équipe. »

Une phrase qui prendra tout son sens quelques instants plus tard.

« Si j’ai un duel à jouer, je le jouerai »

Sur l’un de ses premiers ballons, Gaël Fickou reçoit une passe de Dimitri Szarzewski.

Il reste encore une vingtaine de mètres à parcourir avant l’en-but.

Le futur international raconte son raisonnement :

« C’est Dimitri Szarzewski qui me décale dans le couloir et, quand je reçois la balle, il reste encore beaucoup de chemin jusqu’à l’en-but. Dans ma tête, je me dis que je ne forcerai rien mais que si j’ai un duel à jouer, je le jouerai. J’essaye de mettre un maximum de vitesse et je vois qu’Alex Goode commence à décaler vers Maxime Médard sur ma gauche. Je décide alors au dernier moment de tenter la feinte de passe, un geste que je faisais souvent et que je maîtrisais assez bien. Quand je réalise qu’elle a fonctionné, je suis soulagé. Je n’ai plus que cinq mètres à parcourir. Finalement, il n’y avait plus personne. J’ai pu aller aplatir entre les poteaux. L’émotion était exceptionnelle. Le stade tremblait de partout. »

Grâce à cet essai, la France repasse devant et s’impose finalement 26 à 24.

Un scénario qu’il avait imaginé avant même d’entrer

Le plus incroyable reste peut-être ce que Gaël Fickou avait imaginé avant même son entrée en jeu.

Il révèle :

« Au départ, je ne pensais pas rentrer. Le match était tendu, avec beaucoup d’enjeux, j’étais jeune… En m’échauffant dans l’en-but, je me faisais plusieurs scénarios dans la tête et à un moment je me suis dit : « Imagine, tu marques l’essai de la victoire à la fin, ça serait fou ». Et j’ai aplati à l’endroit exact où j’ai pensé ça plus tôt à l’échauffement. C’est assez irréel. »

Si le XV de France terminera finalement ce Tournoi des Six Nations à la quatrième place, cette victoire face à l’Angleterre restera comme l’un des premiers grands moments de la carrière internationale de Gaël Fickou. Un essai décisif qui révéla définitivement au grand public un joueur appelé à devenir l’un des cadres du rugby français.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

1 Commentaire

  1. STEF DU 83 4 août 2026 at 11h- Répondre

    La même tous le Week end Gael. GO GO GO TOULON