Le match qui a changé le RCT : Ce jour-là, Toulon a renversé le Munster et tout a basculé
Le match qui a changé le RCT : Ce jour-là, Toulon a renversé le Munster et tout a basculé
Le dimanche 11 janvier 2026 à 13:05 par David Demri
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Ce dimanche à 14 heures, Toulon reçoit le Munster en Champions Cup. Un rendez-vous qui renvoie automatiquement à une date précise : le 16 janvier 2011. Ce jour-là, dans un Mayol plein à craquer, le Rugby Club Toulonnais avait battu le géant irlandais (32-16). Un match qui a compté bien plus qu’une simple victoire.
Un RCT encore en construction
À l’hiver 2011, Toulon n’a pas encore l’étiquette du club européen qu’il deviendra quelques années plus tard. Le projet est encore jeune, l’équipe est pleine de stars mais manque de vécu international. Wilkinson, Contepomi, Fernandez Lobbe, Van Niekerk, Mignoni ou Bruno forment le noyau de l’équipe. Autour, les recrues venues donner un coup d’accélérateur : Wulf, Sackey, Smith ou Schofield.
En face, le Munster n’est pas un adversaire comme les autres. Double champion d’Europe (2006, 2008) et habitué aux phases finales depuis plus d’une décennie, il représente le modèle à atteindre. Même vu depuis la Nouvelle-Zélande, le nom impressionne. Rudi Wulf le raconte encore aujourd’hui via L’équipe : « En Nouvelle-Zélande, tout le monde connaissait le Munster. C’était un nom immense. »
L’aller est violent : Toulon explose à Thomond Park (45-18). Première leçon européenne. Laurent Emmanuelli le dit simplement : « On avait été emportés par l’intensité. Eux maîtrisaient. Nous, on découvrait. »
Mayol se réveille
La dynamique change avec deux succès contre les London Irish. Le match contre le Munster devient une finale avant l’heure. Pour se qualifier, il faut gagner. Mayol tombe dans l’euphorie dès la fin de matinée. Les abords du stade se bloquent, les bus avancent lentement dans la foule. « On était chauffés à blanc avant même d’entrer sur le terrain », résume Sébastien Bruno. L’ailier irlandais Johne Murphy complète : « Ce qui m’a marqué, c’est tout l’environnement. »
Quand le Munster entre sur la pelouse, il est accueilli par un vacarme inédit. Philippe Saint-André, alors entraîneur, n’a pas oublié : « Ce jour-là, le public toulonnais s’est approprié la Coupe d’Europe. »
Le choix fort de Philippe Saint-André
Pour ce rendez-vous, Saint-André tente un coup. Les deux ouvreurs internationaux, Wilkinson et Contepomi, sont titularisés… ensemble. Le premier à l’ouverture, le second au centre. La double direction surprend les Irlandais et change le rythme du match.
Au cœur de ce dispositif, un joueur va tout orienter : Pierre Mignoni. Né à quelques rues de Mayol, il dispute sa dernière saison pro. Ce jour-là, il accélère le jeu, distribue, choisit les zones de pression. Wilkinson passe les points au pied, puis Mignoni transforme le match. D’abord avec un jeu au pied pour Loamanu (23e). Ensuite sur un ballon contré qui profite à Sackey (38e). Murphy avoue aujourd’hui : « J’ai manqué un plaquage sur Sackey. Je le regrette. »
À la pause : 26-9. Toulon mène, Munster doute.
Un signal pour l’avenir
En seconde période, Toulon verrouille. Ronan O’Gara récolte un carton jaune (50e). Mayol pousse. Le Munster reste sans solution. Score final : 32-16. Parmi ceux qui ont vécu l’instant, l’émotion reste intacte. Laurent Emmanuelli le dit clairement : « Toute la communion… Rien que d’en parler, ça fait encore quelque chose. »
Sur le plan sportif, la saison n’ira pas au bout. Toulon termine 8e en Top 14 et s’arrête en quarts de Coupe d’Europe contre Perpignan (29-25). Mais le symbole est ailleurs. Marin, supporter, n’a pas oublié : « À la fin, les supporters irlandais ont chanté “Toulon, Toulon”. »
Avant les trois titres consécutifs en Champions Cup (2013, 2014, 2015), avant les finales et les saisons européennes pleines, il y a eu ce match-là. Celui où Toulon a compris qu’il avait sa place dans la compétition.
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6 Commentaires

Espérons que ce match soit fondateur à nouveau pour cette équipe et débloque la mécanique afin de lancer une longue série de victoires
Ambiance juste EXCEPTIONNELLE, pour moi unique.
Oui, je m’en souviens très bien. Un volcan. On avait mangé sur le port et j’avais demandé à des irlandais en blazer avec l’écusson du Munster s’ils étaient jamais venus à Mayol et ils n’avaient pas bien compris où je voulais en venir. Le soir tout était clair.
Déjà 15 ans putain.
Quel souvenir… monumental… inoubliable !
Oui c’était énorme. Un match fantastique dans un Mayol en feu pendant tout le match.
Autre fait important pas relaté dans l’article ni dans vos commentaires.
A un moment donné du match devant la classe de Jonny, dix minutes avant la fin du match Mayol avait chanté un » God save the queen » . Il nous avait tellement soulagé par son jeu et son enquillage de points .
Un grand moment.
Eric
Pilou pilou
J’étais entouré d’Irlandais ce jour là. Quel pieds a la fin du match de distribuer des Good Game….. Quelle ambiance ce jour là. Et quelle belle troisième li temps avec ces mêmes Irlandais.