Le mea culpa de Christophe Urios avant le début du Top 14 : « J’ai du retard car j’ai commis des erreurs »
Le mea culpa de Christophe Urios avant le début du Top 14 : « J’ai du retard car j’ai commis des erreurs »
Le jeudi 20 août 2026 à 11:18 par David Demri
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À quelques semaines de la reprise du Top 14, Christophe Urios estime que l’ASM arrive à un tournant de son projet. Entre le stage de La Plagne, l’intégration des internationaux, l’éclosion des jeunes et un recrutement pensé pour renforcer l’identité de jeu, le manager clermontois estime que son équipe possède désormais les armes pour retrouver durablement les sommets du championnat.
À La Plagne, l’ASM poursuit une préparation que Christophe Urios juge essentielle.
Au-delà du travail physique, ce stage doit permettre de réunir un groupe longtemps privé de ses internationaux et d’aborder la dernière ligne droite avant les premiers matches amicaux.
Le stage de La Plagne doit permettre au groupe de franchir un cap avant le début de la saison
Christophe Urios s’est confié pour RMC Sport :
« On est à La Plagne, à la fraîche. C’est un peu humide mais ça nous change des grandes chaleurs de Clermont ou du sud. Les installations sont différentes. On est au calme, avec des conditions d’hébergement adaptées et un terrain qui ne souffre pas de la sécheresse. Je ne vais pas parler des bienfaits de l’altitude parce qu’une semaine ne suffit pas, mais changer d’environnement, voir d’autres personnes, ça nous booste. »
Pour le manager auvergnat, ce rassemblement poursuit trois objectifs très précis.
L’intégration des internationaux reste l’une des grandes priorités du staff.
« Le stage est orienté autour de trois axes. D’abord, intégrer nos internationaux, puisque quatorze joueurs étaient absents au début de la préparation. Ensuite, continuer à renforcer la cohésion du groupe. Enfin, poursuivre le travail rugby avec de grosses séances d’entraînement. Samedi, nous basculerons sur notre premier match de préparation, puis sur le second la semaine suivante avant le début du Top 14. »
Une préparation qui ne ressemble plus à celles d’autrefois
Le technicien constate également une évolution des méthodes de préparation.
Selon lui, les clubs privilégient désormais davantage les entraînements dirigés que les matches amicaux.
Christophe Urios estime que les deux approches présentent des avantages.
« Je n’ai jamais autant entendu parler du nombre de matches de préparation que cette saison. Aujourd’hui, on peut se demander s’il ne vaut pas mieux faire des entraînements dirigés. Quand tu disposes de quarante-cinq joueurs, un seul match de préparation ne permet pas de faire jouer tout le monde suffisamment. Lors du premier match, certains ne jouent que quarante minutes, puis soixante lors du second. Où placer le curseur ? Je ne sais pas. Il y a un effet de mode, avec de moins en moins de matches parce qu’ils ne rapportent rien au championnat. Personnellement, j’aimais bien jouer contre une équipe de Pro D2 avant un vrai match test. Cela permettait d’observer le comportement de mon équipe face à un adversaire très engagé. Les entraînements dirigés restent néanmoins intéressants parce qu’ils permettent de mieux maîtriser ce que l’on souhaite travailler tout en limitant les risques. »
Les défis Vulcains au cœur de l’identité du groupe
Depuis près de vingt ans, Christophe Urios s’appuie également sur ses célèbres défis Vulcains.
Un rendez-vous devenu incontournable dans chacune de ses préparations.
Le manager assure que ces ateliers vont bien au-delà du simple aspect ludique.
« Je les organise depuis 2007. Ce n’est pas nouveau. Ils sont directement liés au projet sportif. On ne vient pas pour s’amuser, même si on passe de bons moments. L’idée est de travailler la cohésion, de souffrir ensemble, d’identifier les leaders. Cela a un véritable sens. En même temps, cela nous permet aussi d’aller à la rencontre de nos supporters. Le CrossFit organisé en centre-ville a beaucoup marqué les gens. »
Christophe Urios reconnaît avoir pris du retard
Trois ans après son arrivée à Clermont, le manager porte un regard lucide sur son travail.
Il estime que certains choix ont retardé la progression du club.
Le technicien assume pleinement sa part de responsabilité.
« Je trouve que nous avançons. Mais je considère que j’ai un an de retard. J’ai commis des erreurs dans le recrutement, dans certaines prolongations, dans notre jeu et dans le projet sportif. Aujourd’hui, nous collons davantage à l’identité du club. Nous entretenons une bonne relation avec nos supporters et notre identité de jeu correspond à ce que représente Clermont. En revanche, il nous manque encore cette constance et cette force collective qui permettent de s’installer durablement dans le Top 6. Malgré tout, nous progressons : nous sommes passés de 61 points à 63, puis à 71 la saison dernière. C’est une vraie évolution. Je reste néanmoins en retard par rapport au plan que j’avais imaginé en arrivant, notamment parce que j’ai découvert un club dans un état que je n’avais pas anticipé. Il a fallu reconstruire énormément de choses. J’espère que cette saison sera enfin la bonne. »
Retrouver le Clermont qui faisait référence en Europe
L’ambition du manager dépasse largement une simple qualification.
Il souhaite replacer l’ASM parmi les grands clubs européens.
« On parle souvent du Clermont des années 2010 à 2017. À cette époque, le club était une référence en France mais aussi en Europe, dans le jeu comme dans la qualité du travail. Nous disputions des finales et des demi-finales. Quand tu joues des finales, tu es forcément plus proche de les gagner que lorsque tu termines septième. Nous avons envie de retrouver ce Clermont-là. Le club mérite d’être à nouveau tout en haut du Top 14, même si la concurrence est aujourd’hui beaucoup plus forte qu’à cette époque. Quand tu perds du terrain pendant plusieurs années, il faut ensuite redoubler d’efforts parce que ceux qui sont devant ne veulent plus céder leur place. »
Un recrutement pensé pour renforcer l’identité de l’équipe
Le recrutement effectué cet été s’inscrit dans cette logique.
Christophe Urios estime que chaque arrivée répond précisément aux besoins identifiés.
Il préfère toutefois attendre les premières semaines de compétition avant de tirer des conclusions.
« Pour le moment, tout va dans le sens que nous voulons construire. Nous voulons des avants puissants et davantage de vitesse dans le jeu profond. Notre recrutement est parfaitement cohérent avec cette idée. Est-ce que nous serons meilleurs que l’an dernier ? Il faudra me poser la question au mois de novembre. Mais j’ai le sentiment que nous sommes un peu plus forts lorsque je vois le niveau des entraînements, l’expérience acquise et la qualité du groupe. L’an dernier, nous avons battu Toulouse, Toulon avec le bonus, ainsi que Bordeaux. Cela prouve que nous avions une équipe capable d’intégrer le Top 6, mais pas suffisamment constante pour y rester pendant onze mois. C’est précisément ce que nous devons corriger cette saison. »
Le Top 6 ne peut plus échapper à Clermont
Cette fois, l’objectif est clairement affiché.
Le manager ne cache plus ses ambitions.
« L’objectif est d’être dans le Top 6. Peu importe la place, mais il faut absolument s’y qualifier. C’est comme cela que l’on progresse. J’aurais aimé y parvenir la saison dernière parce que nous avions beaucoup progressé, mais cette progression est restée inachevée avec cette septième place. Nous sommes sortis du Top 6 après notre défaite contre le Racing à domicile. Je n’avais pas bien préparé ce match et j’assume cette erreur. Nous avons aussi perdu à Perpignan, où nous avons été les premiers battus cette saison-là. Quand tu veux devenir une équipe du haut de tableau, ce sont des rencontres que tu ne dois plus perdre. Après trois années de travail, avec davantage d’expérience et un effectif renforcé, nous devons désormais être plus solides pour traverser les moments difficiles. »
La jeunesse appelée à prendre encore plus de place
Enfin, Christophe Urios compte continuer à s’appuyer sur la formation clermontoise.
Il considère que cette génération possède tout pour s’imposer durablement au plus haut niveau.
Le manager veut en faire l’un des piliers du projet de l’ASM.
« La formation est incroyable à Clermont. Nous avions six joueurs avec l’équipe de France U20. Ils ont été champions de France, champions d’Europe avec un Grand Chelem puis vice-champions du monde. Leur niveau est remarquable. Nous en avons déjà fait jouer plusieurs et cette saison ils auront encore davantage de responsabilités. La jeunesse fait partie de l’histoire du club. Ces joueurs vont densifier notre effectif et nous permettre de gagner en régularité. C’est fondamental pour la suite de notre projet. »
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C’est bien de reconnaitre ses erreurs. Après le racing a aussi créer la surprise en gagnant son quart à Pau, il n’y a pas de honte non plus à cette défaite face au racing à Clermont, surtout avec la victoire à Bordeaux la dernière journée.