« Le médecin voulait me faire faire le protocole commotion en japonais » : L’anecdote de Florian Verhaeghe

« Le médecin voulait me faire faire le protocole commotion en japonais » : L’anecdote de Florian Verhaeghe

Le samedi 25 juillet 2026 à 11:56 par David Demri

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Le dernier match de la tournée estivale du XV de France aurait pu très mal se terminer pour Florian Verhaeghe. Victime d’une commotion cérébrale face au Japon, le deuxième ligne montpelliérain a finalement pu reprendre la rencontre après avoir validé le protocole médical.

Quelques semaines plus tard, il revient pour Midi Olympique avec beaucoup de recul sur cet épisode, livrant un témoignage aussi étonnant que révélateur de la réalité du haut niveau.

L’international français raconte ne garder aucun souvenir du choc en lui-même. En revanche, une image l’a particulièrement marqué en revoyant les vidéos de l’action : son premier réflexe, malgré la commotion, a été… de retourner défendre. Une réaction presque automatique qui l’a amené à une réflexion très forte sur le conditionnement des joueurs professionnels.

« Je ne me souviens pas du choc »

Florian Verhaeghe se veut d’abord rassurant concernant son état de santé. La commotion n’a laissé aucune séquelle et il a rapidement retrouvé toutes ses sensations.

Le deuxième ligne explique ne pas avoir gardé le moindre souvenir de l’impact.

« Ça va. J’ai juste pris un petit coup à la tête, mais tout va bien rassurez-vous. Je n’ai eu aucune complication après le match. Je ne me souviens pas du choc à proprement parler, mais je me souviens du moment où je me relève pour me replacer car je sens que je suis en train de tomber vers l’avant, donc je me redresse. »

Il précise avoir rigolé en revoyant l’action :

« J’ai beaucoup rigolé quand j’ai revu les images, parce que je ne pensais pas que ça avait donné ça… »

Ce comportement, totalement instinctif, l’a lui-même surpris lorsqu’il a découvert les images après la rencontre.

« On est un peu lobotomisés »

Ce qui frappe le plus Florian Verhaeghe, ce n’est finalement pas la violence du choc, mais la réaction qu’il a eue immédiatement après.

L’international français livre une réflexion forte sur le conditionnement des joueurs de haut niveau.

« Oui. On en a d’ailleurs discuté avec Lenni Nouchi. C’est là qu’on voit qu’on est un peu lobotomisés, ou conditionnés par l’entraînement. Dès qu’on termine une tâche, on passe à l’autre. »

Des propos qui illustrent parfaitement les automatismes développés au fil des années par les joueurs professionnels. Même désorienté après un choc à la tête, son cerveau cherchait avant tout à respecter les consignes défensives.

Un protocole commotion pas comme les autres

Après sa sortie, Florian Verhaeghe a dû passer le protocole commotion mis en place par les médecins. Une expérience qui s’est révélée particulièrement originale au Japon.

Le Montpelliérain raconte les difficultés rencontrées lors des tests médicaux.

« Au début, le médecin voulait me faire faire le test en japonais, donc c’était compliqué. Il a vite compris qu’il fallait essayer en anglais. Sauf que je ne suis pas vraiment bilingue, donc il fallait traduire et ce n’est pas évident. Le protocole n’est pas évident non plus. On doit restituer une liste de dix mots, d’habitude j’en donne six. Tu recommences une deuxième fois, puis il y a un exercice avec une suite de chiffres de plus en plus longue. Il faut d’abord les répéter dans l’ordre, puis à l’envers. Enfin, après une petite pause, tu dois à nouveau restituer la liste de mots du début. Mais j’ai réussi le protocole et j’ai pu retourner sur le terrain. »

Entre la barrière de la langue et les différents exercices de mémoire et de concentration, le deuxième ligne reconnaît que cette procédure est particulièrement exigeante. Elle lui a néanmoins permis de reprendre sa place sur le terrain et de terminer la rencontre avec les Bleus.

Son témoignage offre surtout un éclairage rare sur ce que vivent les joueurs après une commotion cérébrale. Au-delà du protocole médical, Florian Verhaeghe met des mots sur un phénomène souvent invisible : ces réflexes acquis à l’entraînement qui prennent le dessus, même lorsque le cerveau vient de subir un choc. C’est sans doute cette confession, plus encore que la commotion elle-même, qui marque les esprits.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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