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Le procès en appel des ex-Grenoblois a débuté : le huis clos retenu !

Le procès en appel des ex-Grenoblois a débuté : le huis clos retenu !

Le mercredi 25 mars 2026 à 17:59 par David Demri

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Le second acte judiciaire de l’une des affaires les plus sombres du rugby français a débuté ce mercredi matin sous une chape de plomb. Devant la cour d’assises de la Charente, à Angoulême, Denis Coulson, Rory Grice et Loïck Jammes font face à leur destin.

Condamnés en première instance à de lourdes peines de réclusion pour le viol en réunion d’une étudiante en 2017, les trois anciens joueurs du FC Grenoble jouent leur dernière carte. Entre incidents de procédure et émotion palpable, cette première journée a fixé le cadre d’un procès qui s’annonce électrique.

L’Equipe fait le point.

Des accusés aux visages contrastés

Dans le box, l’attitude des trois hommes a frappé l’auditoire. Si Loïck Jammes est apparu étonnamment serein lors de son identification, ses deux anciens compères de la ligne d’avants ont affiché les stigmates de quinze mois d’incarcération. Denis Coulson, particulièrement marqué physiquement, a surpris par sa maîtrise du français, contrastant avec son mutisme de 2024.

En face, la victime, Marie (*), a dû affronter de nouveau le regard et la voix de ceux qu’elle accuse, un moment de tension extrême qui a figé la salle d’audience.

Bataille de procédure autour des jurés

Le début des débats a été immédiatement freiné par une offensive de la défense. Les avocats des trois joueurs, qui visent l’acquittement, ont soulevé un incident concernant l’identité des jurés. Pour les conseils de Denis Coulson, le manque de précision sur les anciennes activités professionnelles des jurés retraités constituait une entrave au droit de récusation, essentiel à l’équité du procès.

Le célèbre pénaliste Me Jean-Yves Le Borgne, venu prêter main-forte à la défense, a interpellé le Procureur avec ironie pour souligner l’importance de connaître le passé professionnel des jurés. Extrait :

« Je suis certain Monsieur le Procureur que si un des retraités avait eu le malheur d’avoir choisi la profession d’avocat, vous auriez aimé le savoir… »

La justice se fera à l’abri des regards

Après trois suspensions d’audience et le rejet de l’incident de procédure par la cour, le jury final — composé de cinq hommes et quatre femmes — a été constitué peu après 13 heures. La question de la publicité des débats a ensuite occupé le centre des échanges. Si la défense plaidait pour une ouverture à la presse au nom de l’équilibre des débats, la cour a finalement tranché en faveur de la protection de la victime.

Comme lors du premier procès à Bordeaux, la cour a validé la demande de la partie civile de tenir les débats dans une enceinte protégée, excluant de fait les médias et rejetant la demande de Me Denis Fayolle, qui a rejoint l’ancien toulonnais Me Filip Fitzgerald pour gérer les intérêts de Rory Grice.

Un verdict attendu sous haute surveillance

Seuls les proches des accusés et de la victime seront autorisés à suivre les témoignages et les expertises qui se succéderont dans les prochains jours. Ce procès en appel, délocalisé en Charente, doit faire la lumière définitive sur les événements de cette nuit de mars 2017 à Mérignac. Les trois hommes, qui risquent la confirmation de leurs peines de 12 et 14 ans de prison, entrent désormais dans le vif du sujet.


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