« Le rugby n’est pas éternel » : Comment Uini Atonio préparait déjà sa reconversion à La Rochelle

« Le rugby n’est pas éternel » : Comment Uini Atonio préparait déjà sa reconversion à La Rochelle

Le mercredi 28 janvier 2026 à 18:19 par David Demri

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L’annonce a glacé le monde du rugby ce mercredi : Uini Atonio, le pilier droit emblématique du XV de France et du Stade Rochelais, est contraint de mettre un terme définitif à sa carrière à l’âge de 35 ans.

Hospitalisé en soins intensifs dans un état stable après un accident cardiaque survenu mardi, le colosse laisse derrière lui un vide immense, lui qui confiait encore son bonheur de jouer il y a quelques jours.

Un destin brisé en pleine forme

Alors qu’il s’apprêtait à défier l’Irlande, Uini Atonio semblait ignorer le poids des années, porté par une passion restée intacte depuis ses débuts. « Dans ma tête, j’ai l’impression d’avoir 21 ans », expliquait-il avec cette sincérité qui le caractérise.

« Je sais bien que ce n’est pas le cas de mon corps mais je me réveille chaque matin en me disant que je fais le plus beau métier du monde. Quoi de mieux que de se lever pour aller jouer au ballon ? »

L’hommage au « Phare » de La Rochelle

Pour Jean-Pierre Elissalde, figure historique du club maritime, Atonio était bien plus qu’un simple joueur de 145 kg.

« C’est un phare, qui éclaire mais qui n’éblouit pas », résume-t-il avec émotion via Le Parisien. « Ce qui est le plus marquant chez Uini, c’est sa bonhommie. C’est quelqu’un d’avenant qui a toujours le sourire. Pour lui, le sport, c’est sérieux mais ce n’est pas grave. Il ne s’est jamais pris la tête pour le rugby. »

La famille, moteur de sa longévité

Arrivé en 2011 en Charente-Maritime, le natif de Nouvelle-Zélande s’était construit un équilibre parfait qu’il plaçait au-dessus de tout. « Je me sens bien ici », soulignait le pilier.

« Nous formons un cocon avec ma femme, mon fils de 9 ans et ma fille de 5 ans. Je joue pour eux désormais et il n’y a pas de plus grande fierté. C’est ça qui explique ma longévité. J’ai envie de continuer parce que je suis heureux comme ça. »

Un après-rugby déjà anticipé

S’il n’avait pas prévu une sortie aussi brutale, Uini Atonio avait eu le flair de préparer sa reconversion depuis plusieurs années.

« La période du Covid m’a fait réfléchir », analysait-il. « Cela m’a fait prendre conscience que le rugby ne serait pas éternel. J’ai ouvert un restaurant à La Rochelle, j’ai lancé une marque de bière à mon nom et dernièrement j’ai commencé à passer mes diplômes d’entraîneur. Je sais que je n’aurai pas tout à fait le même style de vie quand ma carrière s’arrêtera mais je veux que ça s’en rapproche le plus possible. »

Un dernier plaisir avec la génération Dupont

Malgré ses 68 sélections, il restait admiratif du talent qui l’entourait chez les Bleus, savourant chaque instant passé à Marcoussis.

« Quel bonheur de jouer avec des Dupont ou Bielle-Biarrey », s’extasiait-il la semaine dernière. « C’est pour ça aussi que je veux me donner à fond et aller le plus loin possible. On verra bien. Je sais que l’on n’a pas tous la chance de choisir notre sortie. » Le destin lui aura finalement imposé la sienne, laissant le rugby français orphelin de son sourire le plus contagieux.

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