« Le tandem Bouvier-Le Priol n’avait aucune limite » : le réquisitoire du procès Aramburu
« Le tandem Bouvier-Le Priol n’avait aucune limite » : le réquisitoire du procès Aramburu
Le jeudi 24 septembre 2026 à 9:29 par David Demri
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Vingt-sept ans de réclusion contre Loïk Le Priol et vingt ans contre Romain Bouvier : l’avocat général Philippe Courroye a prononcé mercredi de lourdes réquisitions au procès de l’assassinat de Federico Martin Aramburu. Le premier est poursuivi pour assassinat, le second pour tentative d’assassinat. Le ministère public a en revanche demandé l’acquittement de Lyson R. concernant la complicité de tentative d’assassinat.
Le réquisitoire intervient plus de quatre ans après la mort de l’ancien international argentin, le 19 mars 2022 à Paris. L’accusation soutient notamment la préméditation et l’intention homicide des deux principaux accusés, qui les contestent.
« Le tandem Bouvier-Le Priol n’avait aucune limite »
Durant son réquisitoire, Philippe Courroye a insisté sur ce qu’il considère comme la dangerosité des deux hommes et leur responsabilité dans l’enchaînement des faits.
L’avocat général a employé des mots particulièrement forts :
« Le tandem Bouvier-Le Priol n’avait aucune limite ce jour-là. Ils ont appliqué leur justice privée dans laquelle la peine de mort n’a pas été abolie. »
Pour le ministère public, les événements ayant conduit à la mort de Federico Aramburu ne relèvent donc pas d’un simple enchaînement incontrôlé.
L’accusation soutient la préméditation
Philippe Courroye s’est notamment appuyé sur les témoignages recueillis dans le dossier pour défendre cette qualification.
Selon l’avocat général, la convergence des témoignages est déterminante :
« La somme de témoignages que nous avons dans ce dossier et leur convergence ne les rendent pas soupçonnables. Tous décrivent la fureur de Le Priol et Bouvier après la première échauffourée. Ils nous disent que Le Priol est déterminé et armé. »
Il estime que les propos rapportés par des témoins permettent d’étayer la préméditation :
« Déterminé à quoi ? À tuer, comme il l’a dit au videur et à un serveur. Ce ne sont pas des paroles en l’air. Elles assoient la préméditation. »
La défense a contesté au cours du procès plusieurs éléments de cette lecture des événements et les deux principaux accusés nient l’intention homicide.
« C’est une chasse à l’homme »
Concernant Loïk Le Priol, l’avocat général a également rejeté la thèse de la légitime défense soutenue par l’accusé.
Philippe Courroye décrit une poursuite délibérée. Des propos rapportés par L’équipe :
« C’est une chasse à l’homme. Tel un chasseur, Le Priol regarde à chaque intersection. Et comme à la chasse à courre, où on créance un gibier bien spécifique, ici c’est Aramburu la cible, celui qui a humilié le grand Loïk Le Priol. »
Pour l’accusation, les tirs caractérisent l’intention homicide :
« Les trois balles dans le dos d’un homme sans arme et déjà blessé par deux balles signent l’intention homicide. »
L’accusation s’est également référée aux expertises psychiatriques présentées au procès, qui n’ont pas retenu d’altération du discernement liée au stress post-traumatique invoqué par Le Priol, selon le compte rendu d’audience.
Trois ans requis contre Lyson R. et Antony S.
La situation de Lyson R. est différente. Philippe Courroye a demandé son acquittement pour la complicité de tentative d’assassinat, estimant ne pas disposer de la certitude qu’elle savait Romain Bouvier armé et prêt à tirer.
Il a néanmoins requis trois ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis, contre elle pour soustraction, recel et destruction de preuves.
La même peine de trois ans a été requise contre Antony S., mais avec deux années assorties du sursis, également pour des faits liés à la soustraction, au recel et à la destruction de preuves.
Au terme de son réquisitoire, Philippe Courroye a ainsi demandé à la cour de condamner Loïk Le Priol à vingt-sept ans de réclusion et Romain Bouvier à vingt ans, assortis d’une obligation de soins socio-médicaux. Il appartient désormais à la cour d’assises de Paris de se prononcer sur la culpabilité et, le cas échéant, sur les peines.

