Les coulisses du retour de l’USAP dans le Top 14 après un début de saison catastrophique
Les coulisses du retour de l’USAP dans le Top 14 après un début de saison catastrophique
Le lundi 5 janvier 2026 à 9:49 par David Demri
0 Commentaire
Publicité
Il y a des victoires qui pèsent plus lourd qu’un simple résultat. Celle de l’USAP face au Stade Toulousain, samedi à Aimé-Giral (30-27), appartient à cette catégorie. Parce qu’elle raconte bien plus qu’un match gagné sur le fil : elle raconte une équipe qui a retrouvé son identité, un public qui a repris sa place et un club qui s’est remis à croire en lui-même.
Il y a encore deux mois, le décor était tout autre. Les tribunes grondaient, la défiance s’installait et la défaite contre le Stade Français (11-28) laissait une impression de rupture. Samedi, le même stade vibrait comme rarement. Une transformation spectaculaire, que le nouveau manager catalan n’a jamais cessé d’appeler de ses vœux. « J’espère que le public a trouvé, en tout cas sur l’état d’esprit, une équipe à laquelle il peut s’identifier », glissait Laurent Labit via L’Indépendant, lucide mais satisfait.
Cette reconnexion était une urgence. Le jeu pouvait être imparfait, les résultats encore fragiles, mais l’USAP devait redevenir reconnaissable. Désormais, même dans la difficulté, Perpignan ne triche plus. Le public le ressent, l’accepte, et surtout le rend au centuple. « Il est toujours présent de toute façon », rappelle Labit. Samedi, il a surtout été décisif.
Après l’essai de Peceli Yato à l’heure de jeu, Aimé-Giral a changé de dimension. Un grondement continu, presque physique, qui a porté chaque action décisive : l’interception d’Alivereti Duguivalu, l’essai de Joaquín Oviedo, la transformation d’Antoine Aucagne, la mêlée obtenue dans les dernières minutes, puis cette ultime interception salvatrice. Le stade n’accompagnait plus le match, il en faisait partie. « Cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu autant de bruit ici », confiait un proche du club, encore sonné par l’intensité du moment.
Sur la pelouse, les joueurs ont pleinement mesuré ce qu’ils venaient de vivre. « Il n’y a même pas de mots pour décrire cette ambiance », avouait Maxim Granell, encore ému. « C’est de la fierté d’avoir le public qui nous suit comme ça, qui nous gueule derrière. C’est le meilleur moment de ma carrière. C’était incroyable ! »
Au-delà de l’émotion, cette victoire confirme une évolution profonde. Dans les têtes d’abord. « Avant, on avait une sorte de peur. Mais là, quand on se regarde dans les yeux, ça se voit qu’on est prêts. Je pense qu’on a vu le vrai visage de notre équipe », expliquait Giorgi Tetrashvili après Clermont.
Un constat prolongé samedi par Bruce Devaux : « Mentalement, on est mieux qu’en début de saison. Avant, surtout en deuxième mi-temps, on lâchait un peu ». Le pilier détaillait aussi le travail invisible, celui qui change une équipe : « Il y a tous les mecs qui travaillent énormément. Même pendant les vacances, pendant les fêtes, etc. On a fait des extras dehors avec Lucas Velarte notamment. Je pense que c’est très important et ça va mener l’équipe à la victoire ».
Ce changement ne doit rien au hasard. Il s’appuie sur un discours clair et une exigence retrouvée. « On enchaîne les bonnes prestations à ce niveau-là », insistait Laurent Labit, avant de rappeler le cadre : « On veut laisser le club en Top 14. Pour ça, il faut que les joueurs soient à leur meilleur niveau. Le maillot, il appartient à l’USAP. Il n’appartient pas aux joueurs. Il faut qu’ils aillent le chercher, qu’ils méritent de jouer. Et il faut être au niveau de ce public. C’est cette communion-là qui fera que le club continuera à grandir et revivra de belles heures comme il a vécu. C’est ce qu’on cherche. »
En ce début d’année, Perpignan a envoyé un message clair. L’USAP ne se contente plus de survivre, elle se bat pour redevenir elle-même.
Publicité
0 Commentaire
