Les coulisses du retour de Will Skelton à la compétition contre le Rugby Club Toulonnais
Les coulisses du retour de Will Skelton à la compétition contre le Rugby Club Toulonnais
Le dimanche 4 janvier 2026 à 16:10 par David Demri
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À 33 ans, Will Skelton n’avance plus au même rythme que le calendrier. Et c’est précisément ce que son retour progressif dans le groupe rochelais illustre. Longtemps ménagé après sa blessure contractée début novembre, le deuxième ligne australien effectue son retour sur le banc face à Toulon, ce dimanche soir à Marcel-Deflandre (21 h 05), au terme d’un processus volontairement étiré.
Le Stade Rochelais n’a rien précipité. Ronan O’Gara l’avait annoncé dès jeudi : « On verra ses sensations samedi, mais il est très proche. » L’Irlandais a tenu parole. Ce n’est qu’à la veille du match que la décision a été prise d’intégrer Skelton dans le groupe. Un retour symbolique, presque discret, puisqu’il ne s’agira que de sa quatrième apparition de la saison avec les Maritimes.
Victime d’une lésion de la syndesmose lors du match aller contre Toulon, le 8 novembre, le colosse australien (2,03 m, 145 kg) a d’abord traversé une longue phase de protection, botté pendant près de trois semaines, alors qu’un retour rapide était théoriquement envisageable. Le staff a préféré la prudence.
« C’est un joueur à part avec son physique, il est hyper professionnel mais son corps ne réagit pas comme les autres. Pour qu’il soit performant et en confiance, il faut que tout soit aligné », explique Ronan O’Gara dans les colonnes de Sud-Ouest. « On a pris beaucoup de temps pour qu’il soit en bon état. »
Même la préparation a été adaptée. « Avec le froid cette semaine, on n’avait pas le droit de s’entraîner sur l’herbe et je ne voulais pas le faire s’entraîner sur le synthétique », précise le manager rochelais, soucieux de ne pas multiplier les risques inutiles.
Une année hachée, un corps à écouter
Pour Skelton, ce retour s’inscrit dans une réflexion plus large sur sa gestion physique. « Je veux m’assurer que je serai à 100 % quand je reviendrai », confiait-il début décembre. Une phrase qui résume une année 2025 morcelée entre club, sélection et blessures.
L’Australien raconte une saison sans véritable continuité. « En Top 14, j’ai terminé la saison dernière à Pau, puis je suis parti en Australie pour affronter les Lions – quelque chose de spécial, j’étais très heureux. Le “momentum” était bon, on m’a demandé de continuer à jouer avec la sélection (…) et d’allonger un peu plus ma saison… » Malgré le repos accordé par La Rochelle, « le club a été génial en me donnant du repos à la maison, pour que je reste frais mentalement », Skelton a rapidement été rappelé par les Wallabies.
Cet aller-retour express entre hémisphères a laissé des traces. « Cet aller-retour était bizarre, je n’avais jamais fait ça auparavant. Malheureusement, j’ai fait un KO. Les blessures arrivent, ça fait partie du rugby. »
De retour en Top 14 début novembre, il force un peu le destin. « J’étais un peu rouillé (…) même si je me suis fait mal à la cheville dès la première minute. (…) Je voulais vraiment jouer à Toulon. Ce n’était peut-être pas une bonne idée… » Le constat est sans détour : « Parce que si je continue comme ça, des absences de six à huit semaines vont se répéter. »
Club et sélection : trouver l’équilibre
Aujourd’hui, Skelton assume cette nouvelle approche. « Je m’adapte. Jouer pour son pays est un grand honneur (…) Mais on doit s’assurer qu’il y a un plan pour en ressortir le meilleur pour moi. » Une priorité qui va au-delà du terrain. « Si je dois enchaîner des matchs pour La Rochelle et l’Australie, je veux vraiment être certain que mon corps va bien et que ma famille est heureuse. »
Son raisonnement est limpide : « Je sais exactement pourquoi je joue pour l’Australie. C’est parce que je joue bien pour mon club. Si je ne peux pas le faire, jouer pour mon pays n’est pas un sujet. »
À l’approche des prochaines saisons, l’international australien aspire à davantage d’anticipation. « J’espère que la saison prochaine, nous pourrons planifier quels tests je pourrai jouer, ce qui sera le mieux pour moi. J’ai 33 ans, traverser la planète pour jouer uniquement un match… Ce n’est peut-être pas le mieux. »
O’Gara, un allié clé
Dans cette réflexion, Skelton sait pouvoir compter sur son manager. « On est comme ses enfants. Il est le chef, il veut que nous puissions réussir avec La Rochelle et jouer bien assez pour mériter une sélection. » Une relation de confiance assumée : « C’est génial d’avoir un coach comme ça, qui a de l’ambition non seulement pour le groupe mais aussi pour ses joueurs. »
Dimanche soir, à Marcel-Deflandre, le retour de Will Skelton ne sera peut-être pas spectaculaire. Mais il symbolise une certitude nouvelle : à La Rochelle, le temps long est devenu une arme, pas une contrainte.
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Ouh là là,je ne dis que ça.Les boucheries sont elles ouvertes ce soir ?