« Les gens n’allaient plus venir au stade » : la mise en garde de Benoît Paillaugue

« Les gens n’allaient plus venir au stade » : la mise en garde de Benoît Paillaugue

Le samedi 20 juin 2026 à 20:06 par David Demri

Ne ratez plus aucune actu du RCT
Suivre Blog RCT sur Google

Publicité

Longtemps identifié comme une équipe bâtie autour de sa puissance et de sa défense, Montpellier a considérablement enrichi son rugby cette saison. Derrière cette évolution, un homme a joué un rôle majeur : Benoît Paillaugue.

L’entraîneur de l’attaque du MHR est revenu sur les coulisses de cette transformation, le moment où tout a basculé et les ambitions du club pour les saisons à venir.

Benoît Paillaugue travaillait déjà sur cette évolution

Lorsque Joan Caudullo et Benoît Paillaugue ont repris les commandes de l’équipe, la priorité était ailleurs.

Le technicien montpelliérain rappelle que le projet initial reposait avant tout sur la conquête et la défense.

« Quand nous avons pris l’équipe l’an dernier avec Joan, le projet était très clair : mettre un gros focus sur la conquête et la défense. L’idée était de reconstruire un socle fort et de retrouver l’ADN qui avait longtemps fait la force du club. »

Mais dans l’ombre, Benoît Paillaugue préparait déjà la suite.

« Je travaillais un peu en sous-marin. J’avais envie que notre jeu ressemble davantage à ce que j’aimais proposer lorsque j’étais joueur : faire vivre le ballon, créer du mouvement. Mais il fallait d’abord bâtir des fondations solides. »

Les résultats sont ensuite arrivés et le staff a progressivement ouvert davantage le jeu.

Une discussion avec Joan Caudullo a tout changé

Le véritable tournant de la saison remonte au mois de novembre, après une courte défaite à domicile contre Clermont.

Benoît Paillaugue a alors tenu un discours très clair à son manager.

« Je lui ai dit que si nous nous contentions de mettre le pied sur le ballon et de rendre systématiquement la possession, nous allions nous exposer aux contres sans exploiter nos qualités. »

L’ancien demi de mêlée va même plus loin dans son analyse.

« Surtout, nous n’allions pas proposer de spectacle et les gens n’allaient plus venir au stade. »

À partir de ce moment-là, Montpellier décide d’utiliser sa défense comme une arme offensive.

Le projet évolue rapidement.

« Nous avons donc décidé d’utiliser notre défense comme une arme pour récupérer des ballons et mettre davantage de vitesse sur ces phases de transition. Nous avons cherché à multiplier les passes, les offloads, à jouer plus debout. »

Les avants au cœur du nouveau rugby montpelliérain

Cette transformation a notamment été rendue possible grâce au profil du paquet d’avants héraultais.

Benoît Paillaugue estime que plusieurs joueurs possèdent de vraies qualités techniques ballon en main.

« Nous avons beaucoup de joueurs capables de manier le ballon : Verhaeghe, Forletta, Tolofua, Vunipola, Nouchi et d’autres. Ce sont des joueurs qui peuvent faire vivre le jeu. »

L’entraîneur met particulièrement en avant un secteur qui a énormément progressé.

« L’une de nos plus grandes progressions a été cette capacité à faire des petites passes devant la défense avec les avants. »

Aujourd’hui, cette philosophie fait l’unanimité au sein du groupe.

Une évolution qui porte ses fruits

Les résultats obtenus cette saison confortent le staff dans ses choix.

Montpellier a gagné en efficacité offensive tout en conservant son identité.

Benoît Paillaugue se réjouit de voir le public répondre présent.

« Nous voulons proposer un rugby plus attractif, aussi pour attirer davantage de monde au stade. On voit que cela porte ses fruits, à la fois dans les résultats et dans l’affluence. »

Il apprécie également l’équilibre trouvé par son équipe.

« La répartition des essais est assez équilibrée entre les avants et les trois-quarts, je crois qu’on est à 55/45 et cela me plaît beaucoup. »

Le recrutement doit permettre de franchir un nouveau cap

Le MHR ne compte pas s’arrêter là.

Plusieurs recrues doivent permettre à l’équipe de continuer sa progression offensive.

Benoît Paillaugue cite notamment plusieurs joueurs attendus.

« Langi Gleeson devrait nous apporter dans ce secteur, de même que Dimitri Delibes derrière, Maël Moustin sera plus souvent avec nous, Justo Piccardo aura encore plus de repères collectifs. »

« Le plus dur commence maintenant »

L’ancien demi de mêlée reconnaît également avoir beaucoup appris depuis son arrivée dans le staff professionnel.

Avec le recul, il estime avoir fait évoluer sa méthode.

« La première année, j’ai sans doute voulu trop marquer la différence entre l’ancien joueur que j’étais et l’entraîneur que je devenais. Avec le recul, ce n’était probablement pas la meilleure approche. »

Aujourd’hui, le regard est déjà tourné vers l’avenir.

Et Benoît Paillaugue sait que Montpellier sera désormais attendu au tournant.

« Parce qu’en un an et demi, nous avons remporté un titre et qualifié l’équipe pour une demi-finale. Désormais, nous allons être attendus. »

Avant de conclure avec une phrase forte.

« Or, rester durablement au plus haut niveau est souvent plus difficile que d’y arriver. Le plus dur commence maintenant. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

0 Commentaire