Les précisions de Yannick Bru sur le recrutement de l’Union Bordeaux-Bègles

Les précisions de Yannick Bru sur le recrutement de l’Union Bordeaux-Bègles

Le mardi 25 août 2026 à 22:28 par David Demri

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Après une saison frustrante malgré un effectif de très haut niveau, l’Union Bordeaux-Bègles veut repartir sur de nouvelles bases.

Recrutement ciblé, réflexion sur les blessures, remise en question du fonctionnement du staff… Yannick Bru a détaillé les nombreux enseignements tirés de l’exercice précédent et expliqué comment son club compte franchir un nouveau cap.

Le manager girondin assure que cette intersaison n’a pas seulement été consacrée au recrutement. L’ensemble du fonctionnement du club a été passé au crible afin d’identifier les points qui ont empêché l’UBB d’aller au bout de ses ambitions.

Un recrutement pensé pour rééquilibrer l’effectif

Yannick Bru explique dans Midi Olympique que l’UBB a cherché avant tout à renforcer son pack tout en préparant l’avenir derrière.

« On travaille de concert avec la direction du club et notamment de Laurent Marti, qui est un appui fort sur la construction du futur en termes d’effectifs. Notre credo, depuis deux ans maintenant, c’est rétablir un équilibre de nos forces. On sait que derrière, au niveau de notre ligne de trois-quarts, on a une force de frappe qui est importante, qui est là, qui fait partie de notre actif. La volonté, c’était l’année dernière de densifier notre huit de devant, de le densifier en nombre, mais aussi en rudesse, en épaisseur physique. »

Pour répondre à cet objectif, plusieurs recrues sont venues renforcer les avants bordelais.

Le manager de l’UBB détaille les profils recherchés et explique pourquoi ces joueurs ont été choisis.

« Donc cette année, on a recruté Lasha Pkhakadze, pilier polyvalent et très prometteur de Nevers, à qui il faudra forcément un temps d’adaptation, mais qui coche pas mal de qualités qui nous intéressaient. On a aussi pris Alex Moon, dans une logique d’être plus tout-terrain, et de densifier encore notre pack. Et puis, bien sûr, Tom Willis, qui souhaitait retrouver le Top 14 et plus particulièrement le club. Ces trois renforts devant sont dans notre logique de densification de notre pack, de rééquilibrage de nos forces. »

L’UBB n’a toutefois pas oublié de préparer l’avenir de sa ligne de trois-quarts.

Yannick Bru rappelle que le club continue de miser sur de jeunes joueurs à fort potentiel.

« Et puis, derrière, on a recruté deux jeunes rookies, Thomas Delpeuch et Hugo Amogadro, comme l’UBB aime le faire, parce qu’il faut qu’on anticipe nos plans de succession au niveau de notre ligne de trois-quarts. Ça fait beaucoup de saisons maintenant que l’UBB, et même avant que j’arrive, investit sur des jeunes à très fort potentiel. Hugo et Thomas s’inscrivent dans cette logique. Et enfin, face à l’indisponibilité longue de Rohan Janse van Rensburg, il a fallu qu’on se couvre avec un polyvalent derrière. C’est Dan Du Plessis, un joueur qui aurait pu déjà nous rejoindre il y a trois ans mais qui avait choisi de rester aux Stormers. On le connaît bien avec Noel McNamara. On lui a dit : mieux vaut tard que jamais ! Il est venu voir ce qui se passait du côté de l’UBB. Il n’est pas forcément dans le profil brutal attendu des Sud-Africains, mais c’est un bel athlète, polyvalent, qui a aussi de très bonnes mains, avec de l’expérience. »

Les blessures ont profondément marqué la réflexion du staff

Le recrutement n’est cependant qu’une partie des changements entrepris cet été.

Yannick Bru reconnaît que les nombreuses blessures de la saison passée ont pesé très lourd dans les performances de son équipe.

« Une des conclusions de l’analyse de la saison dernière a été l’indisponibilité d’une partie de notre effectif. En tout cas, les blessures ciblées et souvent aux mêmes postes. Les neufs, par exemple, avec Martin Page Relo et Max Lucu qui ont été blessés longuement la saison dernière. Les centres, Nicolas Depoortere, Yoram Moefana, Rohan Janse Van Rensburg blessés. Les deuxième ligne avec Adam Coleman et Cyril Cazeaux. Enfin, nos troisième ligne, Jean-Luc Du Preez, Pierre Bochaton, Marco Gazzotti ou Romain Gardrat. On a déploré des blessures concentrées sur les mêmes postes et sur des périodes qui ont duré. »

Le technicien bordelais estime que cette accumulation d’absences a fini par coûter cher à son équipe.

Selon lui, le staff a dû revoir sa manière de gérer l’effectif.

« Donc l’analyse du « pourquoi » a été aussi un élément important de notre réflexion. C’est un des paramètres qui nous ont forcés, parfois, à surutiliser certains joueurs, ce qui nous a probablement conduits à avoir moins de carburant en fin de saison. J’ai l’impression que sur cette troisième année, on est un peu revenus sur les mêmes menaces qu’on avait connues en année 1. On s’était fait atomiser par Toulouse en fin de saison car nous étions plus ou moins cramoisis. Cela nous a poussés à une réflexion sur des nouveaux processus qu’on doit mettre en place au niveau du staff, pour cibler ce secteur de la disponibilité de l’effectif sur l’ensemble des onze mois de la saison. »

Transformer l’autocritique en actions

Au-delà des blessures, Yannick Bru estime que son équipe a retrouvé certains défauts déjà observés lors de sa première saison à Bordeaux.

Le manager reconnaît que plusieurs constats se répètent malgré les progrès réalisés depuis son arrivée.

« Pour être honnête, le récapitulatif de la « saison 3 » a quasiment livré les mêmes constats que celui de la « saison 1 ». Pour des raisons différentes, probablement, que nous avons analysées. Nous avons disputé trente-neuf matchs en « saison 2 », puis trente-cinq en « saison 3 » avec aussi un apprentissage pour nous de la gestion des trois compétitions, à savoir la Champions Cup, le Top 14 et le parcours international d’une grande partie de notre effectif. Cet enchevêtrement des cibles, c’est aussi un apprentissage pour nous et on commence à avoir plus de connaissances et plus d’outils. Mais cette troisième année a été par moments hyper challengeante. On a eu l’impression d’être tout le temps sur la ligne de crête. »

Enfin, Yannick Bru espère que l’élimination prématurée de son équipe en Top 14 servira de moteur pour la saison à venir.

Le manager veut désormais que les analyses débouchent sur des changements concrets.

« L’avenir nous le dira. La nature du sportif de haut niveau et du sport de haut niveau, c’est qu’il faut savoir utiliser le rebond. On est quand même bien tombés, en fin de saison en Top 14… Quand on prend une bonne gamelle, on a toujours envie de se relever et de recourir plus vite. Désormais, on va voir si ce temps de l’autocritique a été bon. Si cette autocritique est porteuse d’actions, d’actes et de faits pour que les choses changent. Il ne s’agit pas juste de rester dans l’analyse, il faut agir maintenant. J’ai le sentiment qu’il y a une énergie très positive depuis la reprise, que ce soit dans le squad ou l’encadrement de l’équipe. L’atmosphère est vraiment positive par rapport aux analyses qu’on a partagées de la saison passée. Mais la seule vérité, c’est celle des matchs, du terrain. On va essayer de traverser les matchs amicaux sans encombre, et surtout au rendez-vous de la J1, où on disposera de toutes nos forces. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

1 Commentaire

  1. Rugbymaster 25 août 2026 at 22h- Répondre

    Merci encore de s inspirer de Toulouse

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