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Les propos chocs de Didier Casadeï sur le naufrage de la Nationale

Les propos chocs de Didier Casadeï sur le naufrage de la Nationale

Le jeudi 19 mars 2026 à 10:02 par David Demri

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Le rugby français vacille sur ses bases. Alors que les forfaits de Niort et Tarbes viennent de sévir, jetant une ombre glaciale sur la Troisième Division, Didier Casadeï sort du silence.

Le manager de Périgueux, actuel 5e du championnat, livre un diagnostic sans concession sur un système qu’il juge à bout de souffle, où l’humain est sacrifié sur l’autel d’une économie précaire.

Un système qui « fabrique » de la précarité

Derrière les paillettes du Top 14, la réalité de la Nationale est brutale. Pour Didier Casadeï, les récents dépôts de bilan ne sont pas de simples accidents de parcours, mais le symptôme d’un modèle de formation devenu une machine à broyer les rêves.

Via L’équipe, l’ancien technicien de l’élite pointe du doigt l’entonnoir des centres de formation qui saturent le marché :

« Aujourd’hui, il doit y avoir une douzaine de jeunes qui ont fini leur formation à 21-22 ans. Ça fait près de 400 mecs, mais je pense qu’il y a de la place pour seulement 100 d’entre eux. C’est-à-dire qu’on forme des joueurs à être chômeurs à 23 ans », s’insurge-t-il.

Pour ces jeunes, le mirage du professionnalisme débouche trop souvent sur une précarité extrême :

« Pour un jeune, est-ce que ça vaut le coup de prendre le risque de te retrouver joueur professionnel au SMIC en Nationale ou en Nationale 2 ? »

Des joueurs « pris en otage » à 2 000 euros par mois

L’inquiétude du manager de l’UMP est avant tout sociale. Loin des salaires mirobolants de l’élite, les joueurs de Nationale survivent avec des revenus modestes, se retrouvant du jour au lendemain sans ressources lorsque leur club dépose le bilan.

Le constat de Casadeï est un véritable coup de poing :

« Ce qui me désole, c’est la situation des joueurs, qui ne gagnent pas des mille et des cents. Ils sont pros à 2 000 balles par mois. Les mecs n’ont plus de quoi payer leur logement, plus de quoi bouffer… Ils sont pris en otage au dernier moment, on leur dit : « Tu n’es plus payé, tu te démerdes. » »

Face à ce chaos, il appelle à une refonte totale du modèle économique pour protéger ces sportifs de l’ombre.

La Nationale, ce championnat « sous-estimé » par l’élite

Au-delà de la crise financière, Didier Casadeï dénonce un manque de reconnaissance criant pour le niveau de jeu pratiqué en Troisième Division. Selon lui, le fossé entre les centres de formation du Top 14 et la Nationale est largement fantasmé par ceux qui ne s’y frottent jamais.

« Le Championnat est d’un excellent niveau. Il est énormément sous-médiatisé, sous-estimé », martèle l’entraîneur périgourdin. Il va même plus loin en égratignant l’arrogance de certains clubs pros : « On ment aux joueurs qui sont dans ces clubs, en leur laissant penser que le niveau de la Nationale est un peu inférieur au leur. Alors que la plupart des joueurs de centres de formation n’auraient pas leur place en Nationale. »

Équité sportive : « Arrêter de pleurer »

Enfin, alors que les forfaits modifient mécaniquement le classement via des victoires sur tapis vert, Casadeï refuse de s’engager dans la polémique stérile. S’il a lui-même subi cette injustice règlementaire par le passé, il exhorte ses confrères à regarder plus loin que leur intérêt immédiat.

« Tout le monde réagit malheureusement par rapport à sa petite situation personnelle », regrette-t-il, rappelant que Périgueux avait manqué une qualification pour deux points il y a deux ans sans faire de « grands pataquès dans la presse ». Pour lui, l’essentiel est ailleurs : « Honnêtement, je préférerais être 10e au classement et que tous les clubs aient des finances florissantes. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

5 Commentaires

  1. m 19 mars 2026 at 10h- Répondre

    Peut être aussi que le championnat National est peut être un peu trop léger financièrement pour être 100% professionnel.

    Avant les joueurs passaient des diplômes pour une carrière hors rugby, et faisait du rugby à côté. Et parfois ils perçaient. Maintenant, certains font l’inverse et se retrouvent le bec dans l’eau. Mal conseillés, pleins d’illusions, la tête pleine des louanges de leurs proches ou de leurs entraineurs.

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    • loule 19 mars 2026 at 13h- Répondre

      Sauf que pour jouer en nationale on leur demande une prépa et une discipline quotidienne pratiquement équivalente au Top14/ProD2, je ne vois pas comment placer un job dans cette situation bancale qui ne dit pas son nom.

      J’en parle ouvertement car mon fils est dans l’élite jeune en ProD2, je fais très attention au discours qui lui est présenté où qu’il s’imagine et je ne cesse de lui rappeler la situation précaire de certains rugbymen et surtout la fine possibilité qu’il puisse lui même un jour en vivre décemment, et au mieux sur une décennie voir à peine plus. Donc parallèlement mon discours à son égard et mon seul objectif et qu’il trouve sa voie professionnelle avant toutes choses. Je sais que ce n’est pas simple car il m’a dit dernièrement ceci  » Papa ce n’est pas facile de penser concrètement à son avenir professionnel tout en poursuivant son rêve » … En effet, ce n’est pas simple.

      Je suis donc tout à fait d’accord avec les propos de Didier Casadeï.

      • loule 19 mars 2026 at 13h- Répondre

        Je précise que dans le club où il se trouve, le discours est très carré sur le sujet, les coachs leur rappellent souvent que très peu d’entre eux seront pros.

  2. GdPierre84 19 mars 2026 at 11h- Répondre

    Il faut arrêter de faire rêver les gamins et leur dire la vérité. Envoyer des gamins en détection dés 14 ans dans des clubs pro est une connerie monumentale. Les club phare ratissent large et laissent un paquet de jeunes sur le bord du chemin. Avant on faisait des études et on avait un travail ET en parallèle on jouait au Rugby. Si on était bon on jouait en Fédérale, si on était très bon on allait en Nationale. Maintenant tous les moins de 18 se voient international, lâchent les études et se plantent lamentablement au moindre coup de grisou de leur club ou de leur santé.
    Parents, arrêtez de rêvez pour vos enfants.

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    • Derradji Brahim 19 mars 2026 at 12h- Répondre

      Brams84

      Tu as compris
      c’est la base de tout études, formation apprendre un métier en parallèle.