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Les vérités de François Trinh-Duc sur Montpellier avant la finale du Top 14 : « La rage ne suffira pas »

Les vérités de François Trinh-Duc sur Montpellier avant la finale du Top 14 : « La rage ne suffira pas »

Le jeudi 25 juin 2026 à 19:12 par David Demri

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Quinze ans après avoir disputé la seule finale de Top 14 de Montpellier face au Stade Toulousain, François Trinh-Duc voit un parallèle entre les deux générations. Mais pour l’ancien ouvreur international, le véritable renouveau du MHR ne s’explique pas seulement par les résultats. Il est avant tout lié à une identité retrouvée.

Avant la finale de samedi au Stade de France, celui qui avait porté le club jusqu’au rendez-vous de 2011 estime que Montpellier s’est reconstruit en revenant à ce qui faisait sa force il y a quinze ans : un groupe soudé, attaché au maillot et porté par une aventure collective.

« Le retour aux sources, tout ce qui est identitaire, j’y crois vachement »

Pour François Trinh-Duc, le parcours du MHR cette saison n’est pas un hasard comme il l’a longuement expliqué pour Midi Libre.

L’ancien ouvreur explique pourquoi il retrouve des valeurs qui avaient fait le succès de sa génération.

« C’est une histoire de joueurs, effectivement. Avec « Fufu » (Ouedraogo), on se connaît depuis l’âge de 6 ans. Les autres avaient tous fait le centre de formation de Montpellier, depuis les Crabos jusqu’à l’équipe première, pour vivre cette épopée. Aujourd’hui, dans un contexte difficile, le retour aux sources, tout ce qui est identitaire, j’y crois vachement. Je ne parle pas seulement des gens du cru, mais aussi de ceux qui viennent d’horizons différents pour le maillot, pour la région, pour avoir envie d’écrire l’histoire de ce club. »

Selon lui, cette identité doit désormais devenir la base du projet montpelliérain.

« Il y a eu énormément de changements, ça a été les montagnes russes sur pas mal de sujets. De parvenir à se hisser de nouveau en finale, il faut maintenant capitaliser sur cette identité locale, sur ces jeunes qui poussent et les leaders qui se sont affirmés toute l’année. Il faut rappeler que le début de saison a été complexe, personne n’aurait alors mis une pièce sur eux. Ils se sont construits dans l’adversité. Aujourd’hui, ils sont récompensés et payés. »

Cette progression lui rappelle forcément l’équipe avec laquelle il avait atteint la finale du championnat en 2011.

Une aventure humaine qui a marqué toute une génération

Avant d’évoquer la finale à venir, François Trinh-Duc replonge dans ses souvenirs.

Pour lui, l’épopée de 2011 reste avant tout celle d’une bande d’amis qui avait grandi ensemble avant de porter Montpellier jusqu’au Stade de France.

Il garde un souvenir intact de cette saison.

« 2011, c’est d’abord l’apothéose en demie, au Vélodrome de Marseille, avec un stade acquis à notre cause et des drapeaux montpelliérains de partout. On a vécu notre parcours comme une épopée, une aventure avec une bande de potes qui a grandi ensemble dans ce club et, avec l’apport d’un Fabien Galthié, d’un Éric Béchu, on a réussi à se hisser en finale. C’était une année exceptionnelle parce qu’on était content de jouer ensemble, avec des résultats incroyables. Il y avait chaque semaine ce plaisir de prolonger l’aventure humaine. On ne voulait pas se quitter ni partir en vacances séparément… J’en garde des amitiés et des souvenirs forts. »

Même si la finale perdue face au Stade Toulousain laisse encore un goût amer.

« Ça aurait couronné une année exceptionnelle. C’est vrai qu’on meurt à quelques points mais on a beaucoup appris à cette époque-là. Il y a des regrets de ne pas avoir gagné parce qu’on était plein d’énergie et de confiance. Mais on est tombé sur une équipe de Toulouse à l’expérience, habituée aux phases finales et, surtout, aux finales. »

« La rage ne suffira pas »

Si François Trinh-Duc sent une énorme envie dans le groupe actuel, il rappelle qu’une finale ne se gagne jamais uniquement avec l’envie.

Il explique ce qui a permis au MHR de franchir un cap cette saison.

« La rage est un levier de motivation. Quand tu sais ce qu’ils ont vécu, par tous les déboires où ils sont passés il y a deux ans avec l’access-match, ça renforce les liens. Une certaine forme d’humilité s’est installée spontanément, avec une immense motivation. Sauf qu’une finale, malheureusement ou heureusement, ça ne se joue pas qu’à la motivation. Il faudra d’autres ingrédients. Mais je pense justement que d’avoir vécu et surmonté tout ça a permis de connaître le vrai visage des uns des autres, ce qui permet aujourd’hui de jouer plus libéré, en prenant du plaisir dans un jeu qui leur correspond. »

Selon lui, la confrontation entre Montpellier et le Stade Toulousain ne se résumera pas à une simple opposition de styles.

L’ancien international s’attend à une bataille où chaque détail comptera.

« Entre le beau jeu et le jeu pragmatique, celui qui a raison, c’est celui qui gagnera. Montpellier a des bases très solides en défense et en conquête, c’est très important parce que le Stade Toulousain est capable d’allumer le feu et d’avoir des facteurs X à tous les coins du terrain. Il va falloir rester confiants, unis, ça va être une belle finale. Certes il y a une opposition de style, mais aussi d’autres choses à faire valoir des deux côtés, aussi bien sur le côté stratégique, émotionnel, énergétique. »

Il conclut en rappelant que les finales se jouent souvent sur un détail.

« Ça se joue tellement à un détail… En demi-finale, quand l’essai est refusé au Stade Français, ça ne tourne pas à grand-chose, la physionomie du match aurait pu changer. Donc il peut y avoir des faits de match, un placage sanctionné sur vidéo, une bonne pénalité, un drop, un carton. Ça va se jouer à pas grand-chose, les joueurs en sont conscients. »

Pour François Trinh-Duc, cette finale représente aussi une formidable occasion de confirmer la renaissance du Montpellier Hérault Rugby.

Il estime que le club est enfin engagé dans la bonne direction.

« C’est toujours compliqué d’enlever une étiquette à un club. Mais aujourd’hui, ça évolue dans le bon sens, avec une formation qui commence à porter ses fruits, avec des Crabos champions de France, des cadets qui l’ont été il y a un an… Voilà, ça met beaucoup de temps, c’est un travail de sape, petit à petit le club se reconstruit. Ce qui incarne le mieux Montpellier, ce sont ses résultats. Un club sportif est suivi, on s’attache à son identité quand les résultats sont là. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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