Lewis Ludlam bouleversant : « J’étais blessé à l’épaule, mais c’est au cœur que j’avais le plus mal »

Lewis Ludlam bouleversant : « J’étais blessé à l’épaule, mais c’est au cœur que j’avais le plus mal »

Le samedi 12 septembre 2026 à 8:30 par David Demri

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Privé de compétition pendant cinq mois, Lewis Ludlam a traversé une période extrêmement difficile sur le plan psychologique. Le troisième ligne du Rugby Club Toulonnais révèle son sentiment d’impuissance, son obsession pour le rugby et le rôle essentiel joué par sa femme et sa fille.

Regarder ses partenaires se battre sans pouvoir les aider a été une véritable souffrance pour l’international anglais. Habitué à construire son quotidien autour des entraînements et des matches, il n’est jamais réellement parvenu à prendre du recul durant sa convalescence.

« C’était terrible »

Ludlam ne cherche pas à atténuer la violence de ce qu’il a ressenti pendant son absence. Au-delà de son envie de retrouver les terrains, il supportait très mal de voir le RCT en difficulté sans pouvoir intervenir.

Le troisième ligne confie dans les colonnes de Var-matin avoir été profondément affecté par cette impuissance :

« C’était terrible. Terrible. J’aime jouer au rugby, c’est la chose que je préfère dans la vie et j’en ai été privé pendant cinq mois. Et surtout, je ne pouvais pas aider les copains. Je voyais bien qu’on ne s’en sortait pas et j’aurais aimé leur apporter 1 % de plus pour faire la différence. J’étais blessé à l’épaule, mais c’est au cœur que j’avais le plus mal. C’était insupportable. Ça me rendait malade. J’ai vraiment eu du mal. Heureusement, j’avais ma fille à la maison. »

Sa fille lui a permis de rester un père avant d’être un blessé

Alors que son entourage s’inquiétait constamment de son état physique et de son moral, sa fille de 18 mois continuait à se comporter normalement avec lui. Elle ne voyait ni le joueur indisponible ni le troisième ligne en rééducation, simplement son père.

Lewis Ludlam raconte avec émotion cette relation qui lui permettait de respirer :

« C’était la seule personne sur terre à ne pas me voir comme un blessé mais comme son papa. Donc elle continuait de m’escalader sur le dos comme si de rien n’était. Au quotidien, tout le monde s’inquiétait pour ma santé. “Comment vas-tu ? Bien ? Tu es sûr ? Et le moral ?” Elle, elle n’en avait rien à faire. Elle voulait juste se marrer avec son papa. Retrouver son sourire chaque soir a été une bouffée d’oxygène. Ma femme et ma fille ont été ma lumière pendant mon absence. »

Ludlam s’interdisait le moindre loisir

Passionné de photographie, de musique et de cinéma, l’Anglais aurait pu profiter de ses centres d’intérêt pour s’éloigner temporairement du rugby. Il reconnaît pourtant ne pas avoir réussi à s’accorder le moindre moment de détente.

Son impossibilité d’aider le RCT lui donnait le sentiment qu’il n’avait pas le droit de se divertir. Chaque instant de ses journées devait ainsi rester consacré à son retour.

Ludlam admet avoir poussé ce raisonnement jusqu’à l’obsession :

« Je vais être honnête : j’ai eu du mal à faire la part des choses. Ce n’était pas ce qu’il fallait faire, mais je n’arrivais pas à “m’amuser” sachant que j’étais blessé. Quand tu joues le samedi, le dimanche tu peux t’autoriser à prendre du bon temps, à couper du rugby. Mais là, je n’aidais pas l’équipe, je m’interdisais de penser à autre chose qu’au rugby. Comme si je n’avais pas le droit de le faire. »

Cette culpabilité l’a progressivement enfermé dans un quotidien entièrement tourné vers sa rééducation :

« C’était probablement bête, mais chaque seconde de ma journée était dédiée au rugby. Je ne m’autorisais aucun loisir. Je crois que je devenais dingue… Et en même temps, j’aurais eu l’impression de tricher en prenant du bon temps alors que j’étais blessé. Heureusement, c’est désormais derrière moi. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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3 Commentaires

  1. Marc 83 12 septembre 2026 at 09h- Répondre

    Quand on nous demande comment on réagirait dans telle situation. Cela est impossible tant que l’on ne la vie pas. Ces 5 mois ont été ure pour lui, j’espère qu’ a l’avenir tout ira bien pour lui et qui retrouve le plaisir de vivre sa passion.

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  2. JP2683 12 septembre 2026 at 09h- Répondre

    Super Mec , rien a rajouter ……….

  3. Gg13 12 septembre 2026 at 10h- Répondre

    J’ai une grande estime pour lui, mais une telle dépendance à son métier m’inquiète un peu quelque part.
    Heureusement sa fille lui a permis de relativiser et lui montrer qu’il n’y a pas que le rugby dans la vie.
    La santé psychologique des joueurs est importante et une trop grande dépendance à son activité principale peut être un frein à un bon épanouissement.
    Je me suis toujours dit celà intimement à propos de Johnny W aussi. Malgré toute mon admiration pour lui .
    Souhaitons que cette petite épreuve de 5 mois de convalescence que Lewis a subie lui a permis de prendre du recul et grandir psychologiquement pour un meilleur développement personnel.