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L’hommage et le coup de bluff de Gonzalo Quesada avant d’affronter le XV de France

L’hommage et le coup de bluff de Gonzalo Quesada avant d’affronter le XV de France

Le vendredi 20 février 2026 à 9:37 par David Demri

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Et si Rassie Erasmus avait vu juste ? Le sélectionneur des champions du monde sud-africains n’avait pas hésité, fin novembre, à promettre un avenir radieux aux Italiens, les voyant terminer sur le podium du Tournoi. Une analyse qui résonne aujourd’hui avec force après la victoire contre l’Écosse et la résistance héroïque des Transalpins en Irlande.

Gonzalo Quesada, l’architecte de ce renouveau, savoure ces compliments venus du sommet.

Il s’est confié dans L’équipe :

« J’étais très touché. Après nous avoir beaucoup analysés, il sentait que l’équipe progressait et trouvait intéressant ce qu’il voyait dans notre jeu. Puis en novembre, on a fait une belle partie contre eux et Rassie a encore été très sympa avec nous. Ça fait vraiment plaisir bien sûr. C’est la plus grande référence du rugby mondial et il n’était pas obligé de le faire. »

Un groupe élargi malgré les vents contraires

La performance est d’autant plus notable que l’Italie compose avec une infirmerie bien remplie, privée de cadres comme Ange Capuozzo ou Martin Page-Relo.

Quesada souligne la capacité de ses joueurs à se sublimer malgré un contexte national complexe :

« Le grand point positif, c’est qu’on a réussi à avoir un groupe plus élargi alors que les deux franchises (Benetton Trévise et Zebre Parma) ne sont pas en haut de tableau de l’URC (11e et 16e) et que beaucoup de joueurs du groupe ne sont pas forcément les premiers choix dans leur club. Mais tous ont réussi à élever leur niveau à l’approche des matches internationaux. Les choix sont plus réduits et on a moins de moyens que d’autres nations, mais on parvient à les optimiser. Et c’est ce qui m’a séduit dans ce projet. Même si le rugby dans le pays ne traverse pas un moment facile, avec des difficultés financières, on peut bien bosser avec l’équipe nationale. On ne se plaint pas. Tout est fait pour nous mettre dans les meilleures conditions. »

La fin de l’ADN « passoire »

Le principal chantier de l’ancien manager parisien a été la structure défensive.

Fini les scores fleuves encaissés trop facilement, comme lors du lourd revers face aux Bleus l’an passé :

« La dernière défaite difficile à encaisser, c’était contre la France l’an dernier (24-73 à Rome le 23 février) avec un Antoine (Dupont) qui s’était levé énervé », s’amuse-t-il aujourd’hui. Désormais, l’Italie est la nation qui plaque le plus (395 réussis en deux matchs) et qui vole le plus de touches.

« On a toujours cet ADN d’attaque avec une équipe peut-être un peu plus légère que les autres et qui joue bien au rugby, mais on a vraiment bossé sur les bases pour améliorer la conquête, la défense, la discipline et l’alternance. Pas mal de choses qu’on a mises en place commencent à se voir. On a une stratégie claire, plus organisée et mieux équilibrée pour ne pas être complètement prévisible. Avant de penser à marquer plus de points, il fallait surtout penser à en prendre moins facilement. Un des gros chantiers a été le changement de mentalité. L’équipe ne baisse pas les bras quand les choses deviennent difficiles. Elle croit plus en elle, elle montre du caractère. Grâce aux liens entre les mecs, on ne lâche pas les matches. »

Une ambition mesurée face à l’ogre français

Malgré cette pente ascendante, Quesada garde les pieds sur terre avant de retrouver le XV de France à Lille.

Il refuse de s’enflammer, même si la frustration d’avoir échoué de peu à Dublin reste vive :

« On est en colère parce que ça aurait pu être encore plus beau. C’est très frustrant. Même si j’étais vraiment fier des mecs, j’avoue que j’ai eu du mal à m’endormir samedi soir… »

Quant à l’idée de faire tomber les hommes de Fabien Galthié, il la joue profil bas :

« Franchement non. La France pète le feu ! Elle joue à un niveau absolument exceptionnel sur ce Tournoi. Et on sait qu’on ne pourra pas faire que défendre contre elle. Ce serait suicidaire et ridicule stratégiquement. L’an dernier, les Français ont sorti un match de l’espace. Aujourd’hui, ils pensent au Grand Chelem et j’espère qu’ils seront un peu moins inspirés que depuis le début du Tournoi. »

L’Italie, actuelle 4e du classement, se contente pour l’instant de savourer sa consistance :

« Ce sera compliqué. On est déjà contents de ne pas être derniers après les deux premiers matches. On pense juste à la performance et pas du tout au classement. Ça, ça concerne surtout la France, l’Irlande, l’Angleterre et même l’Écosse. Pas nous. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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