L’image du Top 14 est-elle en train de se dégrader ? Elément de réponse !
L’image du Top 14 est-elle en train de se dégrader ? Elément de réponse !
Le mardi 6 janvier 2026 à 15:17 par David Demri
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Le chiffre a frappé. Ce week-end, trois rencontres du Top 14 ont dépassé la barre des 60 points pour une seule équipe. Un alignement rare, presque choquant, qui dépasse le simple fait divers statistique et pose une question de fond : le championnat français est-il en train de perdre en crédibilité sportive ?
Les images ont tourné en boucle. Toulon balayé à Stade Rochelais (66-0), Bayonne submergé à Montpellier (62-20), le Racing 92 explosé à Bordeaux (62-27). Trois naufrages majeurs en une seule journée. Du jamais-vu cette saison. Et surtout, le symptôme le plus visible d’un phénomène qui s’installe depuis septembre.
Sud-Ouest révèle des statistiques qui posent question.
Des chiffres qui ne trompent plus
Près d’un match sur trois s’est terminé cette saison avec un écart supérieur ou égal à 25 points. Pire encore, environ 40 % des rencontres ont vu une équipe inscrire au moins 40 points. Autrement dit, les écarts ne sont plus exceptionnels, ils deviennent structurels.
Il serait trop simple de pointer du doigt un seul club ou un promu en difficulté. La réalité est plus large : quasiment toutes les équipes du championnat ont déjà subi une défaite très lourde. Une seule formation y a échappé jusqu’ici : Montpellier Hérault Rugby. Pour l’instant.
Le discours officiel face à la réalité
Du côté de la Ligue Nationale de Rugby, le message reste le même : le classement est serré, le championnat dense. « Le constat est que le Top 14 est très resserré au classement. » Une lecture reprise par certains acteurs du terrain.
Après la démonstration contre Toulon, Rémi Talès parlait d’un championnat imprévisible : « Ce championnat est fou », rappelant que La Rochelle avait elle-même sombré à Toulouse la semaine précédente. Même son de cloche côté Stade Toulousain, où un cadre reconnaissait : « Il est impossible de se relâcher dans ce championnat : tu le paies directement. Toutes les équipes sont prêtes cette saison. Il n’y a que des gros. »
Les scores, selon la Ligue, ne raconteraient pas toujours le scénario réel des matchs. Et parfois, les faits lui donnent raison. Pau n’était qu’à neuf points de Clermont à dix minutes de la fin avant de s’effondrer. Toulouse menait encore à Bayonne à la 71e minute. Le Racing dominait l’UBB à l’heure de jeu avant d’encaisser un terrible 47-0.
Le poids du calendrier et des choix forcés
Mais derrière ces lectures optimistes se cache une contrainte beaucoup moins avouable : l’usure. Entre Top 14, Champions Cup et fenêtres internationales, les clubs n’ont eu qu’un seul week-end de repos depuis septembre. Une pression constante qui oblige les staffs à faire des choix.
À La Rochelle, Pierre Mignoni n’a pas esquivé le débat : « On nous réduit sur le salary cap, on nous réduit sur les jokers, on nous presse comme des citrons ». Avant de détailler une réalité vécue par de nombreux clubs : « Vous voulez qu’on fasse comment ? Quand tu as 19 absents, tu ne peux pas faire jouer Pierre, Paul, Jacques. Donc tu fais jouer tes ressources au club, et ce sont les jeunes. »
Le manager varois a prolongé son raisonnement, sans détour : « On a un calendrier infernal. On n’est pas des robots. Je parle pour Toulon, mais je parle pour toutes les autres équipes. On nous demande de jouer 11 mois par saison. Je ne vais pas pleurer sur le calendrier […]. Ce que je dis, c’est que je ne peux pas faire autrement. Si ça ne plaît pas, qu’on me donne du salary cap, qu’on me donne des moyens pour avoir trois équipes. »
Un produit fragilisé
La future hausse du salary cap, annoncée à 11 millions d’euros, apparaît comme une réponse partielle. Mais ses effets ne seront pas immédiats. En attendant, le spectacle s’abîme. Les affiches du dimanche soir peinent à tenir leurs promesses, avec déjà six rencontres ayant dépassé les 50 points lors de ces créneaux censés valoriser le championnat.
Ironie de la situation : alors que la Champions Cup est régulièrement critiquée pour son manque d’équilibre, le Top 14 semble aujourd’hui emprunter le même chemin. Une transition presque naturelle, à l’heure où l’Europe reprend ses droits. Jusqu’à l’absurde.
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14 Commentaires

Et le fait que l’on connaisse déjà au premier juillet le champion de la saison qui vient, on en parle ?
Et le 60 points en finale il y a deux ans ?
la finale d’il y a 2 ans, c’est plus un accident qu’une tendance
c’est comme le 6ème gagnant le top 14
ca peut arriver mais depuis que le top 14 existe, ça n’est arrivé qu’une seule fois
L’année dernière si L’ UBB gagne la finale du top 14 il y a rien à dire. Donc le champion n’est pas connu depuis le début de la saison..
En effet, que l’on connaisse le 1er dès le début de saison ne les dérange pas et que Toulouse triche ou prenne des roustes à l’extérieur comme d’autres gros clubs, ne les dérange pas. Mais que Toulon puisse lancer beaucoup de jeunes, alors là, ça devient dangereux pour le rugby et son image.
Et le fait que l’on sache déjà au premier juillet qui sera le champion de la saison qui vient, on en parle ?
Et le 60 points en finale il y a deux ans ?
Je sais pas si l’image du top 14 se dégrade mais pour ma part, il devient juste beaucoup moins intéressant a suivre…
Et je suis loin d’être le seul à le penser
Effectivement il y a encore quelques années je suivais bcp de match autre que le rct, maintenant il y a peu de suspense, on sait que l’équipe a domicile gagne, c’est moins intéressant, heureusement cela devrait changer un peu en se rapprochant de la fin de saison
Déjà supprimer le match du dimanche soir pour ménager les supporters
Qui bossent le lendemain
Et passer au top 12 pour ménager les joueurs
Top 12
22 matchs AR, champion à l’issue des 22 matchs
Europe
9 dates maximum
International
11 dates maximum
Prépa + vacances joueurs
10 semaines
En parallèle des matchs internationaux et européen (20 dates), les clubs jouent avec leur équipe B (15 joueurs espoirs minimum sur les 23 de la feuille de match) une coupe de France avec les clubs de top12 et Pro D2 mélangés (32 clubs)
2 poules de 16, 16 matchs en phase régulière dont certains croisés (donc 8 dates de recettes billetterie supplémentaire pour les clubs au minimum) puis 8èmes, quarts, demies et finale.
Pro D2 passe à 20 clubs, 2 poules de 10
20 dates pour la coupe de France
10 semaines coupure
22 dates de compétitions pour le championnat de Pro D2 avec matchs croisés entre les 2 divisions. Le premier de chaque poule monte en Top12
Top 12 ça serait un mieux mais on verouille encore plus le haut niveau… On gagne 4 dates.
Certains parlent d’un Top16 avec 2 poules de 8. On passe à 14 journées de saison régulière. Du repos, on joue tous les matchs à fond, moins de blessés. Et les internationaux ne sont pas lessivés peuvent même faire la tournée d’été.
Reste les équilibres financiers à trouver avec moins de recettes guichet… Le point noir de ce beau tableau. Réduire les effectifs, imposer un quota de jeunes et moins d’étrangers ?
@Coyote
En effet, 14 journées ça fait 7 réceptions au stade, insuffisant pour les recettes billetterie des clubs.
Dans mon schéma, c’est 11 réceptions pour le championnat + 8 en coupe de France soit 19 réceptions vs 13 aujourd’hui.
Et répartir les cadors sur plusieurs équipes comme en NBA
Dupont à Tarbes , il est du coin
Avec le RCT SR reporté deux clubs ont eu zéro Week end de repos si les autres n’en ont eu qu’un.
Un simple passage au Top 12 réglerait pas de mal choses. Déjà le bonus salary cap n’aurait presque plus de raison d’exister.
Il permettrait aussi des Week end de replis avec le changement climatique.
Il n’y a pas que les scores fleuves et les équipes qui font tourner, il y a le nombre de matchs exagéré sur la saison … mais il y a aussi les magouilles sur le SC d’un club qui participent aussi à la dégradation générale du sport rugby, qui, si l’on persiste dans cette voie, finira dans une indifférence qui a déjà atteint le foot et sa tête de proue, le PSG.