L’ultime électrochoc de Pierre Mignoni a fonctionné pour le RCT
L’ultime électrochoc de Pierre Mignoni a fonctionné pour le RCT
Le dimanche 11 octobre 2026 à 10:10 par David Demri
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Le départ de Pierre Mignoni a provoqué la réaction attendue. Quelques jours après une semaine particulièrement agitée, le Rugby Club Toulonnais a retrouvé de l’agressivité, de l’intensité et surtout un état d’esprit conquérant pour battre le Racing 92 (29-15) à Mayol.
Franck Azéma et Gaël Fickou veulent désormais faire de cette prestation un point de départ, et surtout pas une réaction sans lendemain.
Tout n’a pourtant pas été parfait. Toulon a souffert, commis des fautes et connu quelques périodes de fragilité. Mais le contraste avec la lourde défaite concédée à Montpellier (28-0) une semaine auparavant était saisissant dans l’attitude.
Et forcément, l’ombre de Pierre Mignoni a accompagné cette rencontre.
« La décision de Pierre, c’était d’essayer de provoquer quelque chose »
En décidant de quitter ses fonctions en début de semaine, Pierre Mignoni espérait provoquer une réaction au sein de son groupe.
Quelques jours plus tard, Franck Azéma ne pouvait que constater que l’électrochoc avait fonctionné dans l’immédiat.
Le technicien Toulonnais a tenu à rendre hommage à son ancien manager :
« La décision de Pierre en début de semaine, c’était d’essayer de provoquer quelque chose. En soi, on peut dire que c’est réussi. »
Gaël Fickou a également expliqué à quel point les joueurs avaient pensé à Mignoni avant cette rencontre.
Le capitaine Toulonnais voulait que le groupe réponde sur le terrain :
« On avait à coeur de réussir un énorme match pour nous, pour les supporters et pour lui, pour tout ce qu’il a apporté à ce club. On voulait lui montrer notre état d’esprit, lui montrer qu’il n’a pas fait tout ça pour rien, qu’il s’est sacrifié pour nous, pour l’électrochoc. »
Mais Franck Azéma ne voulait justement plus se contenter de déclarations.
« Il n’y a pas besoin de faire un article la veille ou le lendemain pour dire qu’il faudrait se comporter comme ça. L’essentiel, ce sont les joueurs sur le terrain, ce qu’ils ont envie de faire. »
Toulon a peut-être gagné son match durant les dix premières minutes
Le paradoxe est que le RCT a construit une partie de sa victoire au cours d’une période durant laquelle il a énormément souffert.
Dès le coup d’envoi, Tomás Albornoz envoyait directement le ballon en touche. Le Racing s’installait ensuite dans les 22 mètres Toulonnais et multipliait les séquences.
Les fautes s’accumulaient jusqu’au carton jaune reçu par Kyle Sinckler à la 7ème minute. Mais Toulon ne cédait pas.
Pour Franck Azéma, cette résistance a conditionné la suite :
« Je pense qu’on a gagné le match sur ces dix premières minutes. »
Charles Ollivon partage exactement cette analyse.
« Dès les premières minutes, on a été acculé sur notre ligne, donc ça a été un bon test pour nous. Oui, on a fait quelques fautes, évidemment, parce qu’on a été un petit peu proche de notre zone de marque. Mais on n’a pas pris de point et ça nous a bien resserré dans l’état d’esprit. On est rentré dans le vif du sujet tout de suite et ça nous a permis de ne pas trop gamberger, de ne pas trop réfléchir, de nous jeter dans la bataille rapidement. »
Mayol s’est progressivement réveillé
Après avoir résisté, Toulon a frappé deux fois et le Stade Mayol s’est progressivement libéré.
Une énergie collective immédiatement ressentie par Franck Azéma :
« L’enthousiasme, c’est contagieux. Et ça a contaminé tout le stade. »
Les Rouge et Noir ont néanmoins conservé une approche pragmatique. Plutôt que de chercher systématiquement l’essai, ils ont pris les points lorsque l’occasion se présentait.
Tomás Albornoz s’est montré impeccable face aux perches avec un 7 sur 7, alors que Melvyn Jaminet n’avait pas été retenu dans le groupe.
Fickou connaissait parfaitement le danger du Racing
Ancien joueur du Racing 92, Gaël Fickou savait exactement à quoi s’attendre face à la puissance Francilienne.
Le Toulonnais avait notamment demandé à Juan Ignacio Brex d’agresser très haut les attaquants adverses plutôt que de les attendre.
Fickou raconte l’état d’esprit nécessaire pour répondre physiquement :
« Je les connais par coeur. Je sais que si on attend ces joueurs-là, Vinaya, Josh, tu recules de quinze mètres, tu es pulvérisé. J’ai dit à Nacho qu’il allait falloir se sacrifier. Il m’a dit qu’il n’y avait pas de problème. Et tout le monde s’est un peu sacrifié, parce qu’il faut se les prendre ! Ils font tous 130 kg. Mais dans ce sport, ce qui est beau, ce n’est pas tout le temps les plus costauds qui gagnent. C’est aussi le coeur, c’est aussi l’attitude, c’est ce que tu mets dans les tripes. »
Cette fois, Toulon a maintenu cette intensité jusqu’au terme de la rencontre malgré un Racing qui n’a jamais totalement renoncé.
« Ce match doit être un standard »
C’est désormais tout l’enjeu pour le RCT.
La réaction après le départ de Pierre Mignoni a bien eu lieu. Mais Toulon ne pourra évidemment pas compter sur un nouvel électrochoc de cette ampleur chaque fois que les difficultés réapparaîtront.
Franck Azéma veut donc transformer cette victoire en référence pour son groupe :
« Ce match doit être un standard en termes d’état d’esprit. Ce doit être un repère. »
Gaël Fickou refuse lui aussi de considérer cette victoire comme un aboutissement.
« Ce n’est que le début. Tout n’a pas été parfait, loin de là. Mais il y a eu du mieux, notamment dans l’agressivité, dans l’intensité, dans notre jeu, dans notre stratégie aussi. J’espère que ça a mis en route une mentalité. »
L’électrochoc a fonctionné contre le Racing 92. Le véritable défi commence désormais pour les Toulonnais : reproduire cet état d’esprit sans avoir besoin d’un nouveau séisme pour y parvenir.


J’ai effectivement aimé qu’on prenne les points quand c’était possible. On revient à la base : on pense à marquer des points, puis on pense à gagner le match et ce n’est qu’après qu’on pense au bonus.
Quand on ira mieux, on pourra se permettre d’être plus ambitieux.
Tout à fait d’accord avec vous, très bonne analyse, j’espère qu’ils vont reproduire ce genre de comportement.
Bon bin ça y est maintenant !.. Passons à autre chose , si on le veut bien . C FAIT !.. POINT !… On ouvre une nouvelle page !.. SVP !.. Pfff !!! ….
Sympa ton enthousiasme !
Apres Azema, en terme de jeu, c’est beaucoup plus convaincant qu’avec PM.
On peut apprécier ce dernier mais ne plus supporter son jeu stéréotypé.
Et le premier passage d’Azema seul avec un effectif moins fort etait beaucoup plus convaincant, en terme de jeu, que toute la période PM.