Mateo Garcia a eu une discussion avec Pierre Mignoni qui pourrait tout changer
Mateo Garcia a eu une discussion avec Pierre Mignoni qui pourrait tout changer
Le mercredi 2 septembre 2026 à 9:34 par David Demri
Publicité
L’heure de Mateo Garcia est peut-être arrivée. Cantonné à un rôle secondaire pour sa première année dans le Var, le demi d’ouverture pourrait débuter la nouvelle saison avec le numéro 10 dans le dos samedi à Bayonne.
Tomás Albornoz est suspendu et, lors des premières mises en place, le staff a privilégié l’ancien Bordelais à Luka Keletaona. Une première occasion de montrer qu’il peut prendre davantage de poids dans un RCT dont le projet de jeu a sensiblement évolué.
Ce changement pourrait d’ailleurs parfaitement servir ses qualités. Toulon souhaite sortir d’un rugby parfois trop facilement identifiable la saison dernière. Davantage de lecture, de liberté et de décisions laissées aux joueurs : Garcia retrouve dans cette nouvelle orientation ce qu’il aime chez un ouvreur.
Un nouveau rugby qui convient à Garcia
Le Basque ne cache pas son enthousiasme. Sa montée en responsabilité coïncide avec la volonté du staff de rendre l’attaque toulonnaise moins prévisible.
Garcia estime dans les colonnes de Midi Olympique que cette évolution était devenue nécessaire après le précédent exercice :
« Maintenant, je sais que je vais avoir plus de responsabilités. C’est bien, car je me sens en forme. Il est certain que j’ai envie de bien faire, (…) au sein d’un plan de jeu un peu différent de ce que l’on pouvait avoir l’an passé. Je pense que le groupe avait besoin de ce renouveau, d’un jeu un peu plus imprévisible, en lecture et avec des prises d’initiative. Moi, je suis heureux, car c’est une forme de jeu que j’apprécie. Je me sens déjà à l’aise, on travaille bien avec le groupe et je pense que c’est de bon augure. »
Cette opportunité intervient après une première année qui lui laisse un sentiment mitigé. Garcia a montré par séquences ce qu’il pouvait apporter, avec notamment une prestation remarquée contre Bath en Champions Cup. Mais les blessures et la concurrence ne lui ont pas permis d’occuper la place qu’il espérait.
Il ne cache donc pas une certaine déception au moment de regarder dans le rétroviseur :
« Il y a un peu de frustration, et surtout l’envie de faire mieux. Une forme de frustration, car je n’ai pas joué autant que je l’aurais aimé et voulu. Comme dans toutes les saisons, il y a des plus et des moins. Dans mon apprentissage, j’ai acquis une expérience nouvelle. Maintenant, j’espère entrer un peu plus dans la rotation de l’équipe. Lors des entretiens de fin de saison, j’ai eu une bonne discussion avec Pierre Mignoni. »
Cette entrevue avec Pierre Mignoni semble avoir été importante. Le sujet n’était pas simplement son temps de jeu : Toulon attend désormais de Garcia qu’il devienne davantage un patron.
Pour un ouvreur, cela passe par sa capacité à orienter ses partenaires, mais aussi à mieux anticiper ce que la défense adverse va proposer.
Mignoni lui a notamment demandé de développer son leadership :
« Avant tout, c’était un échange libre, où chacun a pu dire ce qu’il pensait et attendait. C’était important, et il est important de dire que les relations restent très bonnes entre nous, et même avec Franck Azéma qui est revenu au club. Depuis le départ, Pierre cherche à ce que je développe une forme de leadership. Chaque ouvreur doit passer par là. Bien évidemment, j’ai encore une marge de progression sur ma lecture de jeu, et notamment l’anticipation à avoir sur les différentes situations. J’ai essayé de bosser à fond pour répondre à ses attentes. »
Le RCT veut surtout en finir avec ses déplacements ratés
Sa première mission pourrait être particulièrement révélatrice. Le RCT commencera son championnat à Jean-Dauger avec une dette à effacer : son incapacité à afficher le même visage à l’extérieur qu’à Mayol la saison dernière.
Plus que le résultat d’une seule rencontre, Garcia réclame une évolution dans l’attitude. Toulon veut devenir plus difficile à faire craquer lorsque le contexte lui est défavorable.
L’ouvreur attend donc une réaction collective immédiate :
« Sur les premières journées, toutes les cartes sont redistribuées. Comme toutes les équipes, on a à cœur de bien attaquer. Il faut aussi que l’on se rachète une image par rapport à l’an passé. Nous n’avons pas montré notre meilleur visage lors des matchs à l’extérieur, en tout cas, c’était un visage différent de celui que l’on pouvait avoir à domicile. En tant que groupe, et même pour chaque joueur, on se doit d’augmenter le curseur sur ce que l’on produit en déplacement. On doit vraiment faire preuve de beaucoup plus de résilience. Il faut gagner en constance, en solidarité. Ce sont des clés pour réussir un bon début de saison. »
Et pour Garcia, difficile d’imaginer un déplacement plus chargé émotionnellement pour commencer.
Né dans le Pays basque, originaire d’Hendaye et formé notamment à l’Aviron Bayonnais, il retrouvera un environnement qu’il considère toujours comme chez lui. Sa famille et de nombreux amis seront présents à Jean-Dauger.
Mais cette fois, Garcia ne revient pas comme l’enfant du pays. Il pourrait y débarquer avec les clés du jeu toulonnais entre les mains.
Un contexte particulier qu’il entend mettre de côté pendant 80 minutes :
« J’ai toujours une excitation supplémentaire quand je joue à Bayonne, et encore plus maintenant car c’est le premier match de la saison. Il y aura toute ma famille, une grande partie de mes copains. C’est toujours un moment particulier : mon Pays basque, c’est ma vie ! C’est là-bas que je veux vivre après le rugby. C’est là-bas où j’ai une grande partie de mes copains, où j’ai tissé mes premiers souvenirs. Mais, même si c’est un endroit qui compte beaucoup, je reviens quand même avec un autre maillot. Il faut que je puisse faire abstraction de tout ce contexte. Je veux montrer une belle image et être en phase avec le collectif, car ça reste le plus important. Pour que la soirée soit belle, il me faut absolument la victoire. »

