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Matthieu Raynal tire la sonnette d’alarme

Matthieu Raynal tire la sonnette d’alarme

Le samedi 28 février 2026 à 17:14 par David Demri

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Depuis septembre, le paysage disciplinaire du rugby français a adopté une teinte particulière. Pour matérialiser le carton rouge de vingt minutes expérimenté par World Rugby, la France a instauré le « carton orange ».

Cette sanction intermédiaire, destinée aux jeux déloyaux non intentionnels ou au cumul de deux cartons jaunes, vise à offrir une alternative à l’expulsion définitive.

Un usage parcimonieux et une adaptation nécessaire

Après 17 journées, le bilan chiffré révèle une utilisation très modérée : seulement six cartons orange ont été distribués en Top 14.

Pour Mathieu Raynal, patron de l’arbitrage français, cette rareté n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une période de rodage nécessaire.

Il s’est confié via L’équipe

« Quand on met en place quelque chose de nouveau, il faut un peu de temps pour comprendre comment l’utiliser. Il faut trouver le juste milieu et le juste milieu, c’est plus ce qu’on vit d’octobre à aujourd’hui, que ce qu’on a vécu au début de la saison. Le carton orange est à utiliser dans des situations qui divisent l’opinion. Ça représente peu de cas sur une saison, normalement pas plus de 10. Maintenant les mecs savent davantage comment l’utiliser et ça a plus de sens. Mais il y avait besoin de cette période d’adaptation, qui a duré trois mois. »

Un dispositif qui divise les acteurs du jeu

Si l’intention est louable sur le papier, la mise en application laisse sceptiques plusieurs observateurs et techniciens.

Mathieu Raynal rappelle que l’arbitrage restera toujours une science imparfaite :

« Notre sport a une complexité telle qu’il y aura toujours des cas qui feront le débat. Ça fait aussi sa richesse. On peut mettre tout le nuancier de chez Tolens en carton, il y aura toujours du débat. On ne pourra pas traiter toutes les situations en faisant l’unanimité. »

D’autres critiques se portent sur la fluidité du jeu, à l’image de Frédéric Charrier, entraîneur de l’attaque de Clermont :

« Au niveau international, c’est beaucoup plus simple : ils mettent un carton jaune, il y a bunker, ils laissent l’arbitre vidéo prendre la décision et le jeu continue. Là, ils prennent du temps, car ça a quand même une incidence sur le match, sur le terrain tout le monde attend et le public aussi. C’est moins facile en Top 14 pour les arbitres qu’au niveau international »

Vers une suppression du carton rouge définitif ?

La réunion « Shape of the Game » organisée par World Rugby a relancé les inquiétudes, notamment sur une possible généralisation de la sanction de 20 minutes au détriment du carton rouge définitif.

Une perspective qui alarme Joan Caudullo, manager de Montpellier :

« Mettre un carton orange sur quelque chose de grave, pour moi, c’est déconnant. Quand tu fais une erreur sur un terrain de rugby, sans circonstances atténuantes, ça doit être sanctionné et tu finis le match à 14 »

Mathieu Raynal exprime également ses réserves sur l’orientation prise par les instances internationales :

« Pour l’instant, je ne suis pas convaincu par l’utilisation du carton de vingt minutes. Je le suis encore moins par la ligne adoptée par World Rugby. Ils ont annoncé que le carton rouge définitif ne serait utilisé que pour des morsures, des coups de pied ou des coups de poing, soit des gestes hautement dangereux. En gros, ils veulent le faire disparaître au profit de celui de vingt minutes.

Le problème, c’est que la sécurité des joueurs était un pilier fondamental et non négociable de notre sport, et qu’à l’heure actuelle, cette position est remise en question, puisqu’un acte de jeu déloyal grave ne sera pas forcément traité avec un carton rouge définitif. »

Le débat devrait se poursuivre le 13 mars prochain lors de la réunion prévue à Marcoussis entre les différents acteurs du rugby français.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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