Maxime Petitjean : « Le Garrec et Hastoy ont fini derrière moi, ils devaient me payer le goûter ! »
Maxime Petitjean : « Le Garrec et Hastoy ont fini derrière moi, ils devaient me payer le goûter ! »
Le samedi 15 août 2026 à 9:31 par David Demri
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Arrivé cet été dans le staff du XV de France en tant qu’entraîneur du jeu au pied, Maxime Petitjean n’a pas uniquement apporté son expertise technique. Le technicien du Rugby Club Toulonnais a également imposé une philosophie de travail bien à lui, basée sur le plaisir, la compétition et des ateliers pensés pour reproduire les situations de match. Une approche qui a rapidement fait l’unanimité auprès des internationaux français.
Au-delà du travail spécifique des buteurs, le Toulonnais cherche avant tout à rendre chaque exercice vivant et utile, afin que les joueurs assimilent naturellement les principes tactiques travaillés durant la semaine.
Une philosophie basée sur le plaisir de jouer
Pour Maxime Petitjean, un entraînement doit avant tout donner envie aux joueurs.
Plutôt que de multiplier les exercices répétitifs, il préfère intégrer les objectifs tactiques dans des ateliers ludiques où les internationaux travaillent sans toujours avoir le sentiment de répéter les mêmes gestes.
Le technicien explique sa philosophie de travail dans les colonnes de Midi Olympique :
« J’aime toujours lancer mes séances par un exercice ludique. L’idée est d’y intégrer directement ce qu’on veut appliquer le week-end. Par exemple, si l’analyste vidéo montre que l’arrière adverse ferme tôt et qu’il faut taper rasant dans son dos, je crée un jeu basé sur des coups de pied rasants. L’idée, c’est qu’ils travaillent la stratégie sans s’en rendre compte. C’est ma philosophie : les joueurs sont des compétiteurs, mais ce sont aussi de grands enfants qui ont besoin de s’amuser. J’étais pareil quand je jouais. En les lançant avec le sourire, c’est beaucoup plus simple de les amener sur le reste de la séance. »
Des exercices pensés pour reproduire le match
Chaque atelier est conçu pour répondre à une problématique précise identifiée avant la rencontre.
Le but est de recréer les situations qui pourraient se présenter quelques jours plus tard sur le terrain.
Maxime Petitjean détaille l’un de ses exercices favoris.
« Typiquement, ça peut partir d’une mini match de football classique avec des petites cages. Dès qu’un joueur décolle le ballon du sol, son partenaire a le droit de l’attraper à la main, et à partir de cet instant, on bascule sur un jeu au touché classique. Ce système permet de travailler la réception de ballons hauts, puisque dès que le ballon est en l’air, le joueur est obligé de sauter pour le capter. Ça demande de s’organiser ballon en main pour aller marquer des essais. Il y a là une partie de déplacement et de positionnement dans l’espace. Bon je ne vais trop en dire non plus ! Et puis, en fin de séance, bien évidemment, on travaillait les pénaltouches et les coups d’envoi. »
Même les séances de tirs au but se terminent sur une note compétitive.
Le Toulonnais aime stimuler l’orgueil de ses joueurs.
« Les tirs au but, c’est en toute fin de séance. J’aime bien mettre les joueurs un peu en compétition. J’ai d’ailleurs fait un petit concours avec eux, histoire de piquer leur orgueil. D’ailleurs, j’attends toujours ma récompense : Nolann (Le Garrec) et Antoine (Hastoy) ont fini derrière moi. Ils devaient me payer le goûter et je ne l’ai toujours pas vu… J’espère qu’en lisant ça, ils vont s’en rappeler ! »
Des séances adaptées à chaque joueur
Si le travail collectif occupe une place importante, Maxime Petitjean n’hésite pas à individualiser certains ateliers lorsque les joueurs souhaitent développer un aspect précis de leur jeu.
Il prend l’exemple de deux trois-quarts du XV de France.
« Oui, par exemple, Yoram Moefana et Fabien Brau-Boirie voulaient travailler les petits coups de pied par-dessus. Du coup, quand je faisais mes exercices de kicking game, je les mettais avec Patrick Arlettaz. Ils faisaient des petits exercices pour travailler ça. Je disais à Patrick : « Tu les fais bosser comme ça, comme ça, comme ça. » Patrick les prenait, et moi je gardais mes 9, mes 10 et les arrières. Comme ça, on faisait deux petits groupes, et ils ont pu les travailler tranquillement. »
Le coach toulonnais continue également d’innover.
Il dévoile un atelier qu’il a introduit durant cette tournée.
« En ce moment, j’aime travailler sur l’enchaînement de frappes au tir au but. On positionne deux ou trois tees, à la file, espacés d’environ cinq mètres les uns des autres, avec un ballon sur chacun. Le buteur frappe, mais au lieu de s’arrêter, il poursuit sa course, enchaîne vers le tee suivant et frappe à nouveau sans prendre le temps de réajuster ses marques de pas habituelles. C’est excellent pour travailler la fluidité du rythme, la finition du geste et la répétition sous fatigue. C’est un atelier que j’ai introduit cet été lors de la tournée avec le XV de France. »
Une approche qui a convaincu les internationaux
Quelques semaines ont suffi pour que les joueurs adhèrent à cette manière de travailler.
Le technicien du RCT en retire une grande satisfaction.
Il raconte les retours qu’il a reçus au sein du groupe France.
« Les joueurs m’ont confié qu’ils n’avaient pas forcément l’habitude de travailler ainsi, car peu de clubs disposent d’un entraîneur dédié au jeu au pied. Ils m’ont simplement dit qu’ils étaient très contents et satisfaits de ce que je leur avais apporté. Ça correspond à ma philosophie : j’aime être proche des joueurs. C’est d’ailleurs ce que Pierre Mignoni et Franck Azéma me demandent à Toulon : ne pas jouer les pères la rigueur, mais être dans l’accompagnement. J’ai appliqué cette même approche avec le XV de France et j’ai passé de super moments, sur comme en dehors du terrain. J’ai découvert certains joueurs sous un autre jour, loin des préconçus. »
Enfin, Maxime Petitjean ne juge pas son travail uniquement à travers les statistiques.
Pour lui, le premier baromètre reste le ressenti des joueurs, avant la confirmation sur le terrain.
« Le premier indicateur, ce sont les retours des joueurs. Quand un mec te dit à la fin : « C’était chouette ta séance », c’est qu’il a pris du plaisir et qu’il a intégré ce qu’on voulait travailler. Ensuite, le juge de paix, c’est le match. Si la stratégie définie — par exemple du jeu au pied de pression — permet de récupérer 4 ballons sur 5 et de remettre l’équipe dans l’avancée, c’est la preuve que le travail a payé. À l’inverse, si c’est mal exécuté, c’est qu’on ne l’a pas assez ou mal travaillé. Enfin, il y a la réussite chiffrée des buteurs. Je prends l’exemple de Marius Domon à Toulon, avec qui je travaille depuis six ans : il tournait à 94 % de réussite la saison dernière sur plus de 30 tentatives. Il y a six ans, le chantier était vaste. À force de travail, il est devenu un buteur hyper fiable. »
1 Commentaire


Pour jouer d’égal à égal ou pour contrer les Springboks dans leur jeu favori au pied .Ils en ont fait leur arme de récupération idéale en dispersant l’équipe adverse pour développer le danger dans leur moitié de terrain . Bien vu :on ne peut que souscrire !