« Même quand ils sont normaux, ils sont au-dessus des autres » : Toulouse impressionne toujours autant ses rivaux
« Même quand ils sont normaux, ils sont au-dessus des autres » : Toulouse impressionne toujours autant ses rivaux
Le jeudi 3 septembre 2026 à 12:38 par David Demri
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Le Stade Toulousain a déjà égalé sa génération mythique des années 1990 en remportant quatre titres de champion de France consécutifs. Il lui reste désormais une marche, probablement la plus prestigieuse : décrocher un cinquième Bouclier de Brennus d’affilée.
Un quintuplé qu’aucun club français n’a réussi depuis la création du Championnat en 1892. Et peut-être l’ultime immense défi d’une génération qui commence à voir certains de ses cadres préparer leur départ.
L’engouement qui accompagne encore les Rouge et Noir donne la mesure de leur domination actuelle. Cette semaine, près de 15 000 personnes ont fréquenté Ernest-Wallon pour assister aux animations organisées autour de l’entraînement et célébrer une nouvelle fois le dernier Bouclier.
Même le grand Béziers n’a jamais réussi le quintuplé
Depuis 2019, Toulouse a pratiquement relevé tous les défis qui se présentaient à lui.
Le club avait d’abord retrouvé le Brennus après sept années d’attente. Il a ensuite réussi deux doublés Top 14-Champions Cup, en 2021 puis en 2024, avant d’égaler la saison dernière le record de quatre championnats consécutifs de ses glorieux anciens.
Le prochain objectif est donc immense.
Même le grand Béziers, pourtant sacré à dix reprises entre 1971 et 1984, n’avait jamais réussi à enchaîner plus de deux titres. Un cinquième Brennus consécutif placerait donc cette génération toulousaine dans une catégorie à part.
Sur le papier, Toulouse possède encore les armes pour y parvenir. L’arrivée du centre international italien Tommaso Menoncello renforce un effectif qui reste extrêmement riche.
Mais l’été a aussi été agité.
La commission d’appel de la FFR a infligé au club une amende de 2,72 millions d’euros pour des manquements aux règles du salary-cap. Et deux joueurs majeurs, Thomas Ramos et François Cros, ont acté leur départ à l’issue de leur contrat dans un an.
De quoi alimenter l’idée que cette saison pourrait constituer l’un des derniers grands chapitres du cycle actuel.
« Même quand ils sont normaux, ils sont au-dessus des autres »
Les concurrents du Stade Toulousain ne semblent pourtant pas considérer que son règne est terminé.
Fabien Brau-Boirie voit toujours une équipe particulièrement difficile à renverser malgré les changements qui s’annoncent :
« On voit que quelques joueurs commencent à partir et je ne sais pas comment ça va se passer pour eux, mais cette année encore, ils vont avoir une très grosse équipe. »
L’UBB devrait notamment faire partie des principaux candidats pour contester la domination toulousaine. Mais pour Laurent Labit, Toulouse conserve encore une longueur d’avance.
Le manager de Perpignan va même beaucoup plus loin dans son analyse, via L’équipe :
« Les Toulousains ont le droit à des moments d’être juste normaux, je dirais, avec des passages à vide, mais même quand ils sont normaux, ils sont au-dessus des autres. »
Ce qui impressionne surtout Labit n’est plus seulement la qualité individuelle de l’effectif. C’est la capacité du club à recommencer après chaque titre.
À ses yeux, cette culture explique pourquoi Toulouse reste le favori :
« Sans faire injure aux autres équipes, ils font encore figure de grands favoris. Ce qui m’a toujours impressionné chez eux et qui m’impressionne encore, c’est cette capacité à se remettre en question. Gagner une fois, beaucoup peuvent le faire. Mais gagner, regagner et encore regagner, ça demande autre chose. Ce n’est pas juste la qualité intrinsèque des joueurs ou parce qu’ils ont un untel ou untel. C’est la culture générale du club et ça c’est juste impressionnant. »
Cette saison aura également une dimension particulière pour de nombreux internationaux, avec la Coupe du monde 2027 qui se rapproche.
Entre la pression extérieure, les conséquences du dossier salary-cap, les futurs départs de cadres et une concurrence décidée à faire tomber le champion, Toulouse aborde donc une saison singulière.
Avec au bout une récompense qui dépasserait le simple 24e Bouclier de Brennus : devenir la première équipe de toute l’histoire du Championnat de France à être sacrée cinq fois consécutivement.


Cette saison le ST sur sa lancée irrésistible roulera encore sur ses adversaires. L’an prochain, l’effectif verra ses contours redessines par le nouveau SC. Certains départs déjà annoncés. D’autres pourraient suivre pas seulement parmi les trentenaires. Plusieurs clubs émoustillés par la ferme volonté d’équité et d’équilibrage des forces mise en avant par la Ligue, veulent attirer des Toulousains par des salaires attractifs…