Mignoni parti, Lemaître furieux, Serin cash : La semaine a été très tendue au Campus RCT
Mignoni parti, Lemaître furieux, Serin cash : La semaine a été très tendue au Campus RCT
Le samedi 10 octobre 2026 à 10:56 par David Demri
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Le RC Toulonnais vient de vivre une semaine d’une rare intensité. Pierre Mignoni a décidé lundi de quitter le club malgré un contrat courant jusqu’en 2029, provoquant la stupeur de Bernard Lemaître et une violente remise en question du groupe.
Désormais confié à Franck Azéma, le RCT doit immédiatement se relever : le Racing 92 se présente à Mayol ce samedi à 16h35. Et Baptiste Serin ne cherche aucune excuse : les joueurs doivent assumer leur part de responsabilité.
Le départ de Pierre Mignoni a provoqué une véritable onde de choc à Toulon. Très attaché au RCT, l’ancien demi de mêlée a décidé de mettre un terme à sa mission après les mauvais résultats de son équipe.
Pour Bernard Lemaître, avec lequel il entretenait une relation particulièrement forte, la décision a été difficile à encaisser.
Le président Toulonnais a résumé son sentiment en quelques mots.
« Je perds un pilier. »
Bernard Lemaître explose devant ses joueurs
Le lendemain matin, Pierre Mignoni n’avait pas changé d’avis.
Bernard Lemaître a alors réuni ses joueurs au Campus. Pour le président, leur responsabilité dans la situation ne pouvait pas être éludée. Son discours a été particulièrement violent.
Face au groupe, Lemaître n’a pris aucune précaution comme le rappelle L’équipe.
« Vous n’êtes pas des professionnels ! Vous vous mentez à vous-mêmes ! Si vous n’avez pas de projet, vous n’avez plus rien à faire ici. Que ceux qui ne sont pas contents montent dans mon bureau, on réglera les comptes ! »
Quelques heures plus tard, le RCT a affiché publiquement son unité. Une photo du groupe rassemblé en cercle à l’entraînement a été publiée avec un message simple : « On reste soudés et on avance. »
Mais les réponses les plus importantes devront désormais être apportées sur le terrain.
Azéma : « Toulon a perdu une force de frappe »
C’est Franck Azéma qui a récupéré la responsabilité de l’équipe professionnelle. Le technicien n’a pas cherché à minimiser l’impact du départ de Pierre Mignoni.
Le choc a été ressenti par l’ensemble du groupe.
« Tout le monde est choqué. Toulon a perdu une force de frappe. »
Azéma comprend la volonté de Mignoni de provoquer une réaction en quittant ses fonctions, même si ce scénario n’était évidemment pas celui qu’il espérait.
« Ce n’est pas ce que je souhaitais. »
Il espère désormais « que ça aura cet effet-là ».
Franck Azéma connaît d’ailleurs lui-même ce genre de situation. Un an auparavant, il s’était « mis en retrait » après une période de mauvais résultats à Perpignan.
Il comprend donc la décision de son ancien partenaire de staff.
« C’est comme ça… ton appartenance. »
Une première réaction déjà visible à l’entraînement ?
La question est maintenant de savoir si le départ de Mignoni provoquera réellement l’électrochoc recherché.
Franck Azéma a observé quelques premiers signes durant la semaine, mais refuse d’en tirer des conclusions prématurées.
Il attend de voir ces intentions se transformer en actes.
« J’ai vu des attitudes chez certains sur l’engagement, la prise de conscience. C’est trop tôt pour parler de changement. »
Le calendrier ne laisse de toute façon aucun répit au RCT.
« Le Top 14, c’est un TGV. »
Et le Racing 92 arrive déjà à Mayol.
« Ils ont un genou à terre, il faut les finir »
Franck Azéma imagine parfaitement le discours tenu dans le camp Francilien avant ce déplacement.
Toulon traverse une période délicate, vient de perdre son directeur du rugby et apparaît forcément vulnérable.
Le nouveau responsable du groupe Toulonnais s’attend à ce que le Racing cherche immédiatement à profiter de la situation.
« Certainement qu’ils se disent : « ils ont un genou à terre, il faut les finir ». »
Toute la semaine Toulonnaise a donc été articulée autour de notions simples : « engagement », « responsabilités », « fondamentaux », « socle solide », esprit « conquérant » et volonté de « dominer ».
Avec une particularité supplémentaire : Patrice Collazo sera sur le banc adverse.
Un scénario qui rappelle forcément 2021
L’actuel entraîneur du Racing connaît parfaitement Toulon.
Patrice Collazo avait dirigé le RCT entre 2018 et 2021. Bernard Lemaître avait alors placé beaucoup d’espoirs dans le technicien originaire de La Seyne-sur-Mer, qu’il considérait comme son « bâtisseur ».
En octobre 2021, l’aventure s’était pourtant terminée alors que Toulon occupait déjà l’avant-dernière place du championnat. Franck Azéma avait repris l’équipe et accompagné sa remontée jusqu’à une huitième place.
Pour lui, la comparaison avec la situation actuelle s’arrête rapidement.
Azéma refuse de mettre les deux épisodes sur le même plan.
« Ce sont deux situations complètement différentes. »
Baptiste Serin voit, lui, davantage de points communs.
Serin : « C’est exactement la même chose »
Le demi de mêlée était déjà présent lors du précédent bouleversement.
Et ce qu’il vit actuellement lui rappelle clairement l’arrivée de Franck Azéma aux commandes après le départ de Collazo.
Serin assume la comparaison.
« C’est exactement la même chose. Franck nous avait apporté quelques trucs, de la clarté, une direction assez franche sur ce qu’on veut mettre en place. »
Il se souvient surtout de cette « énergie collective que tu mets quand tu es dos au mur, quand tu as un coach qui s’en va ».
C’est précisément cette réaction qu’il attend désormais de son équipe.
« Ça nous pendait au nez »
Baptiste Serin n’a pas cherché à transformer le départ de Mignoni en psychodrame. Il évoque néanmoins une « semaine triste pour le RCT ».
Mais contrairement à d’autres, le demi de mêlée ne donne pas réellement le sentiment d’avoir été totalement surpris par l’issue de la situation.
Ses mots sont particulièrement révélateurs.
« Ça nous pendait au nez. »
Quant au recadrage particulièrement sévère effectué par Bernard Lemaître devant les joueurs, Serin ne le conteste absolument pas.
« Le discours du président est dur mais justifié. »
Et il va même plus loin.
Pour le Toulonnais, personne ne peut aujourd’hui se défausser.
« Tout le monde doit se sentir coupable. »
Le groupe doit désormais « se remettre en question ».
« Le Racing ? Je m’en fous »
Dans ce contexte, Baptiste Serin ne veut même pas perdre son énergie à réfléchir à l’état d’esprit du Racing.
Sa priorité est exclusivement Toulonnaise.
« Je m’en fous, je suis plutôt concentré sur nous. »
Le demi de mêlée attend surtout une réaction collective et individuelle beaucoup plus forte.
Il réclame le retour de cette « niaque » indispensable dans une période aussi délicate.
« Dans les moments durs, monter encore en niveau pour pouvoir sortir le club de cette passe. Voilà tout. Retrouver ces rouages techniques entre nous, cette capacité à jouer ensemble. Être un peu plus sûr de ce qu’on a envie de mettre en place. Ce sur quoi on a basé notre semaine. Mettre encore plus d’énergie individuellement, être meilleurs que l’adversaire petit à petit en termes d’énergie. »
Le discours est désormais posé. Le choc provoqué par le départ de Pierre Mignoni aussi. Mais Franck Azéma sait que ni les réunions, ni les discours, ni les messages d’unité ne permettront à eux seuls de mesurer la réaction du RCT.
Le terrain donnera la seule réponse qui compte vraiment.
« Ce sont les performances qui vont nous donner une indication sur ce qu’on est capable de réaliser ensemble. »


On attend une réaction. Leur comportement est inadmissible.