Mort d’Hyron Andrews : « Je ne sais pas comment ils vont pouvoir jouer demain », l’émotion immense en Afrique du Sud
Mort d’Hyron Andrews : « Je ne sais pas comment ils vont pouvoir jouer demain », l’émotion immense en Afrique du Sud
Le vendredi 16 octobre 2026 à 23:43 par David Demri
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La disparition brutale d’Hyron Andrews a plongé le rugby sud-africain dans une immense tristesse. Retrouvé inanimé vendredi matin dans une cabine de douche de l’hôtel où séjournaient les Lions de Johannesburg, sur l’île de Ré, le deuxième ligne de 31 ans laisse derrière lui le souvenir d’un joueur discret, profondément apprécié et reconnu pour ses qualités techniques.
Alors que la rencontre de Champions Cup contre La Rochelle a été maintenue samedi à 18h30, John Dobson, entraîneur des Stormers, a livré un témoignage particulièrement émouvant sur celui qu’il avait tenté de recruter quelques mois auparavant.
La nouvelle a provoqué la stupeur en Afrique du Sud. À l’annonce du décès d’Hyron Andrews, les réactions de tristesse se sont multipliées dans le monde du rugby.
Un drame survenu à la veille de l’entrée en Champions Cup des Lions, qui doivent affronter le Stade Rochelais au stade Marcel-Deflandre.
Si le deuxième ligne n’avait jamais porté le maillot des Springboks, il jouissait d’une véritable reconnaissance dans son pays, notamment pour son travail dans l’ombre et son expertise en touche.
« Hyron était quelqu’un de bien »
John Dobson connaissait bien le profil du joueur. L’entraîneur des Stormers avait notamment échangé avec lui ces derniers mois, alors qu’il envisageait de le recruter au Cap.
Au-delà de ses qualités rugbystiques, le technicien sud-africain garde surtout le souvenir d’un homme simple et apprécié.
Il décrit dans L’équipe un joueur discret, loin des projecteurs et des excès.
« Ce n’était pas un gros fêtard ni une forte personnalité, mais Hyron était quelqu’un de bien »
Après deux saisons et demie passées en Angleterre sous les couleurs des Sale Sharks, entre 2024 et 2026, Andrews avait décidé de retrouver son pays natal. Originaire de la région du Cap, il souhaitait se rapprocher de ses racines et poursuivre sa carrière en Afrique du Sud.
John Dobson révèle avoir discuté avec lui de cette possibilité.
« Il m’a dit qu’il voulait rentrer chez lui. Il était de la région du Cap. Mais on n’est pas allés au bout »
Les discussions avec les Stormers n’avaient finalement pas abouti. Le deuxième ligne avait choisi de rejoindre les Lions de Johannesburg durant l’intersaison.
Un parcours construit entre Pretoria, Durban et l’Angleterre
Né le 6 juillet 1995 à Paarl, dans la région viticole du Cap occidental, Hyron Andrews avait quitté sa région natale pour poursuivre sa formation rugbystique.
C’est à Pretoria, à quelque 1 400 kilomètres de là, qu’il s’était notamment fait remarquer en évoluant au sein de la Hoërskool Garsfontein, l’un des établissements réputés pour la formation de jeunes rugbymen en Afrique du Sud.
Après ses années de lycée, il avait rejoint la Sharks Academy, à Durban. Il y avait effectué ses débuts professionnels en mars 2015, avant de construire une longue partie de sa carrière avec les Sharks.
Entre 2015 et 2024, il avait disputé 83 rencontres sous les couleurs de la franchise du KwaZulu-Natal.
Son parcours l’avait également conduit à représenter l’Afrique du Sud chez les moins de 20 ans lors du Championnat du monde 2015. Durant cette compétition, il avait participé à deux rencontres de poule, remportées contre les Samoa et l’Australie.
Il avait ensuite assisté depuis le banc à la défaite sud-africaine contre l’Angleterre en demi-finales.
Andrews n’avait jamais été appelé chez les Springboks, mais avait poursuivi sa carrière professionnelle jusqu’à rejoindre les Sale Sharks en Angleterre, à l’hiver 2024. Malgré ce départ, il restait étroitement associé aux Sharks de Durban dans l’esprit de nombreux amateurs de rugby sud-africains.
« L’un des plus grands spécialistes de la touche en Afrique du Sud »
Du haut de ses 2,03 mètres, Hyron Andrews possédait un profil bien particulier.
Contrairement à certains deuxième ligne réputés pour leur puissance dans les collisions, il se distinguait avant tout par sa lecture du jeu et son intelligence dans le secteur de la touche.
Des qualités qui avaient fait de lui un adversaire particulièrement difficile à affronter.
John Dobson n’hésite pas à évoquer une référence historique des Springboks pour illustrer son niveau technique.
« Ce n’était pas le deuxième-ligne le plus physique. Mais Hyron était un joueur extrêmement respecté pour son jeu technique. C’était l’un des plus grands spécialistes de la touche en Afrique du Sud, dans la lignée d’un Victor Matfield ! Il nous a beaucoup fait souffrir en touche. »
Une comparaison particulièrement forte, tant Victor Matfield a marqué l’histoire du rugby sud-africain par sa maîtrise de ce secteur.
Hyron Andrews était ainsi reconnu pour sa capacité à perturber les lancements adverses et à apporter une véritable sécurité à son équipe dans les phases de conquête.
Le surnom « Fresh Prince » et les souvenirs de ses adversaires
Au-delà de ses performances sportives, le deuxième ligne avait également laissé des souvenirs plus légers dans les vestiaires adverses.
John Dobson a notamment révélé le surnom que lui avaient donné certains joueurs des Stormers.
Une référence à une célèbre série télévisée américaine.
« Mes joueurs le surnommaient « Fresh Prince » parce qu’il avait la même coupe que Will Smith dans la série Le Prince de Bel-Air. »
Mais l’émotion a rapidement repris le dessus lorsque l’entraîneur sud-africain a évoqué la rencontre prévue samedi contre La Rochelle. Pour lui, il paraît extrêmement difficile d’imaginer les coéquipiers d’Hyron Andrews disputer un match de rugby aussi rapidement après une telle tragédie.
« Je ne sais pas comment ils vont pouvoir jouer demain »
Le technicien des Stormers connaît malheureusement la douleur d’une disparition au sein d’un groupe professionnel.
En avril dernier, son club avait été endeuillé par la mort de Christopher Solomon, surnommé « Chippie », qui occupait le poste de team manager. Les Stormers avaient alors dû retrouver les terrains une semaine après ce décès.
Une expérience douloureuse que John Dobson a immédiatement rapprochée de la situation vécue par les Lions.
L’entraîneur sud-africain exprime son incompréhension et son émotion devant la perspective de voir les joueurs de Johannesburg reprendre la compétition dès samedi.
« Je ne sais pas comment ils vont pouvoir jouer demain »
Il se souvient ensuite du deuil traversé par son propre club quelques mois auparavant.
« Nous avons vécu cela lorsque Chippie (Christopher Solomon), notre team manager, nous a quittés en avril dernier. Nous avions dû jouer une semaine plus tard et ça avait été très dur pour nous. Alors je n’imagine pas ce que cela fait lorsque cela arrive avec l’un de vos joueurs… »
Des paroles qui illustrent la difficulté humaine à laquelle se trouve confrontée la délégation sud-africaine, présente en France pour lancer sa campagne européenne.
La Rochelle – Lions maintenu en hommage à Hyron Andrews
Malgré le drame, les Lions ont pris la décision de disputer leur rencontre de Champions Cup face au Stade Rochelais.
Le match reste programmé samedi à 18h30 au stade Marcel-Deflandre.
Dans un communiqué publié vendredi après-midi, la franchise de Johannesburg a expliqué vouloir honorer la mémoire de son joueur en participant à cette rencontre.
Le club sud-africain a confirmé sa décision dans un message empreint de recueillement.
« En l’honneur d’Hyron, les Lions disputeront leur premier match de Coupe des champions face à La Rochelle »
Le communiqué s’achève sur un dernier hommage au deuxième ligne disparu.
« Que Hyron repose en paix. »

