Mourad Boudjellal : « On nous a volé la vérité » ( Source RMC )

Mourad Boudjellal : « On nous a volé la vérité » ( Source RMC )

22 mai 2010 - 15:08

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300_120166Mourad Boudjellal, êtes-vous remis de la demi-finale perdue contre Clermont (29-35) avant d’attaquer la finale du Challenge européen ?

C’est difficile. Je ne vais pas pester contre les arbitres mais ce qui m’embête, c’est que l’arbitrage a écrit le scénario du match. Involontairement, certainement… Il y a eu un essai validé pour Clermont qui n’y est pas. On est  en demi-finale du Top 14, il doit se couvrir. Etre sûr de soi à 100%, ça ne doit pas laisser de place au doute. Là, il a laissé une place à l’erreur. Il faut qu’il arrête. J’aurais bien aimé recevoir un mot d’excuse car il nous a punis. Il faut savoir reconnaître ses erreurs. On ne va pas lui envoyer le goudron et les plumes, mais qu’il s’explique ! Peut-être que Clermont aurait quand même gagné ce match. On nous a volé la vérité. On ne le saura jamais. Il faudra aussi m’expliquer la pénalité de Jonny Wilkinson. C’est Bioman l’arbitre !
 
Arrive la finale du Challenge européen dans un stade Vélodrome plein…
Pas loin, mais on ne sait pas trop. J’ai appelé l’ERC (European Rugby Cup) pour savoir s’il fallait que j’achète des billets pour mes joueurs. Apparemment, non. On avait donné quelques conseils à l’ERC pour que le stade soit plein. On est un vieux club de rugby et notre public n’ira par exemple jamais acheter un billet sur Internet.

Comment s’est passée cette semaine après la défaite?
Certains joueurs ont encore un peu la tête à l’envers. Ça vous marque. Il y a des joueurs qui se disent qu’ils sont passés à côté de quelque chose. Certains culpabilisent car ils veulent porter le poids de la défaite alors que ce n’est pas leur faute. Ça n’a pas trop rigolé à l’entraînement cette semaine. Le Challenge européen c’est bien, mais l’objectif c’était le Top 14, d’aller au Stade de France.

Cette année a quand même marqué le retour du RCT sur le devant de la scène du rugby français…
La seule chose positive c’est qu’on était une équipe antipathique pour la France. On avait l’image de mercenaires qui venaient pour l’argent. On a démontré que dans une équipe multiraciale comme la nôtre, il n’y avait pas de mercenaires. On a vécu ensemble et ça a créé des liens très forts qui n’existent pas ailleurs.

Le joueur qui symbolise le mieux ce rattachement c’est Tana Umaga qui va disputer son dernier match…
La boxe a créé Mohammed Ali, le cyclisme a peut être créé Luis Ocana et le rugby a créé Tana Umaga. Ce sont des gens qui ont un destin, une dimension supérieure aux autres. Dans tout ce qu’ils font, il y a quelque chose de sacré. Ce sont des gens qui vont rester dans l’histoire du sport et qu’on retiendra comme des légendes. Tana va rentrer en Nouvelle-Zélande mais Toulon va lui manquer. C’est l’humilité représentée. Il respectait autant Limoges en Pro D2 quand il est arrivé que l’Afrique du Sud.

L’humilité, la proximité, c’est ce que vous imposez à vos joueurs ?
C’est naturel. On a affaire à des gens qui gagnent que dalle, qui vont sacrifier leur budget vacances pour suivre l’équipe. C’est important de respecter ces gens-là. Ils sont notre moteur. On fait ça pour donner aux autres. C’est de l’altruisme, le sport. J’ai l’impression que dans le foot, c’est chacun pour sa pomme.

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  1. zana 22 mai 2010 à 16h

    Ce gars est grand, il est arrivé où il en est à force d'humilité. Son sang méditerranéen le rend quequefois sanguin et sans langue de bois, comme on l'est pour beaucoup dans le sud et plus particulièrement à toulon… On est aimé ou détesté mais on ne le laisse jamais personne indifférent… Tel Mourad… En tout cas, il parle rugby comme un pro, il gère le RCT comme un gant, et il a toute une ville, tout un stade, tout un club… derrière lui.

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