Mourad Boudjellal s’exprime pour Le Figaro

Mourad Boudjellal s’exprime pour Le Figaro

6 août 2010 - 11:05

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Quelle est l’ambiance sur la rade à quelques jours de la reprise ?
Mourad Boudjellal : En général en début de saison ça va toujours bien (rires). Il y a peu de dirigeants qui vous disent que ça ne va pas. On a toujours l’impression que la mayonnaise prend bien, que l’intégration des nouveaux se passe à merveille, c’est le cas à Toulon.

Après les matches amicaux et la préparation terminée, le travail effectué vous satisfait-il ?
Mourad Boudjellal : Bien sûr, quand vous mettez quarante points au Racing-Métro (39-10) c’est toujours très satisfaisant, même si les Franciliens n’étaient pas à leur niveau. Il ne faut pas s’enflammer. Aujourd’hui la seule question des gens à Toulon est de savoir si on arrivera à faire le doublé H Cup-Top 14, on n’en est pas encore là.

Le RCT semble déjà prêt pour la reprise, partagez-vous ce sentiment ?
Mourad Boudjellal : Je ne sais pas. Nous sommes encore en phase de préparation. Vous savez, une saison est liée à plein d’aléas. Quand je vois le parcours de Biarritz l’an dernier, qui avait largement une équipe pour rentrer dans le Top 6 et à cause de malchance pour des blessures de joueurs clés ne s’est pas qualifié… Cela peut être le cas pour Toulon, le facteur chance est important.

L’intersaison a-t-elle été à la hauteur de vos attentes ?

Mourad Boudjellal : Oui, mis à part le départ de Sonny Bill Williams. On aurait été satisfait à 100% si on l’avait gardé. C’est le seul regret, sur le reste, ça me plait. On a eu un ou deux échecs dans les négociations, des garçons qui sont partis ailleurs. C’est normal car on est plusieurs à avoir proposé des offres attractives, avec de bons clubs, un cadre de vie sympathique.

Quelles sont vos impressions sur l’intégration des nouvelles recrues ?
Mourad Boudjellal : C’est bizarre, on a l’impression qu’il n’y a pas de recrue. C’est la première fois que cela fait cet effet, les nouveaux arrivés se sont parfaitement intégrés.

Les critiques émises l’an dernier envers Toulon, polémiquant sur un RCT composé de «mercenaires» …
Mourad Boudjellal : (il coupe, ferme) Le match de Saint-Etienne (Ndlr : demi-finale perdue contre Clermont, 29-35) aura donné des réponses à tout le monde. Avant toute chose, il y a des gens qui devraient faire attention à leur langage. Si un étranger qui vient dans un club est un mercenaire et un Français qui change de club n’en est pas un ? C’est un langage raciste, il faut qu’ils fassent attention, parce que ces idées sont dangereuses, on ne les voit pas venir mais quand il y a contagion, c’est trop tard.

L’état d’esprit dévoilé à Toulon, n’est-il pas votre plus belle victoire ?
Mourad Boudjellal : C’est un club multiracial, pluriculturel et qui est le représentant d’une ville ouverte sur la Méditerranée, ouverte sur le monde. C’est une image qui me plait.

Philippe Saint-André a déclaré : «La star à Toulon, c’est le groupe». Etes-vous en osmose avec ces propos ?
Mourad Boudjellal : Oui complètement. Quand vous avez un club centenaire qui a une image aussi forte que le RCT, c’est forcément l’équipe qui prédomine. Le rugby, si c’était un sport où les individualités suffisaient pour gagner, on le saurait depuis longtemps. Et Toulouse serait champion de France tous les ans (ironique).

Après votre élimination, vous aviez déclaré avoir «flirté» après votre élimination en demi-finale, qu’en est-il pour cette saison ?
Mourad Boudjellal : L’an dernier, on avait un peu l’impression de réaliser un truc de fou. Vous invitez la plus belle fille du monde à diner, elle vous dit oui, ce qui est incroyable, voire inespéré. Au restaurant, si elle commence à boire trois, quatre coupes de champagne, la soirée commence bien et si à dix heures elle se lève, vous serre la main et vous dit «bonne soirée, je vais me coucher», vous êtes déçu. C’est un peu ce qu’il s’est passé pour nous l’an dernier. On a flirté, on a vu et cette année on a envie de concrétiser.

Seriez-vous déçu s’il n’y avait pas de titre à la fin de la saison ?
Mourad Boudjellal : Tout dépend de la façon dont cela se passe. Je ne serai pas déçu s’il y a plus fort que nous. Seulement s’il y a des éléments extérieurs.

Que serait une année réussie pour le RCT ?
Mourad Boudjellal : Ma priorité c’est le Top 14. Je veux ramener le Bouclier de Brennus avenue de la République à Toulon. C’est mon souhait le plus cher.

Depuis votre reprise du club, êtes-vous conscient d’avoir insufflé un nouvel élan à Toulon ?
Mourad Boudjellal : Ce n’est pas que moi, mais également d’autres personnes qui œuvrent pour le club. C’est l’argent des Toulonnais. Après moi ou un autre, ce n’est pas important. L’histoire ne retient que ceux qui gagnent, pour l’instant je n’ai rien gagné. J’ai peut-être gagné l’amitié de certaines personnes, le fait de prendre des photos ou de signer des autographes, mais je m’en fous. On ne retient que les gagnants. De ce côté-là, je suis totalement vierge.

Dans vos rêves les plus fous, jusqu’ou voulez-vous emmener votre club ?
Mourad Boudjellal : Je procède par étapes. Avant j’avais un rêve, c’était de monter en Top 14. Aujourd’hui, il y a quelque chose que je ne connais pas, c’est de gagner un titre. C’est mon rêve. Mais on est beaucoup à le partager et un seul se réveillera en se disant «je n’ai pas rêvé». En espérant que ce soit moi (rires).

Vous y croyez ?
Mourad Boudjellal : Vous savez, moi je suis dans la culture du pauvre qui se dit que le bonheur n’arrive qu’aux autres. Quand vous êtes né dans un milieu modeste, cette culture ne nous quitte jamais. On se répète souvent que ce genre de chose n’est pas fait pour nous. Je fonctionne comme ça dans ma tête et quand je vis des émotions comme celles-ci, c’est vraiment quelque chose de très fort.

Etes-vous conscient que vous, ainsi que d’autres président de clubs, avez fait entrer le Top 14 dans une nouvelle dimension ?
Mourad Boudjellal : Non, moi je ne veux pas ça. Mon but est d’amener mon club le plus haut possible. J’ai envie que le rugby réduise de plus en plus l’écart avec le football car je trouve que ce sport est magnifique.

Que manque-t-il au rugby pour concurrencer le football ?
Mourad Boudjellal : Il faut couper le cordon ombilical avec l’amateurisme. Le jour ou le rugby aura décidé de devenir professionnel… Il y a du boulot. En 1995, le rugby est entré dans le monde du professionnalisme sans le vouloir. On a l’impression qu’en 1995, c’était un putsch et que cela n’a pas été digéré par tout le monde. Quand on est un enfant de l’associatif et du professionnalisme, on est un bâtard. Aujourd’hui, il faut prendre un chemin, soit le rugby redevient amateur, ce qui n’est pas péjoratif parce qu’il y a de véritables valeurs qui sont tout à fait louables, soit on fait le choix inverse, mais il faut le faire totalement. On ne peut pas être entre les deux. Il manque de grandes villes de rugby, de grands bassins économiques qui soient capables de construire des clubs autour de l’économie que le rugby va représenter dans leur ville, mais aussi de grands entrepreneurs.

Etes-vous optimiste sur la situation du rugby ?
Mourad Boudjellal : Oui quand même. On a des dirigeants qui ne sont pas des crétins et qui prendront les décisions qu’il faut pour que le rugby avance. Il faut qu’on comprenne que le rugby n’est pas une guerre entre les clubs et que l’on ne doit pas décider par rapport à son club. Il faut penser collectif pour que ce sport reste le second en France, voire mieux. Tant qu’on s’occupera de guerres internes, on n’avancera pas. C’est ce que je pense, mais ce n’est peut-être pas la vérité.

Le Mondial se profile dans un an, n’avez-vous pas peur d’avoir de nouveaux problèmes avec les sélections, à l’image de ce qu’il vient de se passer concernant le refus de libérer Jonny Wilkinson ?
Mourad Boudjellal : C’est une question de principe. Moi je ne m’opposerai jamais à ce qu’un joueur rejoigne sa sélection nationale, maintenant les Anglais, même s’ils ont refusé l’Euro, doivent comprendre que l’on est en Europe. Quand ils font leur calendrier, il faut qu’ils intègrent celui des Européens. Ils ne peuvent pas coller un stage avant le démarrage du Top 14. Accessoirement, quand on n’est pas prévenu dans les temps, c’est une façon de manquer de respect. Ma position est simple. J’ai des droits et des obligations, je respecte mes obligations, mais je veux qu’on respecte mes droits.

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  1. yvon 6 août 2010 at 13h

    par contre au niveau de la gestion de la billeterie des abonnements ouverture du stade les jours de match c est de l amateurisme plus que moyen organisation mediocre a tout les niveaux site du club communication c est le neant abonnements et billets les plus cheres du top 14 la le rct est largement en tete largent l argent et toujours l argent les supporters deviennent juste une manne financiere pour le club triste realite

  2. Mx83700 6 août 2010 at 14h

    je confirme pour la billetterie, il suffit d'aller sur le site du club pour se rendre compte que c'est du grand n'importe quoi .Pour les réservations : – marseille, il y a qu'une partie de tribune ouverte, Ganay haut, et pour Bayonne même chose, on ne peut pas choisir dans tout le stade. Suite à un appel à la billetterie , la réponse est : on ouvrira au fur et à mesure. cela veut dire quoi????De plus aucune communication ni explication sur le site du club . On m'a également confirmé lors de cet appel tel que les places étaient mises en vente sur les sites habituels , ce qui est faux . Vraiment de l'amateurisme . Le RCT devraient prendre modèle sur certains clubs qui ont déjà ouverts les réservations pour des rencontres de sept!et sans imposer des réservations dans leur stade!!! Ce serait bien de faire remonter ces remarques aux dirigeants si c'est possible

  3. jacky le corse 6 août 2010 at 19h

    complètement d'accord , la remises des cartes des abonnés , un fiasco total , une organisation désastreuse , des cartes pas arrivées , des cartes dans la nature !!! des cartes chez les mordus , bref le bordel , c'est vraiment de l'amateurisme .et chaque année c'est pareil.

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