« On est à neuf défaites, on est nuls » : Xavier Péméja quitte brutalement la conférence de presse
« On est à neuf défaites, on est nuls » : Xavier Péméja quitte brutalement la conférence de presse
Le samedi 31 octobre 2026 à 14:31 par David Demri
Publicité
La crise prend des proportions inquiétantes à Nevers. Lourdement battue à domicile par Brive vendredi soir (12-33), l’USON a enregistré sa neuvième défaite en neuf rencontres de Pro D2.
Une nouvelle désillusion qui a provoqué une scène particulièrement inhabituelle en conférence de presse, entre la colère expéditive du manager Xavier Péméja et les déclarations alarmantes du président Régis Dumange.
Après avoir pourtant résisté pendant une période, Nevers s’est complètement effondré après la pause, encaissant un terrible 26-0. Le Pré-Fleuri, longtemps considéré comme l’une des enceintes les plus difficiles du championnat, a ainsi été le théâtre d’une quatrième défaite à domicile cette saison, après celles concédées contre Montauban, Biarritz et Agen.
« On est à neuf défaites, on est nuls »
À l’issue de la rencontre, Xavier Péméja s’est présenté devant les journalistes aux côtés de son président. Mais le manager neversois n’avait visiblement aucune intention de revenir longuement sur cette nouvelle contre-performance.
Il a prononcé quelques mots particulièrement sévères avant de quitter immédiatement la salle :
« Ça va être très rapide, pas la peine de poser de questions. On est à neuf défaites, on est nuls. »
Une intervention aussi courte que révélatrice de l’exaspération qui règne actuellement au sein du club nivernais.
Resté face aux médias, Régis Dumange n’a pas cherché à minimiser la situation.
Le président a d’abord exprimé sa compréhension envers son manager, tout en reconnaissant son impuissance :
« Je le comprends. Il n’y a pas de solution »
« On a sans doute fait une grosse erreur »
Pour Régis Dumange, les difficultés actuelles ne peuvent pas être uniquement expliquées par un manque de réussite ou une mauvaise série passagère.
Le président estime que les choix effectués dans la construction de l’effectif ont profondément fragilisé son équipe, notamment dans le secteur des avants.
Il reconnaît une erreur de recrutement et pointe les limites d’un groupe qu’il juge insuffisamment expérimenté :
« On a sans doute fait une grosse erreur en voulant faire jouer une équipe jeune, sans expérience. Les papas, on les a perdus. On n’a plus de deuxième ligne, plus de troisième ligne. Notre pack recule sur les impacts. On est lent, très lent, on ne récupère pas les ballons, on veut faire de la dépossession, mais on n’y arrive pas. On est dernier, alors on manque de confiance. »
La situation contraste fortement avec les saisons durant lesquelles Nevers faisait figure de candidat régulier aux phases finales.
L’entraîneur des avants brivistes Arnaud Mela s’est notamment souvenu de l’identité offensive qui caractérisait autrefois cette formation :
« Le point fort de Nevers en confiance, c’était le jeu large-large »
Mais cette époque paraît désormais lointaine.
Régis Dumange constate que le Pré-Fleuri a perdu son caractère intimidant et que son équipe s’effondre mentalement :
« Maintenant, les équipes jouent chez nous comme si elles étaient chez elles. On laisse le bonus offensif à chaque fois à nos adversaires, c’est dans les têtes qu’on lâche. »
« Il y a une incompétence quelque part »
Au-delà des joueurs, le président neversois s’interroge également sur les conséquences des changements intervenus dans l’encadrement sportif.
Les départs de Sébastien Fouassier et Guillaume Jan, respectivement vers Provence Rugby et Agen en 2025, ont notamment privé l’USON de deux techniciens qui avaient participé à la construction de son identité de jeu.
Avec Xavier Péméja, ils avaient contribué à faire progresser le club grâce à une conquête solide, des ballons portés efficaces et un jeu offensif ambitieux.
Régis Dumange regrette profondément leur départ et livre un constat particulièrement sévère sur le fonctionnement actuel de l’équipe :
« Leur départ a fait beaucoup de mal. Il n’y a plus rien, c’est creux. Notre jeu est complètement creux. Il y a une incompétence quelque part. »
Malgré ces propos, le président n’envisage pas, pour le moment, de nouvelle modification de son staff.
Xavier Péméja avait déjà retrouvé les commandes sportives sept mois plus tôt, après la mise à l’écart de Coenie Basson et de son adjoint Yannick Osmond.
« La saison est cuite »
Alors que Nevers avait affiché durant l’été l’ambition de retrouver les phases finales, les objectifs ont désormais radicalement changé.
Avec neuf défaites consécutives et une dernière place au classement, le club nivernais doit désormais se concentrer exclusivement sur son maintien en Pro D2.
Régis Dumange ne se fait plus d’illusions sur les ambitions initiales de son équipe :
« La saison est cuite. Tout ce que je leur demande, c’est qu’on ne soit pas dernier. Je pensais qu’on ferait un match à quatre pour le maintien, mais ce sera un match à deux, avec Béziers. »
Le club héraultais possède désormais six points d’avance sur Nevers, ce qui accentue encore la pression sur les prochaines rencontres.
Le président a ensuite exprimé son inquiétude face à une spirale négative dont il ne voit pas l’issue :
« J’essaie d’être optimiste, de me dire qu’il y aura des jours meilleurs, mais on est en train de plonger »
« On s’est menti, Xavier et moi »
À la tête de l’USON depuis dix-sept ans, Régis Dumange a accompagné l’ascension du club depuis la Fédérale 2 jusqu’à son installation en Pro D2.
Mais après plusieurs saisons difficiles, l’objectif de qualification pour les phases finales semble désormais très éloigné.
Le président reconnaît aujourd’hui avoir surestimé les capacités de son effectif, une erreur d’appréciation qu’il partage avec son manager.
Il a terminé son analyse par un aveu particulièrement fort :
« On s’est menti, Xavier et moi. On a cru qu’on avait les joueurs pour jouer au niveau où l’on voulait être. »

