« On n’est pas des machines » : Antoine Dupont alerte sur les cadences infernales du Top 14 et les blessures
« On n’est pas des machines » : Antoine Dupont alerte sur les cadences infernales du Top 14 et les blessures
Le vendredi 16 octobre 2026 à 14:46 par David Demri
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À l’approche de la réception d’Exeter en Champions Cup, Antoine Dupont a livré une analyse particulièrement lucide de la situation du Stade Toulousain. Entre les difficultés défensives de son équipe, les blessures qui s’accumulent, les exigences physiques toujours plus importantes du rugby professionnel et les désillusions européennes des deux dernières saisons, le capitaine des Rouge et Noir n’a éludé aucun sujet.
Il a également évoqué ses propres difficultés physiques et expliqué pourquoi Toulouse ne pouvait pas, selon lui, revendiquer le statut de favori en Coupe d’Europe.
Le Stade Toulousain s’apprête à retrouver la Champions Cup avec plusieurs interrogations. Malgré des résultats qui lui permettent de rester compétitif, le club haut-garonnais peine encore à afficher une régularité totale dans ses performances.
Antoine Dupont en est parfaitement conscient. Le demi de mêlée international estime que son équipe doit impérativement gagner en concentration et en rigueur pour éviter de connaître de nouvelles désillusions.
« On a failli le payer cher » : Dupont pointe les lacunes toulousaines
Le récent match contre Bayonne a notamment laissé des traces dans l’analyse du capitaine toulousain.
Malgré une réaction positive après la pause, Dupont n’a pas apprécié l’entame de rencontre de son équipe.
Il prévient ses coéquipiers contre tout excès de confiance.
« Si on prend un match à la légère, on prend le risque de le perdre tout simplement. On a été laxistes dans notre intensité et nos déplacements sur le début du match contre Bayonne et on a failli le payer cher sur la longueur. »
Le réveil toulousain en seconde période, notamment grâce à la domination des avants, a finalement permis de renverser la situation.
Le demi de mêlée souligne le rôle déterminant de son paquet d’avants.
« Heureusement qu’on s’est réveillé en seconde mi-temps et que les avants ont fait le job sur les ballons portés ce qui nous a permis de prendre le score. »
Au-delà de cette rencontre, Antoine Dupont reconnaît que les problèmes défensifs de Toulouse ne datent pas d’hier.
Il regrette notamment un manque de concentration et de régularité depuis le début de la saison.
« Nos lacunes défensives, on se les traine depuis le début de la saison, on a du mal à avoir de la continuité. C’est un peu de relâchement et un manque de concentration. »
Le capitaine refuse toutefois de céder à l’inquiétude. Il estime que les prestations réalisées face à Castres et Bordeaux doivent servir de références.
Il attend désormais davantage de rigueur de la part de son équipe.
« On ne s’inquiète pas même quand on prend des essais en début de match mais il faut être plus rigoureux comme contre Castres et Bordeaux. Il faut rééditer ces expériences. »
Exeter, les bonus et une Champions Cup qui ne pardonne rien
Pour son entrée en lice européenne, Toulouse devra également s’adapter à un adversaire qu’il rencontre beaucoup moins régulièrement que les formations du Top 14.
Antoine Dupont insiste sur le travail d’analyse effectué avant la réception d’Exeter.
Les Toulousains ont notamment étudié les déplacements des joueurs anglais.
« On essaye de faire au mieux concernant cette équipe d’Exeter. On prend des images de l’an dernier et on sait qu’ils se déplacent beaucoup. On a travaillé ça et la spécificité de cette compétition c’est de jouer des équipes que l’on n’a pas l’habitude de jouer. C’est enrichissant. »
Le calendrier impose par ailleurs des changements rapides entre championnat et Coupe d’Europe, dans une compétition dont les modalités évoluent régulièrement.
Dupont explique que cette capacité d’adaptation est devenue indispensable.
« On s’adapte, c’est pareil pour tout le monde. On a l’habitude de switcher d’une compétition à une autre. Mais la semaine d’après il faudra rebasculer plus rapidement qu’à l’accoutumé. Mais on s’adapte, cette compétition change tous les ans et les règlements changent encore cette année. On doit faire avec cette adaptation constante. »
Le capitaine rappelle surtout que chaque point peut peser lourd dans la qualification et dans les conditions des phases finales.
Il insiste sur l’importance des bonus et sur la nécessité de saisir chaque occasion.
« On sait que cette compétition est un sprint et que les bonus sont très importants. Il va falloir construire notre match, prendre les points quand il le faudra et marquer des essais quand on en aura l’occasion. Les points sont importants pour la suite de la compétition. »
« On se prend les pieds dans le tapis depuis deux ans »
Les deux dernières campagnes européennes restent particulièrement présentes dans l’esprit du demi de mêlée.
Toulouse a notamment payé ses défaites à l’extérieur lors de la phase de poules, se compliquant considérablement la tâche pour la suite de la compétition.
Antoine Dupont estime que son équipe connaît parfaitement les erreurs à ne pas reproduire.
« On veut jouer à notre niveau. On était déçu la saison dernière des deux matches de poules que l’on perd à l’extérieur. Quand tu commences à rentrer là-dedans et que tu dois te déplacer durant toute la phase finale, ça devient une montagne à gravir. On n’a pas su la franchir la saison dernière. On sait comment on perd cette compétition. »
Pour autant, le capitaine refuse de considérer le Stade Toulousain comme le grand favori de cette nouvelle édition. La Champions Cup réserve régulièrement des surprises, et la hiérarchie ne se dessine véritablement qu’après les rencontres de poules.
Il préfère attendre de connaître les équipes qui auront réellement fait de cette compétition une priorité.
« Rien n’est jamais promis dans cette compétition, il y a toujours beaucoup de surprises. Mais ceux qui gagnent sont ceux qui finissent premier de poule. Donc on va voir les équipes qui mettront l’accent sur cette compétition et déjà fin janvier on en saura plus pour faire des pronostics. Mais là, c’est trop tôt pour en parler. »
L’objectif de remporter un nouveau titre européen reste néanmoins bien présent.
Dupont ne cache pas son envie de voir le trophée revenir à Toulouse, tout en reconnaissant les échecs récents de son équipe.
« Tant mieux si cette Coupe d’Europe reste en France, si elle est dans la Ville Rose c’est encore mieux. Etant donné nos deux dernières campagnes, je ne suis pas sûr que l’on puisse se fixer comme favoris. L’année dernière on avait dit qu’on voulait faire quelque chose et on passe à côté. Donc cette année on va ressayer mais on se prend les pieds dans le tapis depuis deux ans. Mais parler de favori, c’est un peu tôt. »
Antoine Dupont révèle avoir traversé une période physiquement difficile
Au-delà des ambitions collectives, le demi de mêlée est également revenu sur sa propre situation.
Après plusieurs saisons perturbées, notamment par sa blessure au genou, il a enfin pu retrouver une préparation plus classique.
Il souligne que cette reprise normale constitue une nouveauté pour lui.
« Ca faisait 4 ans que je n’avais pas débuté une saison normalement. Mais ce qui m’a fait du bien c’est surtout la coupure de cet été. »
Son retour de blessure avait été suivi d’un enchaînement particulièrement exigeant de rencontres, malgré une saison raccourcie.
Dupont reconnaît avoir ressenti les conséquences de cette accumulation d’efforts.
« Quand je suis revenu de mon genou j’ai fait un vingtaine de matches alors que j’ai joué seulement la moitié de la saison. Donc ça a été dur de tout enchainer. A la sortie du Tournoi, j’ai eu une baisse de forme physique et j’avais du mal à enchainer les matches et les efforts sur le terrain. C’était plus compliqué. »
La pause estivale lui a donc permis de récupérer physiquement et mentalement avant de repartir pour une nouvelle saison.
Il espère désormais retrouver une continuité dans ses performances.
« Donc la période estivale m’a fait du bien pour me régénérer et j’espère pouvoir enchainer dans la meilleure forme durant toute la saison qui sera longue. »
Une cascade de blessures qui inquiète le capitaine toulousain
Antoine Dupont observe également avec attention les nombreuses blessures qui frappent actuellement les clubs français.
Si les absences liées aux rassemblements internationaux ont longtemps compliqué la gestion des effectifs, la situation lui semble aujourd’hui différente.
Le capitaine toulousain constate une multiplication préoccupante des indisponibilités.
« Cette année, on est particulièrement touché. Avant, on n’arrivait pas à enchainer trois matches d’affilée avec la même composition à cause de l’équipe de France. Mais depuis quelques saisons, je trouve qu’on a une continuité dans les choix de la sélection et aussi dans le fait de ne pas avoir des joueurs trop souvent blessés. Mais là, je vois qu’il y a beaucoup d’internationaux blessés. »
Le problème dépasse la seule indisponibilité des joueurs. Les nouvelles règles encadrant les jokers compliquent également les possibilités de recrutement pour compenser les blessures de longue durée.
Dupont estime que les clubs sont contraints de trouver des solutions en interne.
« On doit faire face à des blessures longue durée et ce n’est pas évident. Des joueurs qu’on ne peut pas remplacer dans l’effectif avec le nouveau système de joker. Donc les clubs doivent s’adapter avec des jeunes et avec du turnover mais on n’a pas le choix étant donné les blessures. »
Le Stade Toulousain peut néanmoins s’appuyer sur la qualité de son centre de formation.
Le capitaine salue les jeunes joueurs qui ont régulièrement répondu présent lorsque les cadres étaient absents.
« Ca fait partie de la vie d’un club et on doit s’adapter. Chez nous, on a beaucoup de chance quand on voit le niveau des jeunes qui montent. Ils ont toujours fait le taff quand il y avait des blessés et on va en avoir encore plus besoin cette année. »
« On n’est pas des machines » : son avertissement sur les cadences infernales
Enfin, Antoine Dupont a livré une réflexion plus générale sur l’évolution du rugby professionnel.
Pour lui, la difficulté ne réside pas uniquement dans l’intensité des rencontres, mais surtout dans leur accumulation tout au long de la saison.
Le niveau particulièrement homogène du Top 14 ne permet pratiquement aucun relâchement.
« Ce qui est de plus en plus dur c’est d’enchainer les matches. Quand on voit le niveau du Top 14, il y a 10 équipes sur 14 qui peuvent jouer les phases finales donc il n’y a pas un week-end de tranquille, tu es toujours à fond, les semaines d’entrainement évoluent aussi et c’est dur d’enchainer car les entrainements sont durs physiquement. »
Entre les entraînements, les rencontres de championnat et les échéances européennes, les organismes sont soumis à une pression permanente.
Le demi de mêlée rappelle qu’il est impossible de maintenir indéfiniment un niveau maximal de performance.
« Il faut toujours être au top et on ne peut pas jouer tous les matches. Pourtant, il faut tout gagner si on veut être devant. »
Une contradiction difficile à gérer pour les entraîneurs, partagés entre la nécessité de protéger leurs joueurs et celle d’obtenir des résultats.
Dupont met en garde contre les conséquences de cette course permanente à la performance.
« Les staffs doivent préserver la santé des joueurs mais ils ont aussi des objectifs élevés sur le plan sportif donc on voit des joueurs qui enchainent les matches et parfois si ce n’est pas la blessure c’est la contreperformance car on n’est pas des machines. »
Et le capitaine toulousain ne s’attend pas à voir les exigences physiques diminuer dans les prochaines années.
Il appelle donc à trouver des réponses pour mieux gérer les efforts.
« Ce n’est pas évident et il faut trouver des solutions car le temps de jeu effectif ne baissera pas. On doit s’adapter. »


Ses nombreuses blessures en top 14 au début de cette année ça interpelle quand même je vais devoir me répéter mais il faut vraiment prendre ça en compte c’est pas que le Stade Toulousain ça concerne tous les clubs du top 14 c’est nombre de blessés ,il y a plus de blessés dans des clubs que des joueurs valides c’est incroyable quand même
… des machines à sous ?
Certainement… Ce qui me dérange c’est que le rugby est de plus en plus populaire, rapporte de plus en plus d’argent et que les joueurs sont de plus en plus baissés alors qu’on limite leur salaire par le biais du SC. Le principe du SC est sain mais il y a quelque chose qui ne va pas là dedans…
Sinzelle jamais blessé lui
Pas très souvent sélectionné en EDF ni trop souvent vu en phases finales non plus.