Paul Willemse ambassadeur d’une étude qui pourrait faire avancer le rugby

Paul Willemse ambassadeur d’une étude qui pourrait faire avancer le rugby

Le mardi 8 septembre 2026 à 22:59 par David Demri

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Contraint de mettre un terme à sa carrière après plusieurs commotions cérébrales, Paul Willemse a décidé de s’engager dans un projet de recherche susceptible d’ouvrir de nouvelles perspectives aux sportifs touchés.

L’ancien deuxième ligne de Montpellier et du XV de France est devenu ambassadeur d’une étude menée par le Fonds Clinatec. Durant deux ans, une trentaine de patients doivent tester un casque envoyant de la lumière, à raison d’une séance quotidienne pendant deux semaines. L’efficacité de ce dispositif reste à démontrer, mais l’ancien international espère voir émerger une véritable solution médicale.

Willemse espère un véritable traitement

Malgré les conséquences qui ont bouleversé sa carrière et son quotidien, Paul Willemse refuse de tenir un discours entièrement négatif sur le rugby. Son ambition est de permettre aux commotions cérébrales d’être prises en charge comme les autres blessures, avec un traitement adapté et des délais de récupération clairement établis.

Le joueur aux 32 sélections explique dans les colonnes du journal Le Parisien pourquoi il a accepté de soutenir cette étude :

« Cela me tient à cœur car j’adore le rugby. Ce sport m’a tout donné. Je ne veux pas en parler de façon négative. Avec les commotions cérébrales, on fait peur aux jeunes. Ce que j’espère c’est qu’on trouve un traitement, que cette blessure devienne comme une autre, avec des temps de guérison déterminés. »

L’ancien Montpelliérain ne participera pas directement aux tests prévus dans le cadre de cette expérimentation. Il souhaite néanmoins utiliser son histoire et sa notoriété pour accompagner un projet qui pourrait faire avancer la recherche.

« Je ne veux pas qu’on modifie les règles »

Paul Willemse demeure profondément attaché à la dimension physique de son sport. Selon lui, le risque fait partie du rugby et les joueurs doivent posséder une force mentale particulière pour l’accepter. Il redoute que la multiplication des commotions conduise à une transformation profonde de la discipline.

Il détaille sa position et les raisons de son engagement :

« Pour jouer au rugby, il faut avoir un certain mental. C’est comme la boxe. Et j’ai peur qu’avec les commotions, on veuille changer le rugby. Je suis contre. C’est pour ça que ce projet m’intéresse même si je n’entre pas dans la catégorie des gens qui seront testés. Je veux qu’on trouve des solutions pour que les commotions soient considérées comme d’autres blessures, avec des traitements et des calendriers. Je ne veux pas qu’on modifie les règles de ce sport que j’adore. »

Son combat consiste donc à améliorer la détection, l’accompagnement et le traitement des joueurs touchés sans renier la nature du rugby.

Une sensibilisation particulièrement délicate

Fort de sa propre expérience, Paul Willemse pourrait être tenté de conseiller les rugbymen victimes d’un choc à la tête. Il préfère pourtant rester prudent : chaque commotion évolue différemment et une intervention extérieure pourrait fragiliser un joueur dont la récupération se déroule normalement.

L’ancien deuxième ligne explique pourquoi il échange peu avec les autres joueurs sur ce sujet :

« Pas vraiment. C’est compliqué. Chaque cas est différent. Et si je vais voir un joueur et que je lui dis de faire attention, de ne pas revenir trop vite, je vais peut-être le déstabiliser alors que pour lui, ça ira… Quand on est rugbyman, on apprend à dominer la douleur. Sur un terrain, j’ai toujours foncé, sans me poser de question. On ne pense pas à tout ce qui peut nous arriver. Évidemment qu’il peut y avoir des choses graves. On peut finir en fauteuil roulant. Il y a toujours un risque mais on le met de côté. Physiquement, tout le monde peut jouer au rugby, mais mentalement, ce n’est pas vrai. »

À travers son rôle d’ambassadeur, Willemse espère désormais contribuer à l’apparition de réponses médicales concrètes. Une avancée qui permettrait aux joueurs de ne plus affronter seuls l’incertitude entourant leur récupération.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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