Philippe Tayeb très inquiet par le comportement de ses joueurs : Il tire la sonnette d’alarme
Philippe Tayeb très inquiet par le comportement de ses joueurs : Il tire la sonnette d’alarme
Le samedi 3 janvier 2026 à 11:18 par David Demri
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Sixième du Top 14 et toujours pleinement engagé dans la course à la qualification, Aviron Bayonnais avance pourtant avec une contradiction majeure. À domicile, le club basque s’appuie sur une forteresse presque imprenable. À l’extérieur, il s’enfonce dans une spirale qui commence à sérieusement inquiéter sa direction.
À Jean-Dauger, les Ciel et Blanc n’ont pas encore perdu cette saison. Sept réceptions, sept victoires, 30 points engrangés : Bayonne affiche la quatrième meilleure performance à domicile du championnat. Même lorsqu’il tremble, comme encore face au Stade Français (35-34), l’Aviron s’en sort. Mais dès qu’il quitte le Pays basque, le tableau se noircit brutalement.
Douzième équipe du Top 14 à l’extérieur, Bayonne n’a récolté que 4 points en six déplacements. Les chiffres offensifs sont modestes (123 points marqués), mais c’est surtout la dimension défensive qui interpelle : 251 points encaissés, soit une moyenne alarmante, seulement dépassée par le promu Montauban. La possession (15’50) et l’occupation (7’55) placent également le club dans les profondeurs statistiques du championnat.
Une série noire qui dure
Depuis le succès inaugural à Perpignan lors de la première journée (19-26), l’Aviron a enchaîné les revers lourds loin de ses bases : Castres (48-17), Pau (47-24), Bordeaux-Bègles (41-12), Racing 92 (47-27), La Rochelle (49-17). Sans oublier la gifle reçue en Coupe des champions chez les Harlequins (68-14), mi-décembre.
Une accumulation qui a poussé le président Philippe Tayeb à sortir du silence en début de semaine via L’équipe :
« Ce qui m’inquiète le plus, ce ne sont pas les résultats mais le comportement. L’état d’esprit ne correspond pas à celui qu’on peut avoir à la maison. On ne peut pas accepter de prendre en moyenne 45,5 points en déplacement. Moi, je ne serai pas le président qui accepte ça. »
Un coup de pression assumé
Le message a été délivré sans détour aux joueurs puis au staff, lors d’une réunion organisée avec Laurent Travers, le directeur du rugby. L’objectif : dresser un état des lieux précis de la première moitié de saison. Indicateurs de conquête, efficacité, faiblesse du nombre de bonus récupérés, incapacité à exister en déplacement… tout a été passé au crible.
Faut-il y voir un désaveu du manager Grégory Patat ? Le président s’en défend :
« Pas du tout. On est en marche pour la qualification mais on a quatre points de moins que l’année dernière à la même époque (4e du classement avec 38 points fin 2024 contre une 6e place et 34 points aujourd’hui). On a simplement fait un constat constructif comme le font toutes les équipes en France à la mi-saison. »
Et d’insister sur la démarche :
« On est là pour aider les joueurs et faire grandir le club. On a demandé aux leaders de nous faire un retour des moyens qu’ils souhaitaient avoir pour casser cette dynamique négative à l’extérieur. De quoi ont-ils besoin pour sortir de cette psychose et ces défaillances ? Un préparateur mental ? Une préparation de logistique ? On leur a demandé de réfléchir. »
Montpellier comme test de crédibilité
Les réponses du groupe étaient attendues avant le déplacement à Montpellier Hérault Rugby, ce samedi (16 h 35). Philippe Tayeb a d’ailleurs choisi d’accompagner l’équipe en avion privé, afin de mettre toutes les chances de son côté.
« Les joueurs et le staff étaient vraiment réceptifs et enthousiastes », assure-t-il.
Le contexte reste toutefois fragile, d’autant plus que l’infirmerie bayonnaise est particulièrement chargée. Un paramètre qui a parfois obligé le staff à lancer des jeunes dans des contextes compliqués, notamment en Coupe d’Europe.
Mais là encore, le président refuse toute excuse :
« On peut toujours trouver des excuses, comme les blessés. Mais pourquoi y en a-t-il autant ? Est-ce qu’on a bien préparé l’intersaison ? Il y a tellement de questions. Mais moi, je ne peux pas être passif et fataliste. Le rôle du président, c’est d’anticiper ces problèmes-là. Sinon, ça ne sert à rien que je sois là. »
Avant de conclure, avec une exigence claire :
« On doit être capable de jouer notre rugby de Jean-Dauger à l’extérieur. Ce n’est pas pour ça qu’on va gagner mais ce serait déjà un changement d’attitude que de perdre de cinq ou six points avec enfin un bonus. Encore une fois, on ne peut pas en prendre 45 à chaque match ! »
À Montpellier, un an presque jour pour jour après une lourde défaite inaugurale (42-10), l’Aviron Bayonnais est attendu au tournant. Plus que le résultat, c’est une réponse collective et mentale que réclame désormais sa direction.
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3 Commentaires

Ce serait intéressant de savoir si les joueurs sont inquiet du comportement de leur président .
Bien vu.
Tout à fait.
Est-ce qu’il s’inquiète des effets de son comportement sur son équipe ?