« Plus de 50 % des actions sont arrêtées » déplore Fabien Galthié au sujet de l’arbitrage

« Plus de 50 % des actions sont arrêtées » déplore Fabien Galthié au sujet de l’arbitrage

Le mercredi 29 juillet 2026 à 22:47 par David Demri

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Présent à Loudenvielle lors du stage réunissant les arbitres de Top 14, de Pro D2 et les staffs des équipes de France, Fabien Galthié a longuement échangé avec les officiels sur l’évolution de l’arbitrage. Pour le sélectionneur du XV de France, ces rencontres sont devenues essentielles afin de préparer les joueurs aux exigences du très haut niveau.

Fort de l’expérience acquise lors du récent Championnat des Nations, Galthié estime que comprendre les attentes des arbitres est désormais un véritable levier de performance. Une conviction qu’il a développée tout au long de son intervention.

« Sans arbitre, il n’y a pas de rugby »

Pour Fabien Galthié, le rugby possède une particularité unique parmi les sports collectifs : l’arbitre est au cœur du jeu.

Le sélectionneur rappelle l’importance capitale des officiels dans le déroulement d’une rencontre.

« Il faut savoir que, dans un match de rugby, plus de 50 % des actions sont arrêtées par l’arbitre. C’est le seul sport collectif où l’arbitre a la responsabilité d’arrêter les actions. Il va siffler. Le reste du temps, soit le ballon est sur le terrain, ou il y a un essai, ou il y a trois points. Sinon, c’est l’arbitre qui prend la décision d’arrêter le jeu. Donc, il est évident qu’il y a un enjeu très clair à comprendre les règles et à pouvoir se parler entre ceux qui jouent et ceux qui sont les référents. Sans arbitre, il n’y a pas de match. Sans arbitre, il n’y a pas de rugby. »

Selon lui, ce dialogue permanent entre les équipes et les arbitres est indispensable pour mieux comprendre les critères d’interprétation du règlement.

Comprendre l’arbitrage pour adapter la stratégie

Interrogé par Midi Olympique sur les échanges avec le corps arbitral, Fabien Galthié insiste sur un point : il ne s’agit pas de remettre en cause les décisions, mais de mieux préparer son équipe.

Le sélectionneur explique que ces discussions orientent directement le travail du XV de France.

« Non, je n’ai pas de regrets, c’est un constat. (…) Je dois chercher à comprendre comment on est arbitré. Et, en fonction de la manière dont on est arbitré, je priorise le travail, c’est-à-dire la stratégie. C’est évident. »

Le technicien considère que les tendances arbitrales doivent être intégrées dans la préparation des joueurs afin d’éviter les mauvaises surprises au niveau international.

Accepter les décisions, même lorsqu’elles coûtent la victoire

Fabien Galthié est également revenu sur les rencontres qui se jouent sur des détails, notamment après avoir été interrogé sur le quart de finale perdu contre l’Afrique du Sud lors de la Coupe du monde ou sur le récent test-match face à la Nouvelle-Zélande.

Pour lui, ces situations font partie du rugby.

Le sélectionneur assume cette part d’incertitude.

« Un point, ce n’est rien. Et un point, ça fait tout. Il y a peut-être dix décisions dans un match qui peuvent faire basculer. »

Il évoque ensuite le dernier match disputé par les Bleus en Nouvelle-Zélande, perdu de deux points.

Fabien Galthié rappelle qu’une décision peut toujours alimenter les débats, sans remettre en cause l’équilibre général.

« Là, notre dernier match en Nouvelle-Zélande, on perd de deux points. On a un essai refusé avec des vidéos qui étaient du réalisateur, mais qu’on n’avait pas, montrant qu’on ne rentre pas dans l’en-but avec le ballon. (…) Nous, les acteurs, on vit avec. On accepte, en fait. On accepte la décision parce qu’on sait qu’à la fin, il y a toujours un équilibre. C’est l’impression qu’on se donne, en tout cas. On ne sait pas à la fin de quoi : de la saison, de la carrière ? On doit avoir une approche un peu philosophique. Mais on travaille énormément sur le fond. »

Les chiffres qui expliquent l’importance de l’arbitrage

Pour illustrer son raisonnement, Fabien Galthié s’appuie sur des statistiques très précises.

En moyenne, une rencontre internationale comporte une quinzaine de mêlées. Selon lui, près d’une sur deux débouche sur une pénalité. Les ballons portés génèrent également un nombre important de coups de sifflet.

Le sélectionneur détaille ces chiffres.

« Au niveau international, il y a à peu près 15 mêlées par match. 50 % sont sifflées. Donc, sur 15 événements arrêtés, il doit y avoir déjà 7 pénalités. Sur les 17 ballons portés, il y en a à peu près 30 % qui vont être sifflés, soit 4. Et la tendance est à la hausse. Donc, si on fait 7 + 4, on arrive à 11 pénalités qui viennent de ces phases de jeu, qui sont des phases statiques, et des décisions qui sont prises par l’arbitre. C’est énorme. (…) Ça fait 55 % des événements qui viennent d’un coup de sifflet de l’arbitre. Donc, on a besoin de comprendre les enjeux. »

Pour lui, ces données montrent à quel point les décisions arbitrales influencent directement le déroulement d’une rencontre.

Les règles changent peu, leur interprétation évolue

Fabien Galthié partage également ce que lui expliquent les responsables de l’arbitrage mondial.

Selon eux, les lois du jeu restent globalement les mêmes. En revanche, les priorités évoluent constamment.

Le sélectionneur insiste sur cette nuance.

« Joël Jutge me dit que les règles ne changent pas. Je suis d’accord avec lui. Mais, par contre, les axes sont « space, speed and safety ». Ça impacte énormément la manière dont on apprend les règles, dont on est jugé, dont se construit la perception du règlement. C’est tout ça qu’on essaie de comprendre, de partager. »

À ses yeux, ces évolutions expliquent pourquoi les équipes doivent continuellement adapter leur préparation.

Vers un arbitrage plus proche entre le Top 14 et l’international

Le sélectionneur souhaite également que les joueurs retrouvent les mêmes exigences lorsqu’ils passent du championnat à l’équipe de France.

Il prend notamment l’exemple du hors-jeu autour des rucks.

Fabien Galthié explique pourquoi cette harmonisation est essentielle.

« Quand il a parlé de la règle du hors-jeu, par exemple, nous, on doit rester 50 cm derrière les derniers pieds des participants au ruck. La règle du hors-jeu, c’est clairement un chantier qui nous aide quand on récupère les joueurs car ils sont préparés à ça. »

L’objectif est simple : limiter les écarts d’interprétation entre le rugby français et le rugby international.

Former les joueurs dès les clubs

Enfin, Fabien Galthié rappelle que ce travail ne commence pas uniquement en équipe de France.

Pour lui, les clubs ont un rôle essentiel dans l’apprentissage des gestes autorisés et de ceux qui doivent disparaître.

Le sélectionneur conclut sur l’importance de cette éducation technique.

« Le geste technique est important. Il y a des images qu’on voit là, des gestes qui sont à proscrire pour éviter d’être sanctionnés. Et il y a des gestes qui sont à entraîner. L’éducation du geste. Et nous, quand on a les joueurs, on ne cherche pas à les éduquer, mais c’est mieux s’ils ont gagné du temps en club. »

Pour Fabien Galthié, l’évolution du rugby passe donc autant par le travail des joueurs que par une meilleure compréhension de l’arbitrage. Une collaboration qu’il juge indispensable pour permettre au XV de France de continuer à progresser sur la scène internationale.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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