Plusieurs interrogations entourent le sélectionneur Fabien Galthié au coeur de son second mandat
Plusieurs interrogations entourent le sélectionneur Fabien Galthié au coeur de son second mandat
Le jeudi 5 février 2026 à 0:21 par David Demri
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L’innovation tactique : Un « labo » permanent
Alors que les résultats récents interrogent, Fabien Galthié revendique une longueur d’avance sur ses pairs : « Je trouve qu’on innove plus que les autres, et je ne le dis pas de manière très prétentieuse ».
L’exemple le plus frappant est son système offensif inédit, plaçant jusqu’à six avants à plat pour libérer des espaces verticaux. Si le sélectionneur a longtemps pioché ses idées ailleurs (la dépossession anglaise ou le banc 7-1 des Sud-Africains), il propose désormais un modèle propre à la France, bien que Rassie Erasmus semble toujours garder un coup d’avance dans l’audace tactique.
Communication : Entre poésie et « verbiage »
Chaque intervention médiatique du sélectionneur est un exercice d’équilibriste. Il navigue entre pertinence tactique et envolées lyriques, comme lorsqu’il affirmait : « Je nage dans une piscine de bonheur » après un succès contre le Pays de Galles, ou promettait qu’avec ses joueurs, « on va toucher au sublime ».
Derrière ses anglicismes et ses concepts comme les « finisseurs » ou la « machine du temps », Galthié utilise les mots comme un bouclier pour ses joueurs, conscient de leur impact : « Les mots peuvent faire mal. Ils peuvent être aussi forts que des coups de poing. »
La fin du « devoir de mémoire »
Le plus grand virage de ce second mandat réside dans la politique de sélection. Le sélectionneur s’interroge ouvertement : « Ça veut dire quoi être indiscutable en équipe de France ? ». Finie l’époque où l’expérience collective primait sur tout. Désormais, Galthié privilégie l’état de forme immédiat :
« Il faut être juste, créer une émulation et une concurrence. Il faut être ouvert à d’autres potentiels que je sens aussi forts que ceux que j’ai lancés en 2020. Rester figé sur des concepts aurait été une erreur. On doit accepter de trouver un subtil équilibre entre expérience individuelle, expérience collective et émulation. »
Ce changement profite à de nouveaux visages (Guillard, Attissogbe, Jegou) au détriment de cadres historiques comme Alldritt ou Fickou.
Management : Un équilibre fragile mais réel
Longtemps décrit comme « le meilleur entraîneur sur le terrain, le pire en dehors », Galthié semble avoir trouvé un mode de fonctionnement plus apaisé avec les internationaux. S’il reste exigeant et parfois cassant, le dialogue avec les leaders, Antoine Dupont en tête, demeure le pilier de son autorité. « Les réunions avec Fabien sont toujours constructives », glisse d’ailleurs un cadre du vestiaire dans les colonnes de L’équipe.
Projection 2027 : L’adaptation comme boussole
La célèbre « flèche du temps », qui prédisait un titre mondial grâce à un groupe de 28 ans de moyenne d’âge et 50 sélections, a été mise à mal par la réalité du terrain. Galthié l’admet avec pragmatisme :
« On a perdu au cours du chemin des joueurs qu’on ne souhaitait pas perdre. Très vite, j’ai compris que cette ambition d’arriver avec une équipe avec 50 sélections de moyenne serait difficile sur ce mandat. […] Il faut comprendre aussi qu’il y a des choses qui sont pas atteignables pour diverses raisons. »
Le sélectionneur s’adapte, modifie son cadre de vie et ses théories, citant Socrate pour résumer sa philosophie actuelle : « Ce qui fait l’homme, c’est sa grande faculté d’adaptation ».
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