« Pourquoi s’en ajouter deux de plus ? » : Le coup de gueule des managers face au piège des matchs estivaux
« Pourquoi s’en ajouter deux de plus ? » : Le coup de gueule des managers face au piège des matchs estivaux
Le mardi 18 août 2026 à 17:30 par David Demri
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Les traditionnels matchs de préparation sont-ils en train de disparaître du paysage du Top 14 ? Cet été, plusieurs clubs ont fortement réduit leur programme estival. Entre calendrier surchargé, multiplication des blessures et charge de travail déjà très importante, les staffs estiment que le rapport bénéfice-risque n’est plus le même.
Les longues campagnes estivales ponctuées de trois ou quatre rencontres amicales semblent désormais appartenir au passé.
Avant le coup d’envoi du Top 14, plusieurs clubs ont fait le choix de limiter drastiquement leur nombre de matchs de préparation. Lyon, Montpellier, Toulon, le Racing 92, le Stade Français et Toulouse n’en disputeront qu’un seul, preuve d’une évolution qui touche désormais une grande partie du championnat.
Des calendriers devenus beaucoup trop lourds
Pour Christophe Urios, cette évolution est avant tout la conséquence de saisons toujours plus exigeantes.
Le manager de Clermont constate dans L’équipe que les habitudes ont profondément changé :
« Au début de ma carrière, on en jouait trois voire quatre par été, mais avec la dureté du Top 14, on réduit petit à petit. »
Le constat est partagé à Montpellier.
Le préparateur physique Benjamin Del Moral estime qu’il est inutile d’ajouter des rencontres à un calendrier déjà très chargé :
« L’an dernier, on a joué 36 matches en compétition, pourquoi s’en ajouter deux de plus ? Il vaut parfois mieux un bon entraînement en opposition comme on l’a fait contre Narbonne. »
Le risque de blessure est devenu trop important
Au-delà de la fatigue, c’est surtout la peur des blessures qui pousse désormais les clubs à revoir leur copie.
Pour Jean-Noël Spitzer, un match amical présente aujourd’hui beaucoup plus d’inconvénients que d’avantages.
Le manager de Vannes résume parfaitement le dilemme :
« Un match amical ne te fait pas gagner de points, mais il peut te faire perdre des joueurs. »
Même son de cloche du côté de la Section Paloise.
Sébastien Piqueronies rappelle qu’un match sans enjeu reste un match très engagé :
« Même sans enjeu, ce n’est jamais indolore, ça n’enlève pas l’engagement. Il y a deux ans, on était revenus d’un match à La Rochelle avec des blessés. »
Les exemples récents ont marqué les staffs
Les entraîneurs s’appuient également sur plusieurs précédents.
L’été dernier, Bordeaux-Bègles avait payé un lourd tribut lors d’un match de préparation face à Montauban avec les blessures de Yoram Moefana, touché à l’épaule, et de Maxime Lucu, victime d’une blessure au pouce qui l’avait éloigné des terrains pendant plusieurs semaines.
Autant d’exemples qui renforcent l’idée qu’un simple match amical peut avoir des conséquences importantes sur le début de saison.
Les entraînements prennent le relais
Face à cette nouvelle réalité, de plus en plus de clubs privilégient désormais les oppositions organisées à l’entraînement.
Ces séances permettent de contrôler davantage l’intensité, de répartir les temps de jeu et de limiter les risques tout en travaillant les automatismes.
À l’approche d’une nouvelle saison qui s’annonce une nouvelle fois très longue et éprouvante, les staffs préfèrent donc préserver leurs effectifs plutôt que de multiplier des rencontres dont l’intérêt sportif apparaît désormais de plus en plus limité.
2 Commentaires


Une semaine avant le premier match amical, il vaut mieux un bon entraînement en interne en opposition plus ou moins raisonnée, qui permet de voir tout le monde et contribue à réduire les risques de blessure, même si ce risque existe toujours …
je suis d’accord c’est inutile