Premier essai de Fickou à Mayol : derrière sa célébration discrète, une histoire très personnelle

Premier essai de Fickou à Mayol : derrière sa célébration discrète, une histoire très personnelle

Le lundi 28 septembre 2026 à 12:20 par David Demri

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Quatorze ans après avoir quitté Toulon tout juste majeur, Gaël Fickou a vécu samedi un moment forcément particulier. Face à Vannes (28-10), le centre aux 98 sélections avec le XV de France a inscrit son premier essai à Mayol sous les couleurs du RCT.

Un instant chargé de symboles pour celui qui a retrouvé sa famille en revenant sur la Rade. Mais fidèle à lui-même, Fickou refuse d’en faire une histoire personnelle : quelques secondes après avoir aplati, il pensait déjà au bonus offensif.

Le symbole était difficile à ignorer. Gaël Fickou avait quitté Toulon quatorze ans plus tôt. Revenu cet été au RCT, il lui aura fallu attendre la réception de Vannes pour inscrire son premier essai à Mayol avec le maillot Rouge et Noir.

Interrogé par Var-matin après la rencontre, le centre Toulonnais n’a pourtant jamais cherché à placer sa performance individuelle au premier plan.

« Mon cas personnel passe après »

Questionné sur l’émotion ressentie après cet essai, Fickou a d’abord laissé apparaître sa fierté avec un sourire.

Avant de rapidement ramener la discussion vers le collectif.

Pour le Toulonnais, la victoire reste largement prioritaire sur son accomplissement personnel :

« Cela fait toujours plaisir. Mais mon cas personnel passe après. Ce n’est pas une fin en soi. Mon but est avant tout que l’équipe gagne. »

Une réponse qui pourrait presque sembler trop maîtrisée pour un joueur qui venait de vivre une première aussi symbolique.

Mais même lorsqu’on lui demande ce qui lui a réellement traversé l’esprit au moment d’aplatir, Fickou maintient exactement le même discours.

Après son essai, Fickou pense immédiatement au bonus

À ce moment de la rencontre, Toulon n’avait pas encore sécurisé son bonus offensif.

Et c’est précisément ce qui préoccupait le centre.

Fickou assure que son premier réflexe n’a pas été de savourer son essai :

« Immédiatement, je me dis qu’il faut aller chercher le bonus. Je le redis mais je pense au résultat de l’équipe et non pas à moi, je suis sincère. Alors, à chaud, je suis très content. Le reste, j’y penserai à la fin de ma carrière… pour l’instant, ce n’est pas le cas (rires). Ce n’est qu’individuel et ça ne m’intéresse pas. »

Sur la pelouse, quelques gestes avaient néanmoins trahi l’importance de l’instant.

Après avoir résisté à trois Vannetais pour arracher son essai et avoir été relevé par Oliver Cowie, Fickou s’était frappé à deux reprises sur le torse, précisément au niveau de l’écusson du RCT. Swan Rebbadj et Baptiste Serin étaient ensuite venus partager cette célébration avec lui.

Une fois la validation vidéo obtenue, le centre s’était immédiatement replongé dans la quête du bonus.

« Avec moi, il y a toute la smala »

Ce retour à Toulon possède aussi une dimension familiale importante pour Gaël Fickou.

Depuis son arrivée, ses proches sont présents lors des rencontres disputées à Mayol.

Le centre raconte l’importance de cette présence autour de lui :

« Ils sont là pour tous les matches à Mayol. Avec moi, il y a toute la smala (rires). Voir cette passion, ça fait vraiment chaud au cœur. On joue aussi pour ça. »

Et quelques heures avant de marquer contre Vannes, Fickou avait déjà vécu un moment très personnel sur cette même pelouse.

Téléphone à la main, il avait été aperçu en train de filmer son petit-neveu, présent sur le terrain sous les couleurs de l’US Seynoise.

« J’espère qu’il pourra un jour porter ce maillot »

L’image prend une dimension particulière au regard de l’histoire personnelle de Fickou avec Toulon.

Formé sur la Rade avant de partir très jeune, l’international Français regardait cette fois une nouvelle génération de sa propre famille fouler la pelouse de Mayol.

Il confie alors un souhait particulièrement symbolique :

« Il y avait mon petit-neveu sur le terrain. Je le regardais jouer et, au fond de moi, j’espère qu’il pourra un jour porter ce maillot. »

Deux heures plus tard, c’était lui qui portait ce maillot et inscrivait son premier essai Toulonnais à Mayol.

« Gaël est quelqu’un qui nous fait du bien »

Au-delà du symbole, Gaël Fickou semble déjà avoir pris une place importante dans le vestiaire du RCT.

Le jeune talonneur Pierre Damond, 21 ans lorsqu’il avait lui-même inscrit son premier essai avec Toulon la saison dernière, mesure pleinement ce que représente la présence d’un joueur possédant une telle expérience.

Damond raconte l’influence exercée par son coéquipier depuis son arrivée :

« Je mesure la chance que je peux avoir. J’ai eu l’opportunité de marquer mon premier essai avec le club la saison dernière, à 21 ans, tout en étant jeune dans cette équipe. Gaël a dû attendre des années pour le faire chez lui, à Mayol, et vivre ce moment-là. Je pense qu’il avait déjà inscrit un essai ici mais sous un autre maillot mais forcément que, là, il a dû ressentir quelque chose de différent. »

Mais le jeune Toulonnais insiste surtout sur ce que Fickou apporte quotidiennement au groupe.

Son importance dépasse largement ses performances sur le terrain :

« Je suis très content pour lui. Cet essai nous a fait du bien sur le match mais, plus globalement, Gaël est quelqu’un qui nous fait du bien. Il prend souvent la parole et a une expérience de dingue… On s’appuie beaucoup sur lui. »

À 32 ans, Gaël Fickou n’a donc pas seulement retrouvé son club formateur. Quatorze ans après son départ, il y revient avec 98 sélections internationales, une immense expérience et un statut de leader. Samedi contre Vannes, il lui manquait encore un symbole : inscrire un essai à Mayol sous le maillot Toulonnais. C’est désormais chose faite.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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