Privés de Thomas Ramos, Fabien Galthié a concocté une nouvelle attaque

Privés de Thomas Ramos, Fabien Galthié a concocté une nouvelle attaque

Le samedi 4 juillet 2026 à 1:04 par David Demri

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Pendant le dernier Tournoi des Six Nations, l’équipe de France avait impressionné par la richesse de son animation offensive. Les hommes de Fabien Galthié avaient terminé meilleure attaque de la compétition, multipliant les essais grâce à un système particulièrement fluide où plusieurs joueurs étaient capables d’occuper le poste d’ouvreur selon les situations.

Mais le contexte est bien différent avant le premier test face à la Nouvelle-Zélande. Cette fois, les Bleus devront composer sans Antoine Dupont, mais également sans Thomas Ramos, pièce essentielle de cette organisation offensive. Une absence qui soulève forcément des interrogations sur la capacité du XV de France à conserver la même efficacité.

Si Max Spring devrait prendre place à l’arrière, son profil diffère sensiblement de celui du Toulousain. L’arrière du Racing 92 apporte davantage de vitesse et de percussion qu’une seconde capacité d’organisation. De quoi obliger le staff tricolore à revoir certains détails… sans remettre en cause les grands principes.

Un système conservé malgré un profil différent à l’arrière

Le souvenir du match contre l’Italie lors du dernier Tournoi reste dans toutes les mémoires. Ce jour-là, le forfait de dernière minute de Matthieu Jalibert avait contraint le staff à repositionner Thomas Ramos à l’ouverture, tandis que Théo Attissogbe glissait à l’arrière.

Privés de leur habituelle alternance entre plusieurs organisateurs, les Bleus avaient perdu une partie de leur fluidité offensive.

Patrick Arlettaz estime toutefois dans les colonnes de Midi Olympique que la situation actuelle est différente et que le groupe maîtrise désormais suffisamment son système.

« Même s’il y a des petites évolutions en permanence, ça fait deux ans maintenant qu’on est sur le même système. Il y en a eu pendant le Tournoi, vous les avez notées avec l’animation 15-10, le double bridgeur, etc. Par rapport à notre changement de profil d’arrière, il va y avoir des petites modifications à la marge, des petits affinements à faire. Mais comme la formation offensive n’a pas beaucoup changé, les joueurs ne sont pas obligés tout le temps de lever la main lors des entraînements. »

Le message est clair : le staff ne compte pas révolutionner son rugby. Les ajustements concerneront essentiellement l’utilisation des profils disponibles plutôt qu’un changement complet de philosophie.

Un jeu plus direct pour faciliter les automatismes

Sans un arrière capable d’intervenir régulièrement comme un second ouvreur, l’équipe de France devrait davantage s’appuyer sur un schéma plus classique.

L’idée sera notamment de replacer plus fréquemment les cellules d’avants entre le demi de mêlée et Matthieu Jalibert afin d’offrir à l’ouvreur davantage d’espace pour accélérer le jeu.

Une approche plus directe qui pourrait parfaitement correspondre à cette tournée estivale, durant laquelle les nombreux nouveaux joueurs doivent rapidement assimiler les repères collectifs.

Patrick Arlettaz explique également les spécificités du fonctionnement offensif des Bleus.

« En équipe de France, notre jeu a des particularités, avec cette forte densité d’avants au milieu du terrain, qui fait qu’il y a des réflexes à prendre pour eux, mais aussi pour les trois-quarts parce que le dézonage qu’on leur demande n’est pas tout à fait le même qu’en club. C’est un dézonage plus lointain, qui va de couloir à couloir, donc il y a un peu plus d’efforts et de courses à faire. Mais il y a une volonté de la part des joueurs de rentrer dans ce système-là, et ça se fait de manière assez naturelle d’autant qu’on a une méthode assez claire pour accélérer un peu l’apprentissage. »

Ces principes restent donc au cœur du projet de jeu tricolore, même si certains circuits offensifs devraient être simplifiés.

William Servat affiche sa confiance avant le défi néo-zélandais

Après deux semaines de préparation, le staff se montre serein quant à l’assimilation de ces ajustements. Pour William Servat, le travail effectué à l’entraînement doit désormais se traduire sur le terrain.

L’entraîneur des avants insiste sur la continuité du projet de jeu malgré les absences importantes.

« Le message qu’on essaie de faire passer est là : on ne s’entraîne pas juste pour faire des entraînements ou pour faire plaisir à qui que ce soit, on s’entraîne pour préparer notre match. Sur le fond, dans notre système, il n’y a absolument rien qui change. Il y a des petites adaptations, oui, mais il n’y a pas de grands changements. On a des joueurs qui sont habitués à jouer avec nous depuis maintenant un certain temps et on reste absolument dans le cadre, en tenant compte évidemment de notre jeu qui est en perpétuelle évolution. »

Reste désormais à vérifier si ces adaptations suffiront face aux All Blacks. Les Bleus devront rapidement trouver leurs automatismes pour se créer des occasions en terre néo-zélandaise, dans un contexte où chaque opportunité offensive pourrait peser très lourd.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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