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Procès des ex-Grenoblois : Il faudra attendre très tard pour le verdict

Procès des ex-Grenoblois : Il faudra attendre très tard pour le verdict

Le vendredi 3 avril 2026 à 11:04 par David Demri

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Le procès en appel des anciens joueurs du FC Grenoble a actuellement lieu. C’est ce vendredi que les joueurs seront fixés sur leur sort.

Problème : mercredi et jeudi, la cour d’appel a siégé jusque tard dans la nuit, dépassant largement les horaires prévus pour entendre les trois principaux mis en cause. En effet, la séance – qui a débuté à 9h00 du matin – s’est finalement prolongée jusqu’à 23h00 comme le révèle Midi Olympique.

Au centre de ces deux journées, l’audition de Loick Jammes a duré près de quatre heures. Très ému, l’ancien talonneur a exprimé ses regrets tout en pointant du doigt une alcoolisation massive au moment des faits. Si la réalité des rapports sexuels n’est pas contestée, un point de discorde majeur subsiste : l’usage d’un objet métallique, en l’occurrence une béquille.

La bataille scientifique autour de l’ADN

La défense de l’ancien Grenoblois tente de fragiliser les preuves matérielles. Son conseil, Me Denis Dreyfus, s’appuie sur une contre-expertise pour contester les conclusions initiales : « l’analyse ADN qui semblait démontrer l’utilisation de la béquille ne serait pas fiable ».

En citant le professeur Christian Doutremepuich, la défense espère semer le doute sur l’utilisation de cet objet, qui appartient à Chris Farrell (condamné en première instance pour non-empêchement de crime et non-appelant).

Pour les avocats de la partie civile, la version est radicalement différente. Ils soutiennent que la plaignante n’était absolument pas en état de consentir et que l’usage de la béquille, ainsi que d’autres objets, est une certitude ancrée dans la mémoire corporelle de leur cliente.

L’avocate de la partie civile, Me Anne Cadiot-Feidt a détaillé l’audience à son tour. Extrait:

« Ma cliente n’a pas été bousculée par la défense, il faut le dire. Elle a raconté la nuit de violence épouvantable qu’elle a vécue (le 12 mars 2017, dans un hôtel de Mérignac, quelques heures après la défaite des joueurs de Grenoble face à l’UBB en Top 14). Elle a rappelé l’amnésie dont elle est encore atteinte aujourd’hui, entre la boîte de nuit et cette sortie de l’inconscience sous l’effet d’un objet introduit dans son vagin (une béquille) ayant produit une douleur intense.

Elle a raconté qu’elle n’était pas la fêtarde ou la poule des stades qui guette les gladiateurs à la sortie du vestiaire. Elle a raconté cette sensation de souillure, son suivi thérapeutique. Elle maintient sa thèse. Cette femme et ces garçons sont liés à vie par une histoire commune faite de douleurs. Il leur faudra apprendre à vivre avec. »

Un verdict attendu dans la nuit de vendredi

Le procès entre désormais dans sa phase finale. L’avocat général doit présenter ses réquisitions ce vendredi matin, ouvrant la voie aux dernières plaidoiries.

Mais pour connaitre le verdict, il faudra patienter jusqu’à ce vendredi soir tard dans la soirée.

L’enjeu est total pour les trois accusés qui maintiennent leur ligne de défense : ils affirment avoir été convaincus du consentement de la jeune femme. La cour devra trancher entre la confirmation des lourdes peines de première instance ou un éventuel acquittement si le doute sur l’intention criminelle persiste.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.

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