Quatre accusés, perpétuité encourue : le procès Aramburu s’ouvre lundi
Quatre accusés, perpétuité encourue : le procès Aramburu s’ouvre lundi
Le dimanche 6 septembre 2026 à 19:08 par David Demri
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Plus de quatre ans après la mort de Federico Martin Aramburu, le procès tant attendu doit s’ouvrir ce lundi 7 septembre à 14 h 30 devant la cour d’assises de Paris. Trois semaines d’audience seront nécessaires pour examiner chaque instant de la nuit du 19 mars 2022.
Les images de vidéosurveillance, les déplacements des différents protagonistes, les expertises balistiques et médico-légales ainsi que les témoignages seront étudiés devant les magistrats et les jurés. Quatre personnes comparaîtront au cours de ce procès annoncé jusqu’au 25 septembre. Midi Olympique fait le point.
Quatre accusés devant la cour d’assises
Loïk Le Priol et Romain Bouvier, incarcérés depuis 2022, reconnaissent avoir utilisé leurs armes mais contestent l’interprétation de leurs actes retenue par l’accusation.
Ancien commando marine et ex-militant du Groupe union défense, Loïk Le Priol sera jugé pour assassinat. Sa défense entend notamment contester la préméditation et invoquer la légitime défense.
Romain Bouvier, également ancien membre du GUD, comparaîtra pour tentative d’assassinat. Il n’est donc pas renvoyé pour la mort de Federico Aramburu et sa défense cherchera à démontrer qu’il n’avait pas l’intention de tuer. Le Priol et Bouvier encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Les qualifications ont été confirmées après plusieurs étapes de procédure.
Lyson R., compagne de Loïk Le Priol au moment des faits et conductrice de la Jeep utilisée cette nuit-là, devra répondre de complicité de tentative d’assassinat. Un quatrième accusé, Anthony S., comparaîtra notamment pour avoir aidé Romain Bouvier après les faits et pour la disparition d’une arme. Tous bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’au verdict.
Shaun Hegarty présent durant toute l’audience
Shaun Hegarty se trouvait avec Federico Aramburu au moment des faits. L’ancien joueur et ex-président du Biarritz Olympique devra raconter devant la cour la scène qu’il a vécue aux côtés de son ami.
À l’approche du procès, les souvenirs de cette nuit ont ressurgi et ses réveils nocturnes ont repris.
Shaun Hegarty confie combien cette nouvelle plongée dans le dossier se révèle éprouvante :
« On est sur une remise en route de toute cette nuit-là. Le cerveau travaille et, de temps en temps, il m’empêche de dormir. »
Malgré cette épreuve, il compte assister à l’intégralité des débats.
L’ancien dirigeant biarrot ne veut manquer aucune étape du procès :
« Je serai là pour écouter, de la première phase au point final. »
La préméditation au cœur des débats
La question juridique centrale sera celle de la préméditation. En droit français, un meurtre commis avec préméditation ou guet-apens est qualifié d’assassinat et peut être puni de la réclusion criminelle à perpétuité.
La défense de Loïk Le Priol combattra cette qualification et soutiendra également la thèse de la légitime défense. Celle de Romain Bouvier cherchera de son côté à établir l’absence d’intention homicide. Leurs stratégies ne seront donc pas totalement identiques.
L’instruction aura duré plusieurs années. Les enquêteurs ont exploité des dizaines d’images, reconstitué les trajectoires, confronté les versions et organisé une reconstitution afin de déterminer les responsabilités individuelles.
Le GUD ne sera pas jugé
Loïk Le Priol et Romain Bouvier sont tous les deux issus du Groupe union défense, mouvement d’extrême droite associé à plusieurs épisodes violents et dissous en juin 2024.
Cet environnement idéologique avait été publiquement dénoncé par la famille de Federico Aramburu. L’enquête n’a cependant retenu aucun mobile politique ou raciste. La cour devra juger les personnes renvoyées devant elle, leurs actes et leurs intentions, et non le GUD dans son ensemble. Le Monde avait détaillé cet aspect du dossier.
La Fédération argentine de rugby a apporté son soutien à la famille avant l’ouverture des débats. Samedi, les Pumas ont effectué leur échauffement face à l’Australie avec un maillot portant le message « Justicia por Fede ». La mobilisation a été confirmée par la Fédération argentine.

