RCT : Lewis Ludlam au tapis, marquer un essai peut-il briser une carrière ?
RCT : Lewis Ludlam au tapis, marquer un essai peut-il briser une carrière ?
Le mardi 21 avril 2026 à 21:41 par David Demri
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Le rugby professionnel est-il devenu si intense que même l’acte de marquer met l’intégrité physique en péril ? La question se pose après la grave blessure à l’épaule de Lewis Ludlam, dont la saison est terminée après avoir aplati contre l’USAP.
Si le geste semble festif, la réalité du terrain est bien plus complexe.
Le plongeon : entre « show » et nécessité technique
Pour beaucoup, le plongeon est l’essence même de l’essai, un mélange de soulagement et de spectacle. Mais pour les puristes, c’est aussi une source de danger évitable.
L’ailier argentin Juan Imhoff se montre particulièrement tranchant sur cette pratique :
« C’est hyper dangereux. Pour le contrôle de la balle, pour la maîtrise du terrain mais aussi pour la retombée. Tu tombes de haut à grande vitesse ! ».
Il concède toutefois que ce n’est pas toujours utile :
« plonger n’est pas forcément nécessaire. C’est pour la photo, pour les émotions, notamment pour moi en quarts de finale de Coupe du monde (2015), contre l’Irlande (43-20) ».
À l’inverse, Vincent Clerc y voit parfois une obligation tactique :
« On peut être dans l’obligation de plonger comme un sprinter casse sur la ligne. Pour prendre de vitesse un défenseur qui revient, pour ne pas risquer de se faire taper dans le ballon, de se faire sortir de l’en-but, de mettre un pied en touche etc. ».
L’ancien ailier toulousain décrit aussi ce moment de grâce :
« C’est la fin de l’action, c’est une délivrance. On apprécie ce moment de pause en l’air avant d’aplatir, c’est agréable de se laisser glisser. ». Pour lui, le geste reste « une célébration assez humble. On plonge, on se relève et c’est fini. C’est un peu festif mais sans manquer de respect. ».
« C’est moins dangereux que de plaquer »
Malgré les blessures spectaculaires, les joueurs relativisent. Aaron Grandidier-Nkanang, l’ailier de la Section Paloise, estime que « c’est moins dangereux que de plaquer ou d’être plaqué. Après, le rugby est un sport de contact avec le risque que cela suppose. J’ai vu des épaules luxées en tendant le bras pour marquer. ».
Concernant le plongeon en coin, il considère que c’est « un skill sous-coté. Les joueurs à XIII sont très forts pour ça. C’est un geste technique magnifique, à la fois du feeling et du travail. ».
Pour lui, l’aspect spectaculaire, comme le célèbre saut de Chris Ashton, est positif :
« Pour moi, ce n’est pas de la provoc, juste du show. Et c’est très bien pour le rugby qu’il y ait des joueurs comme lui. ».
La « routine » pour éviter l’infirmerie
L’expérience permet de minimiser les risques, comme l’explique Juan Imhoff qui évoque une « routine » :
« Avec le temps, tu apprends comment ne pas te blesser, à bien contrôler le corps. J’ai marqué des essais avec deux ou trois joueurs sur moi. Je n’étais pas le plus fort, mais en positionnant bien le corps, tu parviens à te protéger et à maîtriser cette force-là. ».
Bautista Delguy, de son côté, raconte sa mésaventure contre le Stade Français :
« Je suis simplement retombé sur le ballon au niveau de l’abdomen et ça m’a coupé le souffle ». Il en tire une leçon de prudence : « Parce qu’on se relâche avant d’aplatir. C’est quand on vit le moment avant qu’on peut se tromper. Moi j’aplatis le plus vite possible et toujours en assurant, sans prendre de risque si possible. Et après on célèbre. ».
Car au-delà de la douleur physique, il y a la peur de la faute technique. Vincent Clerc rappelle qu’en l’absence de pression, « il y a peu de chance de risquer une blessure sur un tel geste ».
Le véritable danger survient quand il faut aplatir « en bout de bras » sous l’impact des défenseurs.
2 Commentaires


Excès de gourmandise, une passe et tout aurait été différent !
Mais avec des si on coupe des arbres !
Certains font cela pour faire le buzz et se montrer face à la caméra et se relèvent en hurlant…c’est parfois exagéré…c’est sans doute une mode…