Retour sur la folle ferveur Rochelaise qui va fêter 10 ans de guichets fermés contre Toulon, ce dimanche
Retour sur la folle ferveur Rochelaise qui va fêter 10 ans de guichets fermés contre Toulon, ce dimanche
Le dimanche 4 janvier 2026 à 16:15 par David Demri
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Après la claque reçue à Toulouse (60-14), le Stade Rochelais s’apprête à retrouver ce qui, depuis dix ans, ne l’a jamais trahi : Marcel-Deflandre. Face à Rugby Club Toulonnais, dimanche soir, l’enceinte rochelaise affichera pour la 112e fois consécutive complet en Top 14, bouclant une décennie ininterrompue de guichets fermés.
Un chiffre impressionnant, mais que Ronan O’Gara refuse de transformer en acquis. « On ne doit jamais prendre ça pour acquis. » Le manager irlandais sait ce que représente ce public, lui qui n’est arrivé sur la côte Atlantique qu’en 2019, bien après le début de cette série folle entamée le 2 janvier 2016 contre le Castres Olympique.
Ce jour-là, deux hommes encore présents aujourd’hui avaient déjà foulé la pelouse : Uini Atonio et Levani Botia. Dix ans plus tard, si les détails du match se sont estompés, l’impact de Deflandre, lui, reste intact.
Pierre Aguillon, ancien centre du Stade Rochelais, s’est confié via L’équipe. Extrait:
« La ferveur a toujours été incroyable. L’engouement n’a cessé de monter. On a réalisé des exploits à Marcel-Deflandre parce qu’on était poussés par le public. On envoyait du jeu de partout, on se sentait pousser des ailes et le stade s’enflammait de plus belle. Cela a créé comme un feu éternel. Jouer à La Rochelle, ce n’est pas anodin. »
Ce lien dépasse largement les quatre-vingts minutes comme l’explique Gabriel Lacroix, ancien ailier Rochelais. Extrait:
« Ce qui m’a le plus marqué, au-delà du stade plein à tous les matches, c’est la gentillesse des gens, les relations qu’on peut créer après les matches, les phrases d’encouragement. Quand je suis arrivé d’Albi (en 2015), j’avais peur de perdre ce truc familial, cette proximité avec les supporters. Au contraire, tout cela était décuplé à La Rochelle. »
Un stade transformé, un public resté le même
Marcel-Deflandre n’est plus tout à fait celui d’il y a dix ans. Agrandi à trois reprises, il est passé de 15 000 à 18 000 places, sans jamais rompre le fil. « Désormais, les olas font le tour des tribunes en continu », sourit Pierre Venayre, témoin privilégié de cette mue.
Ancien joueur du club, il se souvient d’un autre temps. « On avait beaucoup d’amour pour le Deflandre de l’époque. Le stade a tellement changé que je n’ai pas l’impression que c’était au même endroit. Je me rappelle d’une tribune en bois. On pouvait s’allonger sur les bancs parce qu’il n’y avait pas une très grande affluence, autour de 8 000 personnes. »
Mais déjà, quelque chose était là. « Il y avait les bases, sur notre territoire, d’un public attaché à son club. Je pense que la majorité de ceux qui étaient au stade à l’époque est toujours là aujourd’hui. C’est ce qui rend cette histoire tellement forte. »
Depuis le retour en Top 14 en 2014, les ambitions ont changé, les titres européens sont arrivés, et Deflandre est devenu un rendez-vous impossible à décrocher. « Quand je demande une fois par an d’aller voir un match de La Rochelle, c’est impossible, il n’y a pas de place ! » « Ils pourraient encore agrandir le stade, ce serait toujours à guichets fermés ! »
Pas une fête, un test
Pour autant, personne ne parle de célébration. « Je ne parlerai pas de fête. On a avant tout un match de Top 14 à jouer. (…) Ce n’est pas une kermesse. » Même ton chez Uini Atonio : « Les 10 ans, c’est cool, c’est exceptionnel, on va passer un bon moment, mais la priorité reste le match. »
La Rochelle, 10e avant cette journée, n’a pas le luxe de l’émotion gratuite. Les quelques animations prévues ont surtout valeur de reconnaissance. « Ce n’est pour mettre en avant un record ou faire de l’esbroufe. C’est surtout l’occasion pour les joueurs, le staff et les dirigeants, de dire merci à ce public. (…) Dans les bons moments comme dans les plus difficiles, ce lien fort n’a jamais cessé d’exister. »
Dimanche soir, plus qu’un anniversaire, Marcel-Deflandre sera un refuge. Et pour un Stade Rochelais cabossé mais encore debout, ce soutien-là vaut parfois bien plus qu’un plan de jeu.
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4 Commentaires

Heureusement que c’est pas Ugo mola
C est le moment de les battre…2
Face au Rugby Club Pouponnais!
C’est dommage il n’y aura pas de match