Seulement six clubs au-dessus des 80 % : les 45 secondes bouleversent le Top 14 mais l’USAP résiste
Seulement six clubs au-dessus des 80 % : les 45 secondes bouleversent le Top 14 mais l’USAP résiste
Le mardi 22 septembre 2026 à 22:05 par David Demri
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Passer de 60 à 45 secondes pour tenter une pénalité ou une transformation n’a rien d’anodin. Après seulement trois journées de Top 14, plusieurs équipes affichent une réussite au pied en baisse et certains buteurs ont déjà connu des passages difficiles. Dans ce contexte, Perpignan fait figure de bon élève avec 83,3 % de réussite.
Cette réduction du temps accordé aux buteurs doit contribuer à accélérer le jeu. Mais elle impose surtout aux joueurs de revoir des routines construites parfois depuis des années, particulièrement après les essais où le temps disponible pour récupérer est très limité.
« Sur un essai on n’a pas ce temps-là »
Ancien buteur de l’USAP et auteur de plus de 1 000 points sous les couleurs sang et or entre 2006 et 2012, Jérôme Porical mesure la difficulté provoquée par ces quinze secondes supprimées.
Pour L’Indépendant, il distingue notamment les pénalités des transformations :
« C’est difficile de passer d’une minute à 45 secondes surtout pour les transformations. Autant les pénalités, on a le temps de se préparer avec ce laps de temps où on peut choisir si on va en touche ou si on peut prendre des points. Autant sur un essai on n’a pas ce temps-là. »
Du côté de l’arbitrage, l’objectif recherché est le gain de temps effectif. Mathieu Raynal estime que quinze secondes économisées sur chaque tentative peuvent représenter environ deux minutes sur une rencontre comptant huit essais.
Ramos et Lucu déjà en difficulté
Sur le terrain, l’adaptation n’est pas immédiate pour tout le monde.
Thomas Ramos a notamment manqué une pénalité à La Rochelle avant de terminer à 0/3 face à l’Union Bordeaux-Bègles. Maxime Lucu a, lui, affiché un 1/3 contre le Stade Français avant de laisser Hugo Reus prendre le relais.
Tristan Tedder avait lui aussi anticipé la difficulté avant son retour avec Perpignan.
L’arrière explique à quel point les secondes disparaissent rapidement après un essai :
« Je n’ai pas encore buté, mais j’ai vu que c’était très compliqué. Quand on marque, le temps qu’on récupère le ballon et que le buteur le pose, il reste 20 secondes. Juste le temps de souffler et couper, c’est très difficile. »
Les entraînements doivent donc eux aussi évoluer.
À Perpignan, les situations sont désormais reproduites pour habituer les buteurs à cette contrainte :
« On s’entraîne pour s’y habituer. On simule un essai marqué, quelqu’un qui ramène le tee et on prend le chrono pour se tester. Je pense que tout le monde passe par là parce que 45 secondes, ce n’est vraiment rien. »
Sept clubs sous les 76,7 %
Les premiers chiffres montrent l’ampleur de l’adaptation nécessaire.
La saison dernière, l’UBB possédait le taux de réussite le plus faible du championnat avec 76,7 %. Après trois journées cette saison, sept équipes affichent un pourcentage inférieur à cette référence : Clermont, La Rochelle, Toulon, Toulouse, Bordeaux-Bègles, Lyon et Montpellier.
À l’inverse, seulement six formations dépassent actuellement les 80 % : le Stade Français, Pau, Perpignan, Bayonne, le Racing 92 et Vannes.
La saison dernière, dix équipes avaient terminé au-dessus de cette barre.
Aucagne et Garbisi permettent à l’USAP de résister
Perpignan s’en sort donc particulièrement bien dans ce nouveau contexte.
Après trois journées, l’USAP affiche 83,3 % de réussite, contre 79 % sur l’ensemble de la saison précédente.
Antoine Aucagne occupe également la deuxième place du classement des réalisateurs avec 37 points, seulement devancé par Harry Plummer et ses 40 points. Avec 80 % de réussite, le Perpignanais figure dans le Top 15 du championnat.
Paolo Garbisi a, de son côté, réussi ses trois tentatives en deux rencontres. Il fait partie des neuf joueurs encore à 100 %.
L’adaptation de Benjamín Urdapilleta restera particulièrement intéressante à observer, son rituel étant plus long que celui de ses coéquipiers. Pour l’instant, avec Aucagne et Garbisi, l’USAP a en tout cas mieux absorbé la nouvelle contrainte des 45 secondes que plusieurs de ses concurrents.

