Sharks – Clermont (50-12) : 10 essais, des pépites, mais un « désastre » visuel qui fait mal au rugby !

Sharks – Clermont (50-12) : 10 essais, des pépites, mais un « désastre » visuel qui fait mal au rugby !

Le dimanche 18 janvier 2026 à 0:27 par David Demri

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Du rugby champagne sous un soleil de plomb, mais dans un silence de cathédrale. Samedi, à Durban, les Sharks et les minots clermontois ont offert un récital offensif (50-12) dans un Kings Park désespérément vide. Un spectacle de haut vol qui pose une question brutale : la Champions Cup a-t-elle vraiment sa place dans des stades de 46 000 places sans public ?

Midi Olympique tire la sonnette d’alarme.

Un festival de pépites sous 28 degrés

Le score est lourd, certes, mais il ne dit pas tout de l’intensité de ce duel. Sous un ciel bleu azur, le jeu a respiré l’audace. On retiendra l’image de Phepsi Buthelezi, flanker aux cannes de sprinteur, fendant la défense comme une hache. On retiendra surtout l’éclosion de Jurenzo Julius : 21 ans, un gabarit de poche ultra-compact et la férocité d’un futur Springbok.

Côté clermontois, malgré la gifle au tableau d’affichage, la « classe biberon » de l’ASM n’a pas démérité. Portés par un courage exemplaire pendant 50 minutes, les jeunes Auvergnats ont résisté aux collisions face à un Matt Romao (élu homme du match) partout, tout le temps, dans chaque mêlée ouverte.

Le malaise visuel : des « Playmobils dans un lavabo »

Pourtant, malgré les dix essais et le rythme effréné, le malaise était palpable derrière l’écran. Avec seulement 8 500 spectateurs perdus dans l’immensité du Kings Park, l’ambiance sonnait creux. L’image de ces quelques supporters isolés dans une enceinte de 46 000 sièges est cruelle : on aurait dit des « Playmobils perdus dans un lavabo » ose Midi Olympique.

Ce constat, identique à Pretoria ou au Cap, souligne un mal profond : le public sud-africain, nourri au Super Rugby pendant des décennies, n’a pas encore adopté la Champions Cup. Culturellement, la greffe européenne ne prend pas encore en tribunes.

Vers une révolution des enceintes ?

Faut-il s’obstiner à jouer dans des monuments de béton vides ? Pour sauver l’image télévisuelle et l’âme de la compétition, l’idée de migrer vers des stades plus petits commence à faire son chemin. Des enceintes plus modestes où la ferveur resterait prisonnière des murs, plutôt que de s’évaporer dans l’air brûlant de Durban. Car si le rugby pratiqué aux antipodes est magnifique, il mérite mieux que ce silence assourdissant.

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