« Si on avait eu la place en JIFF, j’aurais tout fait pour le garder » : Vannes dépité par le départ d’un joueur

« Si on avait eu la place en JIFF, j’aurais tout fait pour le garder » : Vannes dépité par le départ d’un joueur

Le samedi 5 septembre 2026 à 17:06 par David Demri

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Le vestiaire du RC Vannes a profondément changé durant l’intersaison. Entre les retraites de Gwenaël Duplenne, Paga Tafili, Cyril Blanchard et Jules Le Bail, mais aussi les départs de Mako Vunipola, Francis Saili et Fabrice Metz, le club breton a perdu de nombreux cadres.

Tous ont été remplacés sportivement, mais leur influence quotidienne ne sera pas aussi facile à combler. Pour sa nouvelle saison en Top 14, Vannes devra s’appuyer sur ses leaders habituels tout en accordant davantage de responsabilités à plusieurs jeunes joueurs.

« Ils montraient la voie par les actes »

Duplenne, Tafili, Blanchard et Le Bail appartenaient à l’histoire récente du RCV. Présents dès 2017, ils avaient tous été titularisés lors de la première demi-finale de Pro D2 disputée par Vannes, à Brive en 2019.

Contraint d’arrêter sa carrière en cours de saison dernière, Alex Arrate mesure l’importance qu’avaient prise ces joueurs via Le Télégramme :

« C’étaient des joueurs ultra importants dans le vestiaire. Ils étaient ultra exemplaires, ils montraient la voie, surtout par les actes. »

Leur influence dépassait largement leurs performances sur le terrain. Ces historiques étaient également les principaux gardiens de l’identité construite par le club au fil de son ascension.

Alex Arrate insiste sur leur rôle dans le développement du RC Vannes.

« Ils ont permis au club d’éclore à ce niveau. Ils avaient une certaine façon de communiquer les valeurs de ce club qui était assez incroyable. Quand tu as des gars comme ça, qui sont là depuis de nombreuses années, tu n’as qu’une seule envie, c’est de les suivre. »

Anthony Bouthier, revenu la saison passée après six années passées à Montpellier, est désormais le dernier joueur encore présent de cette époque. Arrivé durant l’été 2019, Eric Marks est le seul autre membre de l’effectif à avoir porté les couleurs vannetaises au cours de cette décennie.

L’expérience de Metz et Vunipola disparaît

Le poids d’un joueur dans un vestiaire ne dépend pas exclusivement de son ancienneté. Fabrice Metz, fort d’une sélection avec le XV de France et de près de 250 rencontres de Top 14, avait notamment apporté son expérience et son éthique de travail. Non conservé, le deuxième-ligne a rejoint le Stade Français.

Mako Vunipola a également marqué les esprits durant ses deux saisons en Bretagne. Avec 79 sélections anglaises et une finale de Coupe du monde disputée en 2019, le pilier possédait un vécu exceptionnel.

Thibault Debaës décrit un joueur discret dont chaque intervention avait du poids.

« Il ne parlait pas beaucoup, mais quand il parlait, c’était souvent pertinent. Tout le monde l’écoutait. J’aimais beaucoup m’appuyer dessus. Je pense que je n’étais pas le seul. »

Parti à Colomiers après deux saisons et demie et deux titres remportés avec Vannes, l’ouvreur sollicitait régulièrement l’ancien international anglais.

Mako Vunipola lui apportait notamment son regard sur les décisions prises pendant les rencontres.

« On ne jouait pas le même poste mais sur des choix de jeu, des stratégies, des petits détails, plutôt à la mi-temps ou à la fin du match, je lui demandais ce qu’il aurait fait à ce moment-là. »

Son expérience acquise aux côtés de certains des meilleurs ouvreurs anglais constituait une ressource précieuse.

Thibault Debaës a énormément appris grâce au vécu du pilier.

« De par son vécu ou parce qu’il a joué avec des ouvreurs comme Owen Farrell ou George Ford. À mon poste, ça m’a apporté sur des moments clés. »

Francis Saili impossible à conserver

Francis Saili a lui aussi quitté le Morbihan pour rejoindre Nice. L’ancien All Black, sélectionné à deux reprises avec la Nouvelle-Zélande, était apprécié pour son énergie et sa personnalité.

Jean-Noël Spitzer aurait aimé pouvoir conserver son centre.

« Il amène cette énergie dès le matin, cette précision technique. C’est un bonheur de l’avoir eu. »

Le manager vannetais explique cependant que les contraintes liées au nombre de joueurs issus des filières de formation ont pesé dans cette décision.

Sans le problème des quotas JIFF, le RCV aurait tout tenté pour le garder.

« Si on avait eu la place en JIFF, j’aurais tout fait pour le garder. »

Mézou et Taccola promus parmi les leaders

Pour accompagner ce renouvellement, plusieurs jeunes devront désormais prendre davantage de responsabilités. Ils épauleront les cadres encore présents comme Francisco Gorrissen, Maxime Lafage, Anthony Bouthier et Joe Edwards.

Léon Boulier avait été le premier joueur de la nouvelle génération à intégrer le groupe des leaders. Timothé Mézou et Robin Taccola viennent désormais de le rejoindre.

Jean-Noël Spitzer confirme leur nouveau statut dans le vestiaire.

« Timothé Mezou et Robin Taccola en font partie maintenant. Il faut aussi se rajeunir, se régénérer. »

La perte de joueurs aussi influents représente un défi, mais elle offre également au RCV l’occasion de renouveler ses idées avant de retrouver le Top 14.

Le manager breton attend de la fraîcheur de cette nouvelle génération.

« Ce renouvellement permet d’avoir de nouvelles idées, un peu plus de fraîcheur. »


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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