« Si on continue comme ça, il n’y aura que des allers-retours » : Le gros coup de pression de Philippe Tayeb à la LNR

« Si on continue comme ça, il n’y aura que des allers-retours » : Le gros coup de pression de Philippe Tayeb à la LNR

Le lundi 12 octobre 2026 à 11:38 par David Demri

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Remonté en Top 14 en 2022, l’Aviron Bayonnais est parvenu à faire ce que beaucoup de promus peinent désormais à réaliser : s’installer durablement dans l’élite. Mais pour Philippe Tayeb, cette réussite ne doit surtout pas masquer les failles du système actuel.

Le président Bayonnais estime que les clubs de Pro D2 connaissent beaucoup trop tard leur accession et défend une montée directe du champion afin de leur permettre de mieux préparer le passage en Top 14.

L’expérience de l’Aviron donne forcément du poids à son analyse. Bayonne a connu plusieurs accessions et sait à quel point le passage entre les deux premières divisions peut être brutal.

Pour Philippe Tayeb, le problème commence bien avant le premier match de Top 14.

« On ne donne pas les moyens aux équipes de Pro D2 »

Le président Bayonnais considère que connaître le promu à la mi-juin laisse beaucoup trop peu de temps à un club pour construire un projet capable de rivaliser avec l’élite.

Et après avoir échangé avec plusieurs de ses homologues, il défend une évolution importante du système.

Philippe Tayeb souhaite que le champion puisse obtenir directement son accession comme il l’explique dans Midi Olympique :

« Il n’y en a pas. Je pense qu’on ne donne pas les moyens aux équipes de Pro D2 de pouvoir s’installer durablement dans la division, étant donné qu’on ne connaît le promu qu’à la mi-juin. Pour avoir échangé avec d’autres présidents, je pense qu’on est tous un peu alignés sur le fait que le champion devrait monter directement. Ce n’est pas évident qu’un club se détache en janvier ou février, mais ça laisse un peu plus de marge, de temps, pour préparer la saison de la montée. »

Bayonne en a directement fait l’expérience quelques années auparavant.

Lors de l’accession de 2019, le club n’avait tout simplement pas les armes nécessaires :

« En 2019, on finit troisièmes, on est champions de France, mais on n’est pas du tout prêts pour le Top 14. Nous n’avions ni le budget, ni l’effectif, ni les infrastructures. »

« La différence de niveau est en train de se creuser. Elle est brutale ! »

Trois ans plus tard, la situation était différente.

Pour sa remontée en 2022, Bayonne avait notamment pu compter sur les arrivées de Camille Lopez et Maxime Machenaud, sur plusieurs joueurs possédant déjà les qualités nécessaires pour évoluer au plus haut niveau ainsi que sur un noyau issu de sa formation.

Des ingrédients qui avaient permis à l’Aviron de réussir immédiatement une excellente saison.

Mais Philippe Tayeb estime que cette réussite ne change rien au problème de fond.

Le fossé entre les deux divisions devient selon lui de plus en plus difficile à franchir :

« L’année où on remonte, Camille Lopez et Maxime Machenaud viennent nous rejoindre aux côtés de joueurs de Pro D2 qui avaient la dimension du Top 14. Nous avions un noyau fort de joueurs issus de notre formation. Tout ceci a permis, la première année, de faire une très belle saison, puisque nous finissons huitièmes et nous sommes qualifiés pour la Champions Cup. Certains ingrédients ont été en notre faveur. Nous avons eu, aussi, de la chance. Il en faut dans ce Top 14, mais je reste persuadé que la différence de niveau est en train de se creuser. Elle est brutale ! Il faut que les joueurs arrivent à prendre cette dimension, mais il faut aussi que le recrutement soit de qualité, qu’il y ait une forme d’expérience. »

Le recrutement tardif, un énorme handicap

L’un des problèmes majeurs concerne précisément le marché des transferts.

Lorsqu’un club ignore encore au printemps s’il évoluera en Top 14 ou en Pro D2 la saison suivante, convaincre des joueurs capables d’évoluer dans l’élite devient extrêmement compliqué.

Les meilleurs profils veulent naturellement connaître le niveau auquel ils évolueront avant de s’engager.

Et lorsque l’accession n’est définitivement acquise qu’en juin, une grande partie du recrutement est déjà bouclée ailleurs.

« Si on continue comme ça, il n’y aura que des allers-retours »

Cette difficulté oblige également les promus à prendre des risques.

Une partie de l’effectif ayant obtenu la montée reste sous contrat, tandis que le club doit simultanément renforcer considérablement son groupe. Les salaires augmentent et les erreurs de recrutement peuvent rapidement coûter très cher.

Pour Philippe Tayeb, le problème dépasse donc largement le cas particulier de Bayonne.

Il lance un avertissement très clair aux instances du rugby Français :

« Les instances doivent se poser les bonnes questions. Si on continue comme ça, il n’y aura que des allers-retours et ça découragera les équipes de vouloir monter, car elles ne seront pas prêtes. Si vous perdez tous les matchs comme certains clubs, c’est un traumatisme qui ne dure pas qu’une année. Vous perdez des abonnés, des partenaires. Le grand public ne comprend pas qu’on ne puisse pas gagner des matchs. »

Pour le président de l’Aviron, l’enjeu n’est donc plus simplement de savoir quel club mérite sportivement de rejoindre le Top 14. Il s’agit aussi de lui donner suffisamment de temps pour construire une équipe capable d’y survivre.


Article rédigé par David Demri, fondateur du Blog des Supporters du RCT et spécialiste du Top 14.
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3 Commentaires

  1. madrague 12 octobre 2026 at 11h- Répondre

    Pour une fois je suis d accord avec lui …

  2. Tantbrave 12 octobre 2026 at 12h- Répondre

    Il a tout à fait raison.
    Vu les recrutements qu’il fait,il n’a pas l’intention de redescendre.Hier soir contre le ST ils ont fait une super première mi temps et malgré un arbitrage écoeurant ,un grand match.

  3. le nougatier 12 octobre 2026 at 12h- Répondre

    Ben oui on ne peut qu’etre d’accord.
    Par contre pour moi y a aussi un probleme de calendrier et de cadence en top 14 qui fait que des joueurs qui ont connu la prod2 ne vont pas s investir a fond.
    L’interview du capitaine de Montauban ou il dit clairement qu un tiers de l effectifs ne voulait pas monter est éloquent.
    Mais apres on peu les comprendre.
    En prod 2 tu joue des bloc de 5 matchs le jeudi ou vendredi. Les stades sont pleins on t’adule et tu as tes weekcend pour profiter en famille. Donc qu’elle est l’interet de monter pour un salaire quasi similaire pour se gacher les week-end sans beaucoups de récup et passer pour un peintre?
    Franchement ca doit cogiter a Vanne chez certains joueur qui risque de lacher mentalement pour cette raison alors qu’ils ont largement le niveau.